Lyès Ibalitène
23 Juillet 2008
La réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se poursuivait hier à Genève sans qu'«aucun geste important ne soit enregistré» en provenance des participants.
L'aveu émane du directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, qui ne manquera pas toutefois de relever l'attitude constructive de ces mêmes participants qui serait, selon lui, un indice révélateur des pays membres de l'organisation à «négocier de bonne foi pour parvenir à un accord». «Nous sommes ici pour arriver à un accord cette semaine», a dit M. Lamy, cité par son porte-parole devant la presse, affirmant que «la clé est dans l'équilibre».
A travers cette réunion de Genève, l'OMC tente d'aboutir un accord équilibré entre les pays riches et les pays émergents ; les premiers devront donc faire des concessions en matière agricole, alors que les seconds auront à ouvrir leurs marchés aux produits industriels. Dans le chapitre agricole, les Etats-Unis ont décidé hier de réviser à la baisse leurs subventions qui passeraient à moins de 15 milliards de dollars par an contre une précédente offre de 17 milliards. Une initiative qui reste conditionnée par les concessions des autres partenaires et la négociation en ce qui concerne l'accès au marché des produits agricoles et industriels, selon les précisions de la représentante américaine pour le commerce. Mais, au-delà de cette condition, l'offre américaine reste en deçà du véritable effort dont seraient capables les Etats-Unis, selon la réaction de l'UE ou encore celle du Brésil. Dans ce sens, le porte-parole du commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, estime que les
Etats-Unis peuvent encore aller plus loin dans leur initiative en faveur de la réduction de leurs subventions agricoles. Cela même si l'offre américaine est jugée «raisonnable» par le porte-parole de M. Mandelson. De son côté, le Brésil a carrément rejeté l'offre des Etats-Unis, affirmant que la réduction dont il est question permettrait plutôt à Washington d'augmenter les soutiens à ses paysans. «Bien essayé, mais c'est encore trop haut», dira un responsable brésilien, estimant que les Etats-Unis «ont toujours la possibilité d'aller encore plus bas». «Ce chiffre est beaucoup plus élevé que ce qu'ils font en réalité», poursuivra-t-il, relevant que «les Etats-Unis ont versé sept milliards de dollars à leurs agriculteurs l'an dernier».
Le G 20, le groupe des pays émergents mené par le Brésil, avait demandé dans sa proposition originale que les Etats-Unis baissent leurs subventions internes jusqu'à 12 milliards de dollars par an. Le projet d'accord du médiateur de l'OMC pour l'agriculture demande une baisse comprise entre 13 et 16,4 milliards de dollars.
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