Tunisie: Farès Karam à Carthage
La Presse (Tunis)
25 Juillet 2008
Publié sur le web le 25 Juillet 2008
Ce n'est pas un habitué de nos festivals. Il est récemment devenu vedette de la chanson arabe, et pourtant aucun centimètre carré des gradins de l'amphithéâtre de Carthage n'est resté vide.
Mercredi dernier, Farès Karam avait cette allure de prince charmant. Sa voix montagnarde a ensorcelé le public au nombre impressionnant... Il y en avait de tous les âges et de toutes les catégories sociales. Jeunes, moins jeunes, intellectuels, ménagères, et Vip sont venus voir en live celui qui les fait danser à travers ses cd et ses apparitions régulières sur la chaîne "Rotana clips". C'est Al Tanorah, son fameux tube qui l'a élevé au hit-parade. Le chanteur se spécialise dans le répertoire libanais des chansons populaires aux pulsions de la debkat. Les gradins surpeuplés nous rappellent les premiers concerts de Khadhem Saher, Iheb Taoufik ou Mejda Erroumi. Mais Farès Karam n'a rien à voir ni dans le style, ni dans la voix. Il n'a ni ce romantisme à fleur de peau de Marouan Khouli, ni ce regard d'homme blessé de Wael Kfouri. Mais il a cette attitude de"Neswangy" (homme à femmes) ou séducteur qui se la joue à la "rattrape-moi si tu peux"...
Le chanteur libanais se déplace sur scène avec beaucoup d'assurance, enchaînant les chansons sans aucun moment de relâche. Son orchestre le suit, synchrone, dans ses improvisations et ses silences et lorsqu'il prête le micro au public. Les moments où les musiciens lâchent leurs instruments pour se tenir la main et danser la debka autour du chanteur, ont encore fait vibrer les gradins...Drôles de spectateurs qui ont su retenir les paroles sans accent de ses derniers tubes: Labn El Asfor, Al Tanorah, Men Wain, et Neswangy (!?)...