L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Mort subite de Herizo Razafimahaleo

Le monde politico-économique était consterné par le décès subit de Herizo Razafimahaleo hier au petit matin. Terrassé par une insuffisance rénale, il n'a pas survécu à une intervention chirurgicale à la Polyclinique d'Ilafy.

La dernière apparition publique de Herizo Razafimahaleo, le 24 juin lors d'une conférence de presse au Booly Frontières.

Tôt hier matin, la mauvaise nouvelle faisait le tour de la ville à travers les sms. Une station de radio l'avait annoncée en scoop. Herizo Razafimahaleo, figure emblématique de l'opposition a rendu l'âme à deux heures du matin à la Polyclinique d'Ilafy.

«En vacances à Mahajanga depuis quelques jours, il a dû être évacué à Tana mardi pour être hospitalisé le lendemain. Très fatigué et exsangue, il a subi une opération chirurgicale», précise un de ses proches. Il semblait avoir récupéré de l'intervention avant de tomber dans un coma pour ne plus reprendre conscience.

C'est une figure de proue du monde économique, politique et des affaires qui disparaît. La ruée de diverses personnalités de tous les horizons, dès hier à son domicile à Ivandry pour lui rendre un dernier hommage, en est la preuve.

Herizo Razafimahaleo a été un innovateur dans le monde économique, un pionnier de l'éthique politique et un modèle dans l'entrepreneuriat. Il avait crée un groupe de sociétés plurisectorielles fin 1980 comprenant le trading, la quincaillerie, la vente de voitures, la salinerie, l'allumeterie, la fabrication de bougie, l'assurance, l'aquaculture et la presse.

On lui doit ainsi la création de l'Express de Madagascar le 21 février 1995, jour de son 40e anniversaire. Un journal qui a pour ambition de «prouver que les Malgaches sont capables de réaliser leurs ambitions», écrivait-il dans l'éditorial du n°1 du journal.

Populisme

Un défi qui animera toute la vie de ce diplômé Mba de Michigan, quitte à essuyer des échecs cuisants aussi bien en politique que côté investissements. «Il ne renonce jamais face aux difficultés. Il a toujours une idée, une solution pour motiver les gens», témoigne un membre de son parti.

Il a toujours cru en ses chances aux élections présidentielles en dépit de trois échecs. Une étiquette d'intellectuel lui collait à la peau l'empêchant de gagner des voix dans les milieux populeux. «Je n'en suis pas malheureux car au moins j'ai essayé de changer certaines choses dans mon pays. Si cela ne marche pas, tant pis», avait-il déclaré ces derniers jours quand on lui suggéra qu'il fallait faire dans le populisme pour être élu.

Herizo Razafimahaleo luttait justement contre cette malhonnêteté politique. Il se fit lui-même exemple d'éthique en renonçant au logement de l'État, aux voitures de l'État, aux avantages de l'État quand il était vice-Premier ministre. Des privations rares chez les hommes politiques et qui méritent d'être soulignées. Mieux il n'avait pas hésité à démissionner de son poste quand cela ne concordait pas à sa perception.

L'oeuvre entamée par Herizo Razafimahaleo reste ainsi inachevée. Cette disparition précoce enlèvera peut-être toute illusion quant à l'édition un jour d'un code d'éthique pour les politiques. C'est aussi une voix en moins pour l'opposition. Et pas des moindres puisque c'est un stentor qui devient aphone.

Encadré

Hey Zo, salut l'artiste

Outre ses qualités reconnues en politique et en économie Herizo Razafimahaleo avait d'autres cordes à son arc. Sportif accompli, ce champion de Madagascar de natation avait défendu les couleurs malgaches aux Jeux africains d'Alger en 1973. Déjà leader de nature, il se trouvait à la tête des supporters pour pousser les autres athlètes.

Herizo n'est pas non plus le dernier à animer une fête. Il ne rate pas une occasion pour montrer au public ses talents de musicien et de chanteur. Il apprécie particulièrement le tube des Beatles, Hey Jude.

Il aimait aussi intérpréter d'autres morceaux ayant marqué sa jeunesse.

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