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Congo-Kinshasa: La corruption dans les institutions politiques de la RDC


Le Phare (Kinshasa)
 

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Le Phare (Kinshasa)

BILLET
23 Juillet 2008
Publié sur le web le 23 Juillet 2008

Prof. Mbwebwa Kalala Jean-Pierre

Notre pays dispose de diverses richesses du sol et du sous-sol qui, bien exploitées et bien gérées, permettraient à tout citoyen congolais de vivre dignement dans ce pays. La réalité aujourd'hui est que la majorité des congolais vit misérablement alors qu'une minorité, spécialement celle constituée d'autorités publiques, vit dans l'opulence et étale à longueur des journées les signes extérieurs de richesses.

Chaque jour qui passe semble éloigner la perspective de voir ce pays rejoindre les pays prospères et les citoyens pauvres deviennent davantage pauvres et les riches de plus en plus riches. Devant ce paradoxe, l'étude menée sur la corruption dans les institutions politiques montre que les autorités publiques vivent au-delà de leurs moyens à cause de la corruption qui leur procure des ressources financières additionnelles. De plus, la corruption fait dégrader les infrastructures de base et appauvrit l'Etat ou plus générale,ment les pouvoirs publics. La corruption décourage les opérateurs économiques et ;autres entrepreneurs qui arrivent à travailler en partenariat avec l'Etat, tant que le paiement de leurs charges occasionnées par ledit partenariat est soumis à des manoeuvres insupportables de la part des décideurs des ministères des Finances et du Budget.

Par ailleurs, la corruption fait confier la gestion des affaires publiques aux individus incompétents, incapables et immoraux. Lesdits gestionnaires en viennent à se comporter de n'importe quelle manière grâce au soutien leur procuré par ,la même corruption auprès des

autorités plus haut placées qu'elles- mêmes. Cette catégorie des gestionnaires ne connaît guère la notion d'intérêt général puisque toute sa vie est portée par la recherche de la satisfaction de l'intérêt personnel. Du coup, les pouvoirs publics ne se préoccupent plus du sort des petites gens et n'envisagent nullement la promotion du développement afin de faire bénéficier les bienfaits de la démocratie et du développement à l'ensemble de la population.

C'est alors que la politique du ventre dont a parlé Jean-François Bayart devient le principe

observé par tous les gestionnaires publics et animateurs des institutions politiques.

Pratiquée à plus large échelle, la corruption infecte toute la société, consolide la culture d'impunité et de non respect des textes et/ou de normes. Si les autorités publiques s'adonnent à la corruption pour un enrichissement facile et rapide, les petits agents opérant

dans les institutions politiques profitent de leur position de pouvoir pour survivre aux dépens de la population. Dans ce cadre, plus personne ne s'inquiète de la corruption et tous les agents publics de l'Etat s'adonnent à la corruption. Les normes et les textes ne sont plus respectés. Le système politique lui-même s'expose à ne plus être considéré, de sorte que la démocratie amorcée dans notre pays risque d'être mise en péril dans l'indifférence de ceux qui animent les institutions politiques.

Au nombre des conséquences de la corruption pratiquée au sein des institutions politiques, nous relevons à titre illustratif notamment la perte des biens et droits des pouvoirs publics, le détournement des ressources matérielles et financières de l'Etat ainsi que la perte d'opportunités de relance de l'économie du pays.' Bref, c'est la mal gouvernance et la pauvreté pour la majorité des citoyens congolais qui s'installent.

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Et pour diminuer le phénomène de corruption, il est indiqué de s'appuyer principalement sur le code de conduite de l'agent public:de l'Etat du 3 octobre 2002, sur les services de l'Inspection Générale des Finances et de la Cour des comptes, sur l'affectation par le ministère du Budget des sous- gestionnaires des crédits et des contrôleurs budgétaires auprès de tous les gestionnaires publics, sur les Cours et tribunaux ainsi que sur les partis politiques qui recrutent les animateurs des institutions politiques et exercent sur eux un contrôle effectif.



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