Utilisez le menu pour découvrir d'autres articles
  


Ou Recherche Avançée pour les Abonnés Uniquement


Cliquer ici pour lire les commentaires ou réagir sur le sujet »

Congo-Kinshasa: Cireur de chaussures - Métier réservé aux mineurs non scolarisés


Le Potentiel (Kinshasa)
 

Envoyer par email

Imprimer cet article

Poster un commentaire

Le Potentiel (Kinshasa)

25 Juillet 2008
Publié sur le web le 25 Juillet 2008

Regine Kiala
Kinshasa

A Kinshasa, des enfants ayant abandonné l'école, gagnent leur vie en cirant des chaussures et en se faisant les porteurs de colis. Nous avons rencontré quelques uns parmi ces mineurs. Comme les autres cireurs, ils passent la nuits à la belle étoile. Mais, confiants en leur métier, ils caressent le rêve de devenir de grands commerçants.

Le long des artères du boulevard du 30 Juin à Kinshasa, plusieurs enfants s'adonnent au métiers de cireur des chaussures. Ces enfants dont l'âge varie entre 9, 11 et 17 ans, tiennent une caisse, des boites de cirage, et brosses à chaussures.

Comme tous les mineurs, Francis Manzengele, âgé de 11 ans, avoue que la vie du « cireur » est rude. Portant un sac en plastique déchiqueté, le gamin accourt vers un autre client dès qu'il a fini avec le premier. Mais, le jour où il gagne plus, il s'achète des vêtements. Pas ceux qu'il porte en ce moment, mais ceux qu'il met le dimanche quand il se rend à la prière. Il ne va plus à l'école. Il travaille de lundi à samedi et rentre le dimanche en famille, où il ramène le « butin ».

Pour un client de Francis Manzengele, ces enfants sont souvent taxés de pratiques maléfiques. Les malheurs qui frappent une famille (maladie, décès, perte d'emploi, etc.), leur sont ainsi imputés : ces jeunes gens sont considérés comme plus faciles à envoûter par les sorciers, devins et autres féticheurs qui cherchent à faire mal.

En général. Ces jeunes nient. Mais, ce n'est pas toujours le cas, explique un ami du petit cireur. « Il y a des enfants qui se déclarent sorciers. Mais c'est uniquement parce qu'ils ont été intimidés ou même torturés. Il se font dire : avoue ou on va te tuer », affirme l'ami à Patrick.

Patrick, comme lui aussi a été accusé de sorcier, il ne croit pas à ces histoires et estime que c'est le prétexte que sa « marâtre » - la deuxième épouse de son père - a trouvé pour se débarrasser de lui.

Patrick Mandefu gagne sa vie en cirant des chaussures et en transportant les colis et sacs qu'on lui demande de porter pour quelques poignée de francs congolais. Il passe la nuit à la belle étoile. Mais, il caresse le rêve de devenir un grand commerçant.

L'ECOLE EST IMPORTANTE

Accéder aux études secondaires, c'est le rêve de Fiston Okoko, cireur âgé de 10 ans, qui voulait devenir un infirmier « pour soigner les enfants », précise-t-il. Il dit aimer le centre de rattrapage plus que l'école officielle qu'il fréquentait auparavant : « les enseignants étaient trop souvent absents », dit-il.

Faute d'argent, il n'a pas poussé plus loin ses études. Fiston Okoko espère, décrocher le certificat d'études primaires qui lui permettra de s'inscrire dans une filière des sciences infirmières. Mais son père est sans emploi. Sa mère, vendeuse de légumes dans un marché de Kinshasa, l'encourage toutefois à combiner son métier de cireur et l'école. « Ma mère me dit que l'école est importante pour que je réalise mes rêves », souligne-t-il.

« Pendant les vacances, j'ai l'habitude de rester en ville, question de réunir beaucoup d'argent pour laisser la provision à la famille. Par semaine, je peux réaliser des économisées 10.000 Fc », indique-t-il.

L'adolescent fait partie d'un groupe de trois enfants dont les parents sont, soit chômeurs, soit vigiles. Ils habitent la périphérie de Kinshasa. Le plus petit d'entre eux, Crispin Kasanda, se dit responsable de sa famille. « J'exerce mon métier depuis deux ans. C'est un métier qui n'est pas assez rentable. Nous nous retrouvons parce que nous l'accompagnons de la mendicité », déclare ce mineur de 12 ans.

Un banquier qui a requis l'anonymat observe cette situation depuis les années 1998. Il explique que ces petits débrouillards sont plus nombreux en ville pendant la saison sèche, période où il y a trop de poussière. Car, ajoute-t-il, c'est pendant cette saison que les enfants sont en vacances.

Pas étonnant qu'ils aient la réputation d'être des enfants difficiles. Mais, comme tous les autres enfants, même les plus coriaces, leur place est à la maison.

Liens Pertinents

Pour alléger le dur labeur de ces enfants évalués à plus d'une centaine, le gouvernement doit prendre ses responsabilités. Il doit faire appliquer les droits de l'enfant et les prendre en charge dans la mesure du possible. Aussi, les défenseurs des droits de l'enfant doivent-ils focaliser leur attention sur l'arrêt de travail des enfants.



AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

 
Partagez cet sur:
Facebook
Digg
Del.icio.us
StumbleUpon
Muti


Copyright © 2008 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

Faites d'allAfrica.com votre page d'accueil | Fils RSS

Début de page | Plan du Site | Qui Nous Sommes | Publicité | Recherche | Abonnement

Un commentaire? Remplissez le formulaire. Données Personnelles .

HOME
allAfrica.com


Liens Pertinents




Visite historique de Condoleeza Rice à Tripoli
Après sa lutte au Delta , le Nigeria reclassé premier producteur de pétrole en Afrique
La centrale de Sahanivotry en phase d'essai
Les spéculateurs s'en vont, le prix du baril tend à se stabiliser
Crash de Air Serv : les 17 corps découverts





Les plus actifs du jour