Abdourahmane Sarr Gonzales
24 Juillet 2008
Lima Gomis passera le reste de sa vie en prison. Il avait tué Khadim Kâ d'un coup de poignard à la poitrine. A l'origine du drame, le mis en cause et son compagnon voulaient délester leur victime de son téléphone portable. Les agresseurs ont opté pour une solution dramatique.
THIES - Khadim Kâ avait été pris à partie, dans la nuit du 29 septembre 2004, par Lima Gomis et Michel Mendy. Ce dernier l'aurait ceinturé par derrière, tandis que Lima lui flanquât un couteau à la gorge pour l'apeurer. Devant la résistance de leur « proie », Lima lui planta le couteau au niveau de la poitrine. Gravement atteint, il succomba des suites d'une plaie cutanée pénétrante avec lésions musculaires et vasculaires, selon la conclusion du médecin. Lors de son interrogatoire, l'accusé a tout nié en bloc, malgré ses aveux circonstanciés à la police de Grand Yoff. Seulement, il oublie qu'une troisième personne, Babacar Diop, suivait attentivement la scène. Ce dernier a raconté la genèse de cette affaire, soutenant que Khadim Kâ aurait poursuivi ses agresseurs en dépit de ses blessures. Sachant qu'il était impuissant devant les jeunes malfrats, il finit par rebrousser chemin avant de s'affaisser à même le sol, perdant beaucoup de sang. Il décéda des suites de ses blessures. Les meurtriers de Khadim étaient déterminés à s'emparer de son portable. Lima et Michel avaient été attirés par la lumière émise par l'appareil dans la poche de la victime. Après avoir commis leur forfait, les agresseurs se rendirent à un bar proche du domicile des meurtriers. Ils bradèrent à 15.000 francs le portable, puis se partagèrent l'argent. Michel s'enfuit pour la Guinée-Bissau et Lima chez son oncle à Dakar.
Ils furent pris par les policiers des Parcelles assainies dans un bar, six mois après leur forfait, lors d'une opération de sécurisation. Michel, compte tenu de son âge, devait s'expliquer devant le tribunal des mineurs et Lima faisait face à la Cour d'assises de Thiès, lundi dernier. Entre-temps, les co-auteurs avaient réussi à se débarrasser de leurs armes aux fins de brouiller les pistes. A la barre, l'accusé s'est dit convaincu qu'il s'agit d'un problème de jalousie. Pour maîtres Khoureychi, Omar Faty et Babacar Camara de la défense, il est impossible à Lima de tuer une mouche, lui qui a ce statut de grand footballeur dans son quartier.
Mais, le plus grave, c'est que Lima et quelques membres de sa bande ont eu à commettre d'autres forfaits, notamment le vol d'une mobylette et d'un portable. Lima a aussi séjourné en prison pendant deux ans pour agression. Mendy décéda quelque temps après, selon Me Khoureychi Bâ. L'avocat général décrit Lima comme étant un personnage très dangereux. Il rappelle quelques témoignages qui ne militent pas en sa faveur. Dans son quartier, il est peint comme un garçon impulsif et taxé par le chef de quartier d'agresseur notoire. Aux yeux de l'avocat général, l'accusé est coupable des faits qui lui sont reprochés. Excluant le bénéfice des circonstances atténuantes, il a demandé à la cour de le condamner aux travaux forcés à perpétuité.
Me Wagane Faye a demandé 10 millions de francs pour réparer le préjudice subi. Au nom de la défense, Me Omar Faty intervient pour dire que cette demande est mal fondée. Il exige de la partie civile la présentation de pièces d'état-civil pour identifier les héritiers de feu Khadim Kâ. Finalement, la cour a déclaré l'accusé coupable de vol en réunion avec violence ayant entraîné la mort et l'a condamné aux travaux forcés à perpétuité et à payer à la partie civile la somme de 10 millions de francs.
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