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Sénégal: Indignation
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Sud Quotidien (Dakar)
BILLET
23 Juillet 2008
Publié sur le web le 23 Juillet 2008
Le syndicat des pharmaciens privés du Sénégal s'indigne des déclarations et autres explications données par Mme le Ministre de la Santé et de la Prévention au cours de l'émission télévisée« l'invité du journal » de la RTS animée par le journaliste Oumar Seck. Ces déclarations portaient essentiellement sur le prix du médicament, le marché illicite du médicament, le cas spécifique de Keur Serigne-bi, les médicaments génériques entre autres questions.
Le syndicat tient à souligner très fortement sa désapprobation totale sur les déclarations et explications très approximatives du Dr Safiatou THIAM.
Pour rappel Mme le Ministre était présente à la rencontre convoquée par le Ministre d'Etat, ministre de l'intérieur Cheikh Tidiane SY, en rapport au mot d'ordre de boycott( fermeture des officines de pharmacie pour une demi-journée) initié par le syndicat des pharmaciens privés du Sénégal le 30 Avril dernier.
Au cours de cette rencontre des explications claires et précises ont été porté à la connaissance des autorités présentes sur l'ampleur et le danger du marché illicite des médicaments comme sur l'accessibilité géographique et financière parmi tant d'autres points.
Des décisions fermes avaient été préconisées et des engagements avancés séance tenante. A l'heure actuelle, il n'y a pas eu des exécutions dissuasives sur le terrain.
Madame le ministre sait que l'importation, le stockage, la détention comme la distribution et la dispensation des médicaments répondent à des normes et règles précises établies par la loi. Par conséquent tout acte posé délibérément dans ce processus par un non professionnel (pharmacien) constitue un délit et doit être puni sévèrement sans discrimination et avec diligence.
L'importation frauduleuse de médicaments est très fortement présente dans le circuit et la présence de médicaments contrefaits dans « les loumas », les gares routières... est avérée portant ainsi un coup dur à l'économie nationale et exposant dangereusement les populations sénégalaises.
Dés lors on s'attendait à l'annonce de mesures hardies pour arrêter cette marche funeste de ces maux de la modernité et crever l'abcès. Mais avancer que « keur Serigne-bi » est un domaine privé donc inattaquable même si des pratiques délictuelles y sont quotidiennement entretenues, c'est donner à des vendeurs de la mort, des fossoyeurs de l'économie nationale là-bas comme partout ailleurs, la latitude et le ticket officiel qui leur permettent de défier l'Autorité de l'Etat et exposer la vie des honnêtes citoyens.
Madame le Ministre, nous tenons à vous rappeler s'il en est besoin, que le prix de vente du médicament à la pharmacie privée est fixé par l'Etat à travers trois ministères que sont : la Santé, l'Economie et les finances et le ministère du Commerce ; et en à juger par les prix pratiqués dans la sous-région, l'officine au Sénégal possède de très loin des prix abordables.
Il y a également à rappeler à l'Autorité comme à l'opinion nationale et internationale qu'au lendemain de la dévaluation du franc CFA de 1994, les pharmaciens avaient volontairement accepté de réduire leur marge de près de 5%. Ce acte hautement citoyen et mémorable avait été posé dans le seul souci d'appuyer les pouvoirs publics désemparés et de soulager les populations dont le pouvoir d'achat venait d'être brutalement entamé, j'allais dire affecté.
Aujourd'hui, tous les secteurs d'activité et toutes les denrées ont vu leur marge ou le prix de vente augmenter considérablement ; celui du médicament est resté en l'état sinon même diminué et ce malgré les multiples charges fixes comme variables qui s'amoncèlent devant le pharmaciens : quatre augmentations de salaires dans le public comme le privé, augmentations du coût de l'électricité, du téléphone, de la fiscalité et j'en passe.
Certes les médicaments dits génériques sont présents dans le secteur public mais également en pharmacie aux mêmes prix très abordables et fixés par l'Autorité. D'ailleurs ces prix fixés sont respectés scrupuleusement à l'officine, ce qui n'est pas toujours le cas dans les services publics : districts sanitaires, postes et cases de santé.
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Et aujourd'hui de le cadre de la convention de partenariat public/privé, plus de 69 molécules de la Pharmacie Nationale d'Approvisionnement(PNA) se retrouvent à l'officine par l'intermédiaire des grossistes répartiteurs de la place. Cependant, ce partenariat n'a pas connu comme convenu, une campagne nationale de promotion et d'information soutenue auprès des prescripteurs et des populations bénéficiaires.
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