Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Les populations de l'unité 14 sous la hantise des eaux usées

Tata Sané

30 Juillet 2008


Les habitants de l'Unité 14 des Parcelles assainies vivent sous la hantise des inondations. Elles respirent une odeur rebutante du fait de la proximité avec la station d'épuration. Aussi, leur est-il difficile d'accéder à leurs domiciles.

La lutte contre la stagnation des eaux usées se heurte à des écueils à l'Unité 14 des Parcelles assainies. Un bas-fond où les eaux usées échappent des égouts pour se répandre un peu partout, rendant ainsi difficile l'accès aux maisons environnantes.

C'est le cas chez Binetou Ndiaye, située à quelques jets des deux stations (des eaux usées et celle des eaux pluviales). Les habitants de cette maison font la croix et la bannière pour y accéder. « On nous promet depuis des années de résoudre ce problème. Mais rien n'a été fait jusqu'ici. Nous respirons toujours une odeur rebutante et je crains pour la santé de ma famille ».

Plus loin, une voix s'élève. Celle de Ndoumbé Sarr qui, d'un ton imposant, dénonce ce triste décor qui s'offre aux visiteurs. « Ces deux stations nous empêchent de respirer une bonne odeur. Le début de chaque hivernage est synonyme de tracasseries.

Chaque fois qu'il pleut, nous passons des nuits blanches pour veiller sur une éventuelle entrée des eaux dans les demeures. Pour atténuer l'odeur pestilentielle qui pénètre jusque dans les chambres, les mamans dépensent toutes leurs économies pour l'achat d'encens », indique-t-elle.

Embouchant la même trompette, Lamine Faye va plus loin pour déclarer que les autorités n'ont aucun respect pour les habitants de l'Unité 14. « Chaque année, ils nous promettent de résoudre ce problème. Mais rien ! La station est en construction depuis le mois de mai et comme vous le voyez, les populations sont entre espoir et désespoir. Ce n'est pas normal », tonne-t-il.

Du côté des jeunes, c'est le désespoir le plus absolu. Agé d'environ trente ans, un jeune homme assis à la devanture d'une maison, la tête baissée déclare : « Ne nous fatiguez plus avec des questions qui ne trouveront jamais de réponse. Les populations des Parcelles assainies sont désemparées. Bientôt le mois d'août et le réseau est toujours en réfection ».

Retard des travaux

D'ailleurs, ce ne sont pas que les habitants de l'Unité 14 qui s'inquiètent. Ngalla Diop de l'Unité 1 attend de voir la fin des travaux pour s'en convaincre. « Ils ont promis de finir les travaux en fin juillet, mais comme vous le voyez, ces ouvrages tardent à voir le jour. L'année dernière, les populations ont souffert à cause des eaux ».

Khady Fall, de l'Unité 4, déplore, elle aussi, le retard constaté dans les travaux. Selon elle, ce retard témoigne de l'incapacité des personnes en charge de la réhabilitation des stations. Habitant la même localité, Cheikh Mbaye salue le projet. Pour lui, l'espoir est permis avec cette station en voie de finition.

Pour voir l'état d'avancement des travaux engagés dans le cadre de la restructuration du réseau des Parcelles assainies, une équipe de l'Office national de l'assainissement du Sénégal (Onas) a effectué récemment une visite sur les différents sites. Selon Alioune Diop, chef du service Exploitation, « ce projet devait durer dix mois. Mais, des contraintes ont poussé l'Onas à demander une prolongation. Toutes ces stations en construction seront équipées d'ouvrages hydrauliques modernes ».

En réponse aux préoccupations des populations, Didier Hermand, conducteur des travaux de la Sade, soutient que le projet initial a été modifié sur directive de l'Onas et Sgi. « Ils ont remplacé la conduite d'amenée prévue en béton par une fonte », renseigne-t-il. Selon lui, la pose de ces équipements reste la condition sine qua non pour le fonctionnement des stations.

Rappelons que la Banque mondiale a financé ce projet à hauteur de 83%. Les 17% restants sont débloqués par l'Etat du Sénégal.

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