La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: A pas de tortue !

25 Juillet 2008


Kinshasa — Patrick Mwewa semble avoir plusieurs tours dans sa manche. Pas de langue en poche, ni de complexe devant le spectre de la peine capitale qui se profile à l'horizon contre sa personne. Dans sa fougue, Mwewa devient une grande vedette en RD. Congo depuis qu'il a pris le courage de citer André Kimbuta Yango comme présumé commanditaire de l'assassinat, le 6 juillet dernier, de Daniel Botethi, Vice-Président de l'Assemblée Provinciale de Kinshasa.

Sans preuve tangible, il affirme avoir été en contact avec le premier citoyen de la ville via un certain Kady qui, malheureusement, est actuellement en cavale. Après le forfait, il n'aurait eu de vie sauve que grâce au concours de policiers patrouilleurs qui l'avaient intercepté, semble-t-il, alors qu'il rampait sous les douleurs des balles, vers la montagne de 80 jours située dans le quartier qui abrite le Palais de Marbre, lieu où fut tué, en janvier 2001, Mzee Kabila.

Une certitude, confie-t-il, est que l'argent avait circulé. Lui, Mwewa, avait eu 1.200 USD. Il avait déjà consommé 300 USD. Et, le jour de l'opération, il trimbalait 900 USD, dans son porte-monnaie mobile. Une somme qu'il n'a plus retrouvée après qu'il ait été ramené, pour des soins d'urgence, chez un médecin, par des policiers secouristes venus à l'appel du garde de corps de Feu Botethi, 29 ans. Mais depuis le début, ce procès avance plutôt à pas de tortue. C'est au gré de vagues de déclarations révélatrices et, parfois contradictoires, d'un des six prévenus, qu'il évolue. A cette allure, les juges du Tribunal Militaire de la Garnison de Ngaliema, mettront plusieurs mois, voire plus d'une année, pour dénicher l'assassin de Daniel Botethi. Jusqu'ici, les cinq autres prévenus n'ont pas été entendus. Tout comme les secouristes qui, à en croire Mwewa, lui ont piqué les 900 USD. Dans l'entretemps, une controverse est née. Deux thèses s'affrontent désormais entre le garde de corps et Mwewa. Le premier soutient que c'est lui qui a tiré sur le second, pour sauver Botethi. Tandis que Mwewa affirme le contraire. Ce sont ses compagnons qui, dans leur dernier retranchement, ont voulu l'achever, insiste-t-il, en désignant le garde de corps comme auteur de l'assassinat de son patron, Daniel Botethi. C'est dans cette confusion maintes fois décriée par la partie civile qu'intervient, le lundi 28 juillet prochain, la comparution de Kimbuta. Question. Pourquoi ne pas vider la procédure d'audition de cinq autres prévenus dont Inoki, et de policiers patrouilleurs, avant d'entendre Kimbuta ? Certes, l'opinion attend que la vérité éclate, dans cette affaire. Mais, l'option d'entendre le gouverneur dans la précipitation serait de nature à installer la confusion. L'issue du procès risque d'être peu concluante. Kimbuta pourtant cité par Mwewa viendra au Tribunal en tant qu'autorité de la Ville. Ceci explique d'ailleurs la raison de la présence à ses côtés, ce jour-là, de Godard Motemona et Roger Nsingi. A quand alors la vérité sur la SIM ? Va-t-on, finalement, vers une dilution de l'action judiciaire ? Vivement des hypothèques

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