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Sénégal: Poursuivi pour homicide volontaire - Mor Mbaye écope de vingt ans de travaux forcés
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Wal Fadjri (Dakar)
25 Juillet 2008
Publié sur le web le 25 Juillet 2008
Mamadou Sarr
Pour avoir tué froidement son grand frère de deux coups de coupe-coupe, Mor Mbaye a été renvoyé devant les assises de la Cour d'appel de Dakar, hier, six ans après les faits. Ses regrets à la barre, le pardon de sa famille et le brillant plaidoyer de ses avocats ne lui ont finalement rien servi. Mor Mbaye, 29 ans, a écopé de 20 ans de travaux forcés.
Accusé d'homicide volontaire sur la personne de son frangin, Mamadou Mbaye, Mor Mbaye, 29 ans, maçon de profession, tout de blanc vêtu, élancé, le visage osseux, a été jugé hier devant toute sa famille qui a fait part de son pardon à la barre de la Cour d'assises. Une requête à laquelle la Cour et les jurés ont opposé un refus de non-recevoir comme en témoigne, du reste, le verdict rendu par la Cour d'assises de Dakar. Ainsi, après l'avoir reconnu coupable d'homicide volontaire, les trois magistrats professionnels et les quatre jurés ont condamné Mor Mbaye à vingt ans de travaux forcés en application des dispositions des articles 280, 289 et 432 du Code pénal, alors que l'avocat général avait requis douze ans de travaux forcés. Pour avoir été gardé à vue depuis juin 2002, il lui reste encore quatorze longues années à passer dans les liens de la détention. En plus, la Cour a prononcé à l'encontre de Mor Mbaye 'l'interdiction d'exercer ses droits civiques'. La maman des deux frères n'a pas réclamé de dommages et intérêts.
Devant la barre, cette dernière a donné sa version des faits qui valent à son fils, Mor Mbaye, de comparaître hier, devant la barre de la Cour d'assises. Selon elle, le 29 juin 2002, au quartier Aïnoumane I de Pikine, autour du bol, le grand frère Mamadou Mbaye a fait des remarques à son jeune frère sur sa manière de manger. Ce dernier qui n'a pas apprécié les critiques, est entré dans sa chambre pour en sortir avec un coupe-coupe avec lequel, il a asséné deux coups dont l'un à la main gauche et l'autre au thorax. La victime succombera sur le coup à ses blessures.
Quant à l'accusé, il a donné une autre version des faits. Selon Mor Mbaye, ce jour-là, la famille prenait le repas et le grand frère lui a fait des remarques sur sa manière de manger allant jusqu'à lui donner un coup de poing auquel il n'a pas répondu. Poursuivant, l'accusé dira que son grand frère a pris un couteau et l'a poursuivi jusque dans sa chambre. Pour se défendre, il a sorti le coupe-coupe qui était sous son lit et avec cette arme blanche, il lui a donné les coups mortels. Mor Mbaye a également reconnu devant la barre qu'il avait pris du chanvre indien à la veille du meurtre et que ses relations avec son frangin n'étaient pas bonnes.
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D'après l'avocat général, l'excuse de la provocation brandie par l'accusé comme stratégie de défense ne peut pas prospérer. Cependant, le ministère public, défenseur la société, a reconnu qu'il n'y a eu de préméditation qui suppose 'un plan ourdi à l'avance et exécuté dans le calme'. D'ailleurs, l'avocat général et les conseils de la défense s'accordent sur ce point précis. 'Dans de telles circonstances, on ne peut pas retenir la préméditation qui est d'après le Code pénal le dessein planifié de donner la mort ou de réaliser l'acte criminel', soutient Me Malick Diouf. D'après lui, c'est sous le coup de la colère qu'il a donné les coups mortels à Mamadou Mbaye. C'est la raison pour laquelle, Me Diène Ndiaye, l'autre avocat de la défense, a demandé en vain la requalification des faits en 'coups et blessures ayant entraîné la mort sans l'intention de vouloir la donner'. Ainsi, l'accusé qui a néanmoins bénéficié de circonstances atténuantes, est décrit comme étant un individu violent et agressif à l'endroit du fait de l'usage inconsidéré du chanvre indien et du 'guinz' dans l'enquête de personnalité.
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