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Sénégal: La renaissance africaine, ou le testament politique de Maitre Wade


Sud Quotidien (Dakar)
 

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Sud Quotidien (Dakar)

24 Juillet 2008
Publié sur le web le 24 Juillet 2008

M'backé N'diaye

L'onde de choc provoquée par le faste de la réception offerte par le chef de l'Etat sénégalais à son hôte le khalife général des mourides au Palais de la République, n'a pas encore fini d'ébranler les milieux universitaires, politiques et intellectuels d'ici et d'ailleurs.

De tous bords et de tous milieux confondus, les mordus de la science politique n'en finissent pas de s'arracher les cheveux et de se creuser les méninges pour se rendre intelligible ce curieux événement qui n'a pas de précédent dans l'histoire moderne de cette discipline et par conséquent focalise l'attention des passionnés de Droit, de politique et de Religion.

Quel sens pourrait-on donner à cet événement et comment pourrait-on en saisir les ressorts ?

Quelle attitude faut-il adopter face à ce qui semble être une entorse flagrante à la pratique routinière, coutumière du pouvoir dans notre pays depuis l'introduction de la culture politique européenne jusqu'à ce fameux samedi 19 juillet de l'année 2008 du calendrier grégorien. (Cette dernière précision a son pesant d'or. On s'en expliquera dans les lignes qui suivent).

Le chef de l'état sénégalais est, certes, connu pour ses positions avant-gardistes et ses déclarations fracassantes que d'aucun apprécient ou réprouvent selon qu'on est partisan ou opposant à celui qui, à lui seul, incarne toute la pensée, toute l'action, toute l'idéologie du Sopi dans son pays, leader charismatique et incontesté du changement.

L'équation posée, par cet événement, au monde de la science politique parait à ce jour indéchiffrable pour ceux qui, formés au moule de l'éducation occidentale et élevés dans le mépris des valeurs africaines, ne voient et n'expliquent le monde qu'à travers ce prisme déformant de l'Universalisme Occidental.

Après le choc violent provoqué par cet événement, je commence lentement à retrouver mes esprits et m'engage posément dans la position que j'affectionne le plus, et qui me vaut tant de satisfactions : la réflexion profonde. C'est à la suite d'une longue cogitation et moult tergiversations que j'ai senti enfin naitre en moi des sentiments de soulagement.

Plus je rembobinais, dans ma tête, le film de cet événement insolite, plus mon être et mes pensées sont secoués puis gagnés par un vague et curieux sentiment d'euphorie. La satisfaction et la fierté s'emparent de moi avec une douceur que ne produit, en général, que la victoire durement obtenu durant un combat à l'issue incertaine mais livré dans la loyauté, dans l'impartialité et le respect des principes et valeurs. Ce fut un combat livré d'abord contre moi-même puis face au reste du monde par ce que je déteste l'euphorie et que je n'ai nulle confiance aux impressions produites dans l'immédiateté.

L'amour sincère que porte le chef de l'Etat sénégalais au continent africain et à son pays en particulier n'a d'égal que la grande considération dont il fait montre à l'égard de la voie soufie à la quelle il appartient à savoir le Mouridisme.

Pour tous ceux qui essayent de donner un sens à cette cérémonie, la combinaison de ces trois paramètres dont je viens de faire allusion (Mouridité, Sénégalité, Africanité), pourrait aider à livrer les secrets de la visite du khalife général des mouride dans la capitale Sénégalaise. Ces trois clés de lecture permettent, en effet, d'avoir une perception (parmi probablement tant d'autres) et une appropriation personnelles du sens de ce déplacement.

L'hôte des lieux a-t-il voulu lancer un message pour répondre à la gravité de la situation actuelle ? Où alors serions-nous à l'aube d'une nouvelle ère qui se caractériserait par une nouvelle forme de gouvernance incitant à un retour aux sources authentiques africaines ?

Pourquoi n'aurions nous pas le droit, en effet, de remettre en question cette manière d'exercer le pouvoir inspirée du prototype de l'Etat républicain et jacobin hérité du système colonial français ? Ou peut être de l'améliorer en l'adaptant à nos réalités africaines ?

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Mieux, pourquoi ne devrions-nous pas emprunter à notre culture, à nos traditions les vertus et pratiques susceptibles de toucher notre âme sénégalaise et africaine ? L'objectif étant de créer, ainsi, une « onde choc » susceptible de générer un sursaut national et un élan patriotique salutaires en ces moments de difficultés économiques sévissant à l'échelle de la planète. Serait-ce l'expérience à laquelle nous initie et nous convie le chef de la tribu « Sénégal » ?

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