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Cameroun: Douala Ier - Les contrôles illégaux de la mairie


Le Messager (Douala)
 

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Le Messager (Douala)

23 Juillet 2008
Publié sur le web le 23 Juillet 2008

Alain Njipou

La mairie de Douala 1er traque depuis quelques semaines des automobilistes pas à jour du paiement des taxes et de l'impôt libératoire. Le patron des transports dans le Littoral dit ne pas être informé. Enquête dans une nébuleuse.

La chasse aux insolvables

Depuis quatre semaines, des agents communaux flanqués de chasubles aux couleurs vertes estampillées "Cad1" entendez "Commune d'arrondissement de Douala 1er", procèdent à des contrôles routiers sur les principales artères de cette municipalité. Des équipes composées de gros bras en civil, armées de sifflets et de herses, sont postées dans des endroits stratégiques des rues de Deido (rue Kotto, axe de la paroisse Saint Jean-Ecole publique de Deido ), d'Akwa (boulevard de la République ), et autres. En l'absence des éléments des forces de maintien de l'ordre, ces contrôleurs interpellent sans coup férir des automobilistes obligés de s'arrêter sous la menace de la herse qu'ils brandissent tel un épouvantail.

De temps en temps, des prises de bec entre les contrôleurs et les usagers éclatent. Engueulades, injures tout y passe. Parfois des attroupements se créent, débouchant sur l'obstruction de la circulation. Sur ces entrefaites, une victime s'épanche : " Les contrôleurs de la mairie de Douala 1er ne sont pas sérieux. Je leur ai expliqué que dans la précipitation ce matin, j'ai oublié les pièces qu'ils demandent. Il a fallu que je leur donne quelque chose pour qu'ils m'autorisent à aller les chercher à la maison. Comment peuvent-ils passer à la répression sans nous prévenir afin que les retardataires pressent le pas ? En plus, ils sont prêts à vous balancer la herse sous les roues ", fulmine Ismaël Yahouba, conducteur de moto taxi pris dans les mailles des contrôleurs.

Pour en savoir un peu plus sur cette sortie musclée de ces agents communaux, le reporter de Le Messager s'est rendu dans les locaux de Douala 1er vendredi 18 juillet 2008. En l'absence du maître des céans, le chef de cabinet du maire, Eke Gérard croit savoir que "les équipes déployées sur le terrain ont pour mission de prêter main-forte à la brigade des transports à l'effet de recouvrer les taxes sur le stationnement et l'impôt libératoire ". Et de nous référer au chef de brigade, véritable pilote des opérations sur le terrain.

Recouvrement de l'impôt libératoire : une jungle

Sur les objectifs avoués de la traque des automobilistes, Pierre Ngem n'en est pas moins disert : "Les contrôles que nous menons depuis le 17 juin 2008, visent à renflouer les caisses de la mairie par le recouvrement des taxes sur le stationnement et le paiement de l'impôt libératoire au titre du 1er et du 2ème trimestre de l'exercice en cours", affirme-t-il. Avant de fondre dans une nouvelle explication : " En principe, les contrôles sont organisés avec l'appui des forces de l'ordre qui ne sont pas toujours disponibles. L'utilisation de la herse participe des mesures dissuasives. Car en réalité, le sous-préfet de Douala 1er nous l'avait interdite à un moment donné. Mais nous nous sommes rendus compte de ce que l'utilisation de cet objet oblige les usagers interpellés à obtempérer".

De l'avis du chef de brigade, les cibles visées par les équipes communales sont "les transporteurs par autobus, les taximen et les conducteurs de motos taxis ". Sur la conduite des opérations, Ngem déclare qu' " il y a des équipes chargées uniquement des contrôles des motos et d'autres qui s'intéressent aux automobiles. Les usagers qui ne présentent pas les documents exigés sont dépossédés de leurs véhicules pour la fourrière. Les motos ainsi saisies sont assujetties au paiement des taxes de stationnement et de l'impôt libératoire puis des frais de fourrière gérés au cas par cas. Dans tous les cas, ils oscillent entre 1000 et 5000Fcfa. Pour les autres insolvables que sont les automobilistes, les frais de fourrière se chiffrent entre 5000 et 10000FCfa assortis du paiement des taxe et impôt exigés" précise-t-il.

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Dans d'autres municipalités comme à Douala 3e, ces contrôles ont démarré depuis quelque temps. Ngem Pierre explique que "sur la base des dispositions prises par le Feicom, les ressources collectées au titre des taxes sur le stationnement sont reparties à part égale dans les différentes communes du Wouri. Les propriétaires des véhicules ne sont pas obligés de s'acquitter de leurs obligations fiscales uniquement à Douala 1er. Le recouvrement au titre de l'impôt libératoire est comme une jungle "



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