Jean-Denis Permal
31 Juillet 2008
Port Louis — Certaines familles ne peuvent même pas s'acheter du gaz. Dans certains secteurs, le salaire minimum est de Rs 2 968.
«Un salaire décent aux salariés des secteurs publics et privés.» C'est le slogan qui relance le débat sur le concept du minimum salarial. Rashid Imrith, vice-président de la Fédération syndicale du service civil demande que le gouvernement pense sérieusement à accorder un salaire minimal de Rs 16 500 aux employés. Il adressera une lettre, en ce sens, au ministère du Travail et des Relations industrielles pour inviter celui-ci à étudier la question. C'est le cheval de bataille qui sera aussi piloté par Reaz Chuttoo du Front Travayer Sekter et Fayzal Ally Beegun de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions.
D'après le dernier Household Budget Survey de 2002, les dépenses moyennes d'un chef de famille tourneraient autour de Rs 8 500 mensuellement. Selon les syndicalistes, il faudrait encore Rs 8 500 pour qu'une famille d'un ou deux enfants puisse vivre décemment.
Interrogé à propos du souhait des syndicalistes, un haut cadre du ministère a expliqué que le mécanisme qui détermine le salaire minimum d'un employé est «complexe». «Le salaire minimal préconisé par le Bureau international du travail doit tenir en ligne de compte plusieurs aspects dont la gratuité de l'éducation et des services de santé, le remboursement des congés de maladie et des congés annuels, l'octroi des allocations d'uniformes, etc »
En d'autres termes, précise le cadre de ce ministère, le gouvernement est en train de directement subventionner le salaire d'un employé. Ainsi, il faut tenir en ligne de compte la responsabilité sociale de chaque entreprise. Des facilités de loisirs, des cours de formation et de recyclage ainsi que des facilités sportives et récréatives sont très souvent organisées à l'intention des salariés. Un budget est voté par les entreprises à ce propos.
Le National Remuneration Board (NRB) a déjà établi une liste d'une trentaine de secteurs où un salaire minimal doit être appliqué. Le but est de permettre aux entreprises de créer de l'emploi, de rester compétitives sur le marché du travail et d'éviter de fermer leurs portes en raison d'un coût d'opération incontrôlable.
A ce jour, le NRB a préconisé le plus bas salaire pour les ouvrières de la zone franche (ZF) et les domestiques. Soit Rs 2 968 pour un ouvrier de la ZF et Rs 2 700 pour une bonne-à-tout-faire.
Cependant, le ministère du Travail et des Relations industrielles affirme que dans la pratique et après des négociations collectives, les employeurs accordent un salaire plus conséquent que celui recommandé par le NRB.
La Mauritius Employers Federation (MEF) ne croit pas dans ce concept. Elle est d'avis qu'un minimum vital varie d'un employé à un autre. «On ne peut pas lier le minimum vital au niveau de salaire, dit Azad Jeetun, directeur de la MEF. Il doit être lié à la productivité et la performance.» Il estime aussi qu'il ne doit pas avoir de lien direct entre le niveau de salaire et le minimum vital. «Ce n'est pas la consommation qui devrait déterminer le salaire d'un employé, c'est le niveau de salaire qui devrait déterminer la consommation.»
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