Côte d'Ivoire: Pénurie de sang
Nord-Sud (Abidjan)
22 Juillet 2008
Publié sur le web le 23 Juillet 2008
Le sang se raréfie au Chu de Bouaké. La banque du centre de transfusion est en attente, et nombreux sont les malades qui font les frais de cette pénurie. Et, le pire survient, dans la majeure partie des cas.
«Beaucoup de malades en attente de sang succombent au bout de quelques heures. Il y a trois mois de cela, nous avons enregistré 4 morts dans des conditions similaires. Une collègue, mariée à un élève infirmier, a aussi rendu l'âme pour la même cause, suite à une opération », déplore une technicienne dans les couloirs du service de réanimation. Loin des oreilles indiscrètes, elle confie que les médecins du Chu, projetaient en choeur, de surseoir aux opérations chirurgicales, tant que l'épineux problème en question, n'était pas résolu. La pénurie du précieux liquide de vie sera attestée le lendemain dans les locaux du centre de transfusion, situés dans la cour du Chu. Selon l'infirmier rencontré ce vendredi 18 Juillet matin, le centre de Bouaké expédie ses prélèvements sur Abidjan, ou Daloa pour cause de locaux dégradés et d'absence de matériels de pointe. Analysées puis sélectionnées, les poches sont réexpédiées par petites vagues. La fréquence d'approvisionnement étant particulièrement lente, la demande devient vite supérieure à l'offre.
Consultant son registre, l'infirmier révèle que la dernière date de livraison, composée de 43 poches sanguines, remonte au 15 du mois. Ces poches ont été toutes utilisées dès leur réception. L'alternative pour les parents de malades, est de se rendre à Abidjan, Daloa ou Korhogo qui demeurent à ce jour, des centres autonomes. Cette triste réalité inquiète. Surtout en cas d'accident ou d'accouchement par césarienne. La situation devient une autre paire de manches, quand le demandeur est issu d'un groupe sanguin rare ou complexe. Le centre de transfusion de Bouaké reçoit des plaintes récurrentes de donneurs de sang. Ces partenaires, menacent de ne plus y déposer leur sang. Car, ils ne savent pas à quoi cela sert : « Quand des parents malades viennent demander du sang, on leur fait savoir qu'il n y a rien. Pourtant, soutiennent les plaignants, les dons se font de façon régulière ». Le souhait des parents de malades, c'est de voir l'autorité sanitaire doter expressément le centre de transfusion sanguine de la deuxième ville du pays, en outils de pointe nécessaires à son autonomie.