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Afrique du Sud: Le Sénégal et l'Afrique du Sud se rapprochent-ils?
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Inter Press Service (Johannesburg)
23 Juillet 2008
Publié sur le web le 24 Juillet 2008
Stephanie Nieuwoudt
L'opposition du Sénégal aux sanctions des Nations Unies contre le Zimbabwe rapproche le gouvernement d'Abdoulaye Wade et celui d'Afrique du Sud. Ceci devrait stimuler les relations bilatérales des deux pays, qui se sont apparemment améliorées à la suite d'un traité de commerce bilatéral.
Wade a déclaré au sommet du G8 qui s'est tenu récemment au Japon, qu'il ne pensait pas que les sanctions changeraient quoique ce soit pour les Africains. En se positionnant contre les sanctions, il a manifesté sa solidarité avec l'Afrique du Sud, la plus importante économie de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), et divers autres Etats africains.
Ce développement suit de près la conclusion d'un récent traité de commerce bilatéral entre l'Afrique du Sud et le Sénégal.
Les relations entre les deux pays semblent s'améliorer après des tensions, lorsque Wade avait soumis son propre Plan Omega alors que le président de l'Afrique du Sud, Thabo Mbeki, menait son 'Millennium African Plan', le précurseur du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).
Le NEPAD a été adopté, après négociations avec Wade, pour incorporer des parties du plan Oméga. Cependant depuis, Wade est devenu de plus en plus désenchanté par l'initiative. On l'a enregistré comme ayant déclaré que le NEPAD "n'a pas construit un kilomètre de route en Afrique", une critique qui aurait énervé Mbeki.
"Le soutien de Wade à (Robert) Mugabe (du Zimbabwe) fait partie de la vieille école de pensée selon laquelle les pays africains sont solidaires les uns envers les autres", a expliqué à IPS, Willie Breytenbach, professeur de sciences politiques à l'Université de Stellenbosch, en Afrique du Sud.
Il a ajouté que les sanctions imposées par les Etats africains contre l'un d'entre eux "devraient être simplement symboliques (comme) le commerce entre pays d'Afrique est négligeable".
Un des changements positifs et récents pour intensifier le commerce régional, est la signature, en avril dernier, d'un traité de commerce bilatéral entre l'Afrique du Sud et le Sénégal pour une coopération binationale.
Le traité se focalise, entre autres, sur les domaines suivants : agriculture, arts et culture, défense, environnement et tourisme, minerais et énergie, transport, commerce et industrie, autonomisation des femmes, des questions sur la jeunesse et les communications.
Actuellement, l'Afrique du Sud est de loin le plus dominant des deux partenaires commerciaux. L'année dernière, l'Afrique du Sud a exporté des biens d'une valeur de 405 millions de rand (33,8 millions d'euros) au Sénégal alors que les importations en provenance du Sénégal ont totalisé une valeur d'un peu plus de trois millions de rand (250.000 euros).
Ronnie Mamoepa, porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères, a déclaré à IPS que l'Afrique du Sud était prête à consolider ses relations bilatérales avec tous les pays du continent africain.
Toutefois, certains analystes pensent que cet accord particulier n'est pas vraiment basé sur des profits économiques, mais plutôt sur le renforcement des liens politiques.
"Mon sentiment est que cet accord est guidé par la politique extérieure", pas seulement sur la politique commerciale, déclare Peter Draper, chercheur à l'Institut sud-africain des affaires internationales, rattaché à l'Université de Witwatersrand à Johannesburg, en Afrique du Sud.
Une coopération politique plus proche a de sens. Breytenbach souligne que les deux pays sont puissants dans leur propre région. L'Afrique du Sud est le principal Etat dans la SADC alors que le Sénégal est le plus important acteur en Afrique francophone de l'ouest.
Malgré les différences de leurs principes politiques, le Sénégal et l'Afrique du Sud sont des membres fondateurs du NEPAD, une initiative de l'Union africaine (UA) visant à promouvoir le progrès du continent.
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Aucun signe de tension n'a été remarqué à la session d'inauguration de la commission binationale. Dr Nkosazana Dlamini-Zuma, ministre sud-africain des Affaires étrangères, a déclaré que certains des plus grands défis auxquels est confronté le continent sont la pauvreté, la maladie, le sous-développement et le changement climatique.
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