Finalement, on l'a appris de la bouche même du ministre de la Communication qui animait hier une conférence de presse à l'issue de la réunion de l'Exécutif Ouyahia. Le gouvernement a engagé une série de réflexions, depuis deux semaines déjà, sur la politique de privatisation, de partenariat, d'investissement et de transferts de capitaux.
En clair, les instructions du chef de l'Etat visant à recadrer la politique économique, n'émanent pas du jour où il a prononcé son discours devant les présidents d'APC. «Il n'y a aucune mesure qui a été prise pour le moment, précisera Abderrachid Boukerzaza. Il s'agit seulement d'ateliers de réflexion en vue d'apporter les correctifs nécessaires touchant la privatisation, le partenariat et l'investissement.
Car il est vrai que nous avons commis des erreurs en ce sens.» Le ministre de la Communication a expliqué que l'Algérie a traversé une situation complexe et dure. Une situation marquée par le terrorisme, l'insécurité et l'embargo international imposé à notre pays. «Nous supplions presque que les gens viennent investir, presque à n'importe quel prix.» Maintenant que les «choses rentrent progressivement dans l'ordre, il est logique qu'on
corrige les erreurs et les insuffisances», explique encore le ministre qui ajoutera que le président de la République a eu le courage de déclarer : «Nous nous sommes trompés.» Il s'agit donc pour ces trois ateliers mais aussi pour le Conseil des participations de l'Etat (CPE) et le Conseil national des investissements CNI) de faire des propositions allant dans le sens du recadrage de la politique économique du pays. Ainsi, le régime dérogatoire appliqué jusqu'ici pour le transfert de projets entre investisseurs sera supprimé. C'est l'Etat qui sera prioritaire dans la reprise.
Les conditions de transfert des capitaux seront également revues. On se souvient que le président de la République avait émis des critiques virulentes à l'égard des investisseurs qui rapatriaient leurs bénéfices alors que leurs projets n'avaient pas atteint l'objectif de la création d'emplois. D'autre part, le cahier des charges des investisseurs arabes sera revisité.
Le ministre de la Communication parlera d'une entreprise émiratie, refusant de citer son nom. Mais les journalistes présents avaient deviné qu'il s'agissait du groupe Emaar.
L'amalgame entre privatisation et partenariat sera levé. A la question de savoir si le gouvernement avait établi un bilan du processus de privatisation et de partenariat, Abderrachid Boukerzaza a indiqué que le Conseil national de la participation s'attelle en ce moment à l'élaborer. «Vous aurez toutes les informations, dans la transparence sur ce dossier», a-t-il lancé aux représentants des journaux.
Non sans informer que des conseils interministériels se tiendront à l'effet de passer en revue tout ce qui a trait à ces sujets, tout en restant dans le cadre de l'économie de marché que l'Algérie ne remettra pas en cause.
«Mais il s'agit aussi de préserver notre intérêt national et notre souveraineté.»

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