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Côte d'Ivoire: Cpi, affaire Kieffer, cherté de la vie - Ouraga Obou se prononce


 

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Fraternité Matin (Abidjan)

INTERVIEW
21 Juillet 2008
Publié sur le web le 23 Juillet 2008

Ferro M. Bally
Abidjan

Le Pr Ouraga Obou, ex-doyen de la Fac de Droit, émet des réserves sur les mesures du gouvernement et se prononce sur les affaires Kieffer et El-Béchir.

Notre pays sort d'une grève des transports qui a failli s'éterniser. Quel est votre sentiment sur la situation qui a prévalu?

C'est d'abord de la peine que j'ai ressentie pour les travailleurs et pour l'ensemble des citoyens. La crise énergétique n'a fait qu'aggraver leur situation sociale à la suite des effets de la guerre. Et ce qui m'a été donné de constater ne pouvait pas me rassurer.

Pouvez-vous être plus explicite?

J'ai pu observer deux choses. La première concerne la gestion même de la crise actuelle des transports et la seconde, la communication autour de cette crise. J'ai eu l'impression, dans ce qui m'a été donné de constater que deux autorités concurrentes avaient la conduite de la gestion de la crise. D'un côté, le représentant du Chef de l'Etat (Gervais D. Coulibaly, porte-parole du Président de la République, ndlr) et de l'autre, le ministre des Transports qui croyait agir au nom du Premier ministre et du Chef de l'Etat. Ces deux démarches, à mon avis, entraient pratiquement en conflit parce que les conséquences qui en ont résulté n'ont fait que fragiliser le gouvernement et l'Etat lui-même. En outre, du point de vue de la communication, en ce qui concerne la gestion du coût de la vie, les autorités ont laissé l'impression de se retrouver en face d'un fait totalement imprévisible, d'une surprise. De mon point de vue, il aurait certainement fallu, avant l'annonce de ces nouvelles mesures, faire plusieurs scenarii et voir celui qui pénalise le moins le citoyen, et non opter en faveur du scénario catastrophe.

Voulez-vous dire que les consultations qui ont été engagées vendredi dernier avec les partenaires ont été celles du médecin après la mort?

Oui. Elles sont apparues un peu comme un cheveu sur la soupe. Parce que cela fait longtemps que les prix du baril de pétrole grimpaient. On aurait pu prévoir plusieurs schémas. Et dans la communication, il aurait fallu obligatoirement dire pourquoi on augmente le prix et de combien. C'est important parce que la Côte d'Ivoire produit du pétrole, en exporte, a une raffinerie et le citoyen lambda a du mal à comprendre que le pétrole puisse coûter moins cher dans les Etats non côtiers qui ne disposent pas de raffinerie et qui viennent s'approvisionner en pétrole chez nous. Et puis, les concertations qui ont débuté vendredi auraient dû avoir lieu avant les décisions d'augmentation des prix. Cela suppose que l'Etat propose sa propre cure d'amaigrissement qui consisterait par exemple à diminuer le nombre des ministres. Je crois qu'avec 33 ministres, on en a trop. Dans la crise actuelle, la Côte d'Ivoire ne peut pas continuer de supporter, de gérer et de nourrir un personnel politique pléthorique. Il faut ramener, selon moi, le nombre des membres du gouvernement à 21, y compris le Premier ministre; diminuer, de façon drastique, le nombre des conseillers à la Présidence de la République, mais aussi à la Primature. Pour plus de 300 millions d'habitants, les Etats-Unis d'Amérique disposent de moins de 15 ministres. Il faut en faire autant en ce qui concerne les missions à l'étranger. Dès lors que le gouvernement lui-même consent ces sacrifices, les partenaires sociaux n'en feraient-ils pas autant? Je suis sûr que nul n'aurait fait de la surenchère.

Ne pensez-vous pas que les mesures annoncées par le gouvernement vont dans le sens de la cure d'amaigrissement que vous souhaitez?

Sur le fond, on ne peut que soutenir les décisions extrêmement courageuses du gouvernement. Cependant, qu'il me soit permis de faire deux remarques. : Premièrement, rien n'a été dit en ce qui concerne le super, le gaz. On a l'impression que le gouvernement n'a pas pris en compte les préoccupations des consommateurs. Deuxièmement, pourquoi réduire le traitement des ministres? Cela ne me semble pas être une mesure judicieuse. Elle serait plutôt incompréhensible. En effet, il faut éviter de réduire le pouvoir d'achat des ministres et faire d'eux des nécessiteux et surtout ne pas les pousser à la faute. En outre, comment le citoyen pourrait-il constater l'effectivité de cette mesure? Et pourquoi les présidents des institutions ne sont-ils pas concernés? Pourquoi étendre la mesure aux responsables des entreprises publiques? En définitive, tout en félicitant le gouvernement, je reste dubitatif en ce qui concerne le remède. Le mieux serait pour moi, comme précédemment indiqué, de réduire le nombre des membres du gouvernement et laisser intacts leurs traitements. De plus, étendre cette mesure en réduisant le nombre des conseillers.

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Au plan de la communication, vous avez parlé de démarches concurrentes. Quels sont les faits sur lesquels vous vous appuyez pour faire cette affirmation?

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