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Madagascar: 20 000 citoyens interdits bancaires
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L'Express de Madagascar (Antananarivo)
25 Juillet 2008
Publié sur le web le 25 Juillet 2008
Fin mai dernier, plus de 20 000 Réunionnais étaient interdits bancaires pour avoir délivré un ou plusieurs chèques en bois. En montant, la somme globale sans provision s'élèverait à 130 millions d'euros.
La carte bancaire n'est pas non plus autorisée à ceux qui ne respectent pas leurs engagements.
Cela pourrait être la traduction de «vouloir dépenser plus que ce que l'on possède ». Plus de 20 500 Réunionnais étaient privés de chèques à la fin du mois de mai dernier, selon les chiffres de la Banque de France, relayés dans l'île par l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (Iedom).
Le nombre de comptes concernés par ces interdictions bancaires progresse de 12, 6 % sur les cinq dernières années, même si elle diminue de 5, 2 % sur un an. Pour les entreprises, les interdictions progressent de 11,8 % au cours de la même période. En valeur absolue, l'insuffisance de provision s'élève quand même à 130 millions d'euros, soit près de 14 % de plus qu'en 2004 et 2, 7 % de plus qu'en 2007 ! L'équivalent d'un chèque en bois de 170 euros par habitant, même si on devine que la part des entreprises y est pour beaucoup dans ce constat Autre chiffre, tout aussi accablant : plus de 177 000 incidents de paiement sur chèques (à ne pas confondre avec l'interdiction bancaire) étaient recensés au service des fichiers de l'Iedom, soit 2 % de plus qu'il y a un an et 10, 9 % de plus qu'il y a cinq ans.
D'un point de vue macroéconomique, tous les indicateurs ne sont pourtant pas dans le rouge. En cinq ans, la courbe des particuliers a tendance à décliner. En 2003, 22 534 personnes n'avaient plus le droit d'utiliser leur chéquier. Elles sont près de 2 000 de moins à fin mai 2008, ce qui semble indiquer « une amélioration de la vulnérabilité des ménages », souligne l'Iedom. Une baisse à considérer toutefois avec précaution. 2 000 dossiers sortis du stock en cinq ans ne représentent en effet qu'une faible diminution. Des données qui ont donc tout lieu d'inquiéter. D'autant que la loi de 1993 visait avant tout à enrayer le phénomène.
La réalité différente
Sur le papier, la loi de 1993 contenait en effet tous les ingrédients pour atténuer le nombre des interdits bancaires. Si l'émission d'un chèque sans provision provoque plus vite que par le passé une inscription au fichier central des chèques de la Banque de France (les banques sont obligées de le déclarer dans les quarante-huit heures), la levée de la sanction s'effectue dans les mêmes délais, à partir du moment où le chèque en bois est régularisé.
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La réalité est bien souvent différente. Généralement, la régularisation n'intervient pas, soit parce que les personnes en cause ont pris l'habitude de vivre sans chèques, mais surtout parce qu'elles n'en ont pas les moyens.
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