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Burkina Faso: Nouveau système d'évaluation de la fonction publique


Sidwaya (Ouagadougou)
 

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Sidwaya (Ouagadougou)

ANALYSE
25 Juillet 2008
Publié sur le web le 25 Juillet 2008

Koumia Alassane KARAMA

Gouvernement et syndicats, en discorde ?

Les ministres en charge de la Fonction publique Seydou Bouda et du Travail Jérôme Bougouma ont rencontré, à Ouagadougou, le 23 juillet 2008, des représentants d'organisations syndicales. Après cette rencontre, subsistent toujours des divergences de vue entre les deux parties autour du nouveau système d'évaluation de la fonction publique burkinabè.

Le ministre Seydou Bouda n'est pas arrivé à acquérir l'accompagnement...

... des organisations syndicales.

"L'évolution du rendement est un outil de management dont aucune organisation soucieuse de son efficacité ne peut se passer (...). Elle est considérée par la loi comme une prérogative de la puissance publique...". C'est par ces mises au point que le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat, Seydou Bouda, a introduit sa rencontre avec les organisations syndicales autour du nouveau système d'évaluation des agents publics. L'ambition de cette rencontre, tenue dans la soirée du mercredi 23 juillet 2008 à Ouagadougou, était de dissiper les quiproquo (voir encadré) à même d'entraver une bonne mise en Å"uvre du nouveau système d'évaluation du rendement.

Pour Seydou Bouda, assisté de son collègue du Travail et de la Sécurité sociale Jerôme Bougouma, le nouvel outil d'appréciation du travail des agents publics en vigueur depuis le 1er janvier 2006, vient combler des insuffisances de l'ancien système de notation. Ces insuffisances révélées par des audits organisationnels portent sur "la subjectivité des critères, l'éloignement de l'agent évalué du ministre qui donnait la note finale, l'absence de feed-back du notateur final à l'agent évalué (le bulletin de notation restait confidentiel), l'absence d'un recours organisé pour les agents en cas de notation abusive ou complaisante, etc.". C'est pourquoi, explique le ministre Bouda, le nouveau système innove par l'utilisation d'instruments modernes et de critères objectifs d'évaluation, l'évaluation par le supérieur hiérarchique immédiat, l'institution d'une procédure contradictoire à travers un entretien d'évaluation, la présence d'un mécanisme organisé de recours pour les agents en cas d'évaluation non objective. Seydou Bouda a organisé sa mémoire en défense autour de chacune des innovations. Les instruments de l'évaluation, à savoir les "contrats d'objectifs (la lettre et la fiche d'indication des attentes)", le programme et le rapport d'activités, les fiches d'évaluation, instaurent à son sens au sein de l'administration burkinabè, un mécanisme de programmation et de suivi-évaluation.

Sur le principe de faire évaluer chaque agent par son supérieur hiérarchique immédiat, il estime que celui-ci connaît le mieux l'agent sur le plan professionnel et est par conséquent, le mieux placé pour apprécier son rendement au travail. La troisième nouveauté portant sur l'institution d'un entretien se résume pour lui à une séance de travail au cours de laquelle l'évaluateur et l'agent évalué apprécient ensemble le rendement de l'agent ainsi que le fonctionnement du service. La mise en place du mécanisme de recours est une aubaine pour les agents de contester les éventuelles évaluations abusives ou complaisantes. Ces innovations, affirme le MFPRE, "présentent des avantages pour l'administration du point de vue de son efficacité et pour les agents de la fonction publique en termes de motivation et de justice dans les promotions". L'heure n'est plus à la tergiversation, à entendre Seydou Bouda, pour qui le gouvernement a pris le temps qu'il fallait ainsi que les mesures d'accompagnement nécessaires. "Je ne doute pas que vous serez à nos côtés pour mettre en oeuvre cette importante partie de la réforme globale de notre administration", a-t-il sollicité des organisations syndicales.

Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l'éducation de base (SYNATEB), Tahirou Traoré apprécie

"De façon concrète, nous demandons la mise de côté de ce nouveau système d'évaluation", martèle le SG du SYNATEB

Sidwaya (S.) : Qu'avez-vous contre ce nouveau système d'évaluation de la fonction publique ?

Tahirou Traoré ( T.T.) : Le discours que le ministre Seydou Bouda vient de délivrer est le même que le gouvernement a toujours tenu. Nous avons fait une analyse de ce nouveau système d'évaluation par rapport aux anciens systèmes de notation que notre pays a connus.

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Avant, les agents étaient notés par catégorie. Les agents d'une même catégorie, ayant les mêmes attributions, sont évalués par rapport à leurs attributions. Pour avancer, il fallait obtenir une note de 6/10. Ceux qui n'avaient pas au minimum cette note, avançaient tous les 18 mois. Mais avec ce nouveau système, il faut avoir obligatoirement la note de 6/10 pour être proposé à l'avancement. Nous estimons par ailleurs que ce système reste discriminatoire. Les membres du gouvernement, les présidents d'institutions, les ambassadeurs et consuls généraux ne sont pas concernés par le nouveau système de notation.

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