Idelette Bissuu
26 Juillet 2008
La jeune réalisatrice, Angèle Diabang Brener, pour un coup d'essai a réussi à réaliser un excellent film documentaire intitulé « Yandé Codou, la griotte de Senghor ». Elle a présenté hier son film à l'Institut français Léopold S. Senghor. En 52 mn, la réalisatrice sénégalaise présente la célèbre cantatrice sérère, Yandé Codou Sène, en faisant ressortir l'aspect maternel de la diva sénégalaise .
La réalisatrice, Angèle Diabang Brener, à travers son film, « Yandé Codou, la griotte de Senghor », nous présente Yandé Codou sous les traits d'une mère de famille. Toutefois, la facette culturelle n'est pas occultée. On voit la cantatrice dans une ambiance bon enfant avec ses petits-fils.
Mais, plus étonnant, cette dame âgée de 80 ans, continue d'être le soutien d'une famille, de belles-familles et de son entourage.
Les témoignages pleuvent dans le film. Les traditionalistes, comme Massamba Guèye, et des professeurs de Lettres de l'Université de Dakar, comme Adama Faye, ou le chercheur Raphael Ndiaye ont relevé la richesse des cantiques et la polyphonie de ses chansons.
C'est une bibliothèque sérère, et du Sénégal, pour reprendre la formule des intervenants, hier, lors de la première presse à l'Institut français L. S. Senghor. Malgré son âge avancé, elle continue de s'occuper de sa grande famille. La cantatrice reste à jamais marquée par le poète Léopold Sédar Senghor.
« Nos relations sont uniques et exemplaires », dit-elle dans le film. Comme toute vieille mère, Yandé s'évertue à conseiller son entourage et à inculquer un bon comportement aux enfants. Le monument Yandé jette un regard furtif et critique sur cette génération. Elle la qualifie de bruyante avec une voix frêle et éraillée. Ce n'est pas étonnant si elle est attachée à l'éducation traditionnelle. Elle se prévaut de la théorie d'enracinement et de l'ouverture de Senghor.
Jadis, le griot jouait le rôle d'éducateur au sein de la population. Tout le monde venait se ressourcer auprès de lui. C'est ainsi qu'il remplissait parfaitement le rôle de médiateur entre les gouvernés et les gouvernants.
Yandé, qui est considérée comme un « Trésor humain vivant » au Sénégal, ne chantait pas seulement Senghor comme tout le monde l'a retenu, mais elle portait aussi à travers sa voix les souffrances, les douleurs du peuple auprès du président poète Senghor.
Le griot pouvait donc pour ainsi dire, rythmer les pas du dirigeant. Aujourd'hui, le film de la jeune réalisatrice, Angèle Diabang Brener, remet sur la table, la problématique de la conservation du riche patrimoine matériel et immatériel.
« Ce que je veux, c'est amener les gens à s'interroger sur la conservation de l'héritage que nous lèguent nos ancêtres. », a laissé entendre la réalisatrice. Yandé Codou Sène s'oppose à toute exploitation de son répertoire au grand dam de certains chercheurs comme Raphaël Ndiaye qui estime : « le répertoire de Yandé Codou doit être réinterrogé et retravaillé.
Nous devons aller au-delà de Yandé, au-delà de Senghor », a laissé entendre le chercheur.
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