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Côte d'Ivoire: Amadou Koné " La base de l'intégration, c'est le fonctionnement des institutions "


 

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Fraternité Matin (Abidjan)

INTERVIEW
23 Juillet 2008
Publié sur le web le 24 Juillet 2008

Franck A. Zagbayou Et Ernest Aka Simon
Abidjan

Le ministre Amadou Koné évalue le processus et situe les chances de développement de l'Afrique face aux autres ensembles.

Monsieur le ministre, quel bilan faites-vous de l'intégration africaine?

Parler de l'intégration, c'est parler de l'Union africaine (UA) qui repose sur huit Communautés régionales que nous considérons comme les piliers de l'intégration africaine.

Nous avons récemment fait le bilan à Abidjan, en ce qui concerne le processus d'intégration pour nous rendre compte que beaucoup de choses ont été accomplies. Même s'il reste bien d'autres à faire.

En terme de bilan, il faut savoir que depuis Abuja en passant par Syrte, nous sommes allés de l'Organisation de l'unité africaine à l'Union africaine.

Ce qui nous a fait passer d'une organisation dont le but était la décolonisation totale du continent africain à une organisation dont la vocation est le développement socio-économique intégré de nos Etats.

A ce niveau, nous sommes en train de faire en sorte que la nouvelle Commission de l'Union africaine, mise en place récemment, puisse s'organiser. Nous avons pratiquement bouclé son organisation.

La base de l'intégration, c'est le fonctionnement des institutions. Pour ce faire, les commissaires sont tous nommés et se sont mis au travail pour élaborer un certain nombre de programmes en agriculture, énergie, mines, infrastructures et santé. Les ministres continuent de discuter à travers des conférences pour que la Commission soit à mesure de faire des propositions aux Chefs d'Etat sur l'ensemble de ces questions.

Au niveau institutionnel, que peut-on retenir?

A côté de cela nous avons créé des institutions. Au niveau du législatif, nous avons le Parlement africain qui est en train d'être progressivement mis en place. Au nombre des institutions financières, il y a la Banque centrale africaine dont les accords de siège ont été signés pour Abuja ; et qui est en train d'être mise en place progressivement.

Il y a également le Fonds monétaire africain qui est un instrument important pour lequel un accord de siège a été signé avec le gouvernement du Cameroun. Autre accord de siège signé, celui de la Banque africaine d'investissement qui sera à Tripoli.

C'est pour vous dire que l'Union africaine est véritablement en train de s'installer au niveau institutionnel et vous dire que sur les questions de paix et de sécurité, l'Union africaine monte en puissance.

Nous avons suivi l'apport de notre organisation dans le dénouement de la crise politique aux Comores. Ce sont les soldats de l'Union africaine qui ont permis à ces îles de retrouver leur intégrité et de poursuivre leur marche vers la démocratie. Les forces de l'UA ont une contribution importante au Darfour.

Tout cela constitue un bilan positif. En ce qui concerne les tâches à accomplir qui sont immenses. L'une de ces tâches plus importantes pour nous, c'est la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services sur le continent. Nous sommes en train d'y travailler.

A ce niveau, comment percevez-vous l'apport de la Côte d'Ivoire?

La Côte d'Ivoire, avec le soutien de l'ensemble des ministres de l'Intégration africaine, prépare des projets de décision. Pour faire avancer la question de la libre circulation des personnes et des biens.

Beaucoup de choses sont réalisées. Même si dans les Communautés économiques régionales (Cer), il y a très peu de communication sur ce qui est fait. De sorte qu'assez souvent, des gens sont attentifs à des questions à polémique. C'est le cas au sein de l'UA en ce qui concerne le gouvernement des Nations unies d'Afrique.

Cela ne constitue pas une finalité en soi. C'est tout un processus. Ce que nous faisons, c'est de travailler avec la méthode.

Au regard de ce que vous venez de dire, tout semble aller pour le mieux en économie, au niveau militaire et pour la circulation des personnes et des biens. Néanmoins, en politique, les choses ne semblent pas bouger.

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De mon point de vue, il y a des avancées en politique. Il ne faut pas être pressé. La constitution d'une nation, à l'instar de ce que nous avons, n'est pas chose facile. Avec tous les problèmes inhérents à chaque Etat. C'est une question de construction. Je pense qu'au niveau politique, il faut choisir une option claire. Une fois cette option obtenue, il faut voir ce qui est utilisé comme démarche pour arriver aux résultats attendus.

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