Burundi: 696 Burundais recherchés pour génocide
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Rwanda News Agency/Agence Rwandaise d'Information (Kigali)
30 Juillet 2008
Publié sur le web le 30 Juillet 2008
Kigali
Des informations dignes de foi parvenues au journal Grands Lacs Hebdo, il ressort que la justice rwandaise s'intéresse à six cent quatre-vingt seize (696) ressortissants burundais suspectés de compromission dans le génocide anti-Tutsi de 1994. Il nous revient que cette question sera abordée dans la prochaine rencontre de la «Tripartite Plus Un » qui regroupe le Rwanda, la RDC, l'Ouganda et le Burundi sous le parrainage du gouvernement américain.
Les réfugiés ont renforcé la machine génocidaire
Quand le génocide a commencé au Rwanda, il y avait environ 200.000 réfugiés hutu burundais qui avaient fui la violence ethnique au Burundi et qui vivaient au sud du Rwanda. Les milieux extrémistes hutu burundais et rwandais ont fait appel à ces réfugiés pour renforcer la machine génocidaire. La jurisprudence du TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda) est explicite là-dessus. Dans l'acte d'accusation contre Calixte Kalimanzira, directeur de cabinet au Ministère de l'intérieur durant le génocide, le procureur du TPIR affirme que l'accusé a associé les réfugiés burundais à l'exécution du génocide.
«Vers le 9 avril 1994 une réunion s'est tenue à la cellule Kanage secteur Mukindo commune Kibayi. Lors de cette réunion Calixte Kalimanzira s'est adressé aux réfugiés Burundais en leur disant que le gouvernement intérimaire leur faisait confiance, que le Président Juvénal Habyarimana avait pris soin d'eux et que le Président Théodore Sindikubwabo allait agir de même et que l'ennemi qui les avait chassés du Burundi est le même que celui qui a tué les Présidents Habyarimana et Ntaryamira. Il les a ensuite exhortés à ne pas quitter le pays et leur a affirmé que la raison de sa présence parmi eux était de leur apporter des armes traditionnelles pour se défendre contre l'ennemi », lit en partie cet acte d'accusation déposé le 21 juillet 2005 dans l'affaire Procureur contre Calixte Kalimanzira
L'attentat du 06 avril 1994 contre l'avion qui transportait les présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira est considéré comme l'élément physique ayant déclenché le génocide au cours duquel plus d'un million de Tutsi ont péri.
Dans leurs dépositions devant la Commission Mucyo qui a enquêté sur le rôle de la France dans le génocide, des anciens miliciens ont affirmé que des ressortissants burundais ont été impliqués dans l'entraînement de la milice Interahamwe qui fut le fer de lance du génocide.
S'adressant à la presse au mois de février à la fin d'une visite de travail au Rwanda, le président du Sénat burundais, Gervais Rufyikiri, s'est montré indigné par les informations selon lesquelles des exactions auraient été commises par des Burundais contre «leurs frères et sours rwandais » durant le génocide. « Ces actes, s'il y en a eu, sont inhumains et ceux qui en sont responsables doivent être poursuivis et jugés conformément à la loi», avait-il déclaré.
L'honorable Gervais Rufyikiri avait dit que l'accord de coopération existant entre les Sénats de deux pays offrait une plate-forme par laquelle de tels crimes pourraient être adressés par les deux parties.
La responsabilité est individuelle
Dès que nous avons appris que la justice rwandaise s'intéresse à 696 sujets burundais pour leur rôle présumé dans le génocide, nous avons approché le Ministre rwandais de la Justice Tharcisse Karugarama pour confirmer ce nombre. Là-dessus, il nous a renvoyés chez le Procureur Général.
«Je pense que le Procureur Général est mieux placé pour répondre à cette question. Le Ministère de la Justice s'occupe de la politique générale. Pour ce qui est de la politique du gouvernement, nous disons que toute personne qui a commis le génocide doit en répondre devant la justice. Peu importe s'il s'agit des Burundais, des Rwandais, des Canadiens, des Américains », a-t-il déclaré.
Nous avons insisté en lui demandant s'il peut néanmoins confirmer l'existence du dossier des Burundais qui ont commis le génocide au Rwanda. «Je peux confirmer que des personnes de différentes nationalités ont une part de responsabilité dans le génocide, y compris des Français, des Burundais et d'autres. Mais je ne peux pas généraliser en disant que les Burundais ont commis le génocide. Je peux dire que tel et tel ont commis le génocide. Il est Burundais et il a commis le génocide- mais ce n'est pas correct de dire que les Burundais ont commis le génocide. Je ne veux pas pointer du doigt une tribu ou une communauté. Je voudrais attribuer l'acte aux individus qui l'ont posé. C'est peut-être des Burundais, des Rwandais ou des personnes appartenant à d'autres tribus ou groupes. La responsabilité est individuelle et pas collective », a-t-il réagi.
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