La Presse (Tunis)

Tunisie: Réforme politique - Un processus progressif et permanent

Mouldi M'barek

1 Août 2008


éditorial

RCD - Congrès du Défi

M. Béchir Tekkari, membre du Comité central du RCD et ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, et M. Zouheïr Mdhaffer, membre du Comité central du RCD et ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Fonction publique et du Développement administratif, ont animé hier, en marge des travaux du 5e congrès du RCD au Parc des expositions du Kram, une rencontre avec la presse sur «Le processus de réformes politiques dans la Tunisie du Changement».

Plusieurs journalistes tunisiens et étrangers ont assisté et participé à cette rencontre.

Dans son intervention, M. Zouheïr Mdhaffer a tenu à rappeler que «la réforme politique en Tunisie est loin de naître d'un vide : elle se ressource dans le référentiel politique du mouvement réformiste moderne, né au milieu du XIXe siècle».

C'est ainsi que le Pacte fondamental, une sorte de déclaration universelle des droits de l'Homme, fut proclamé en Tunisie le 9 septembre 1857. Notre pays est également le premier pays arabe à s'être doté en 1861 d'une Constitution écrite. La Tunisie a, par ailleurs, aboli en 1848 l'esclavage et le Journal Officiel de la République Tunisienne date de 1868.

«En 1938, les martyrs de notre parti manifestaient lors des événements des 8 et 9 avril pour revendiquer un Parlement libre».

«L'avènement du 7 novembre 1987 a sauvé le pays, réhabilité le régime républicain et la souveraineté populaire», a-t-il ajouté.

Pour M. Mdhaffer, la Tunisie du Changement aborde la réforme à travers une approche globale où les dimensions politique, économique et sociale sont complémentaires, interdépendantes et concomitantes.

L'autre spécificité de l'approche globale tunisienne est que la réforme est un processus progressif. «La réforme évolue en fonction de l'évolution de la société. C'est ainsi qu'il faut apprécier, à leur juste valeur, les amendements introduits au Conseil constitutionnel, au Code électoral, au processus démocratique et au dispositif des droits de l'Homme. La réforme politique est un processus permanent qui évolue quotidiennement».

Concernant l'amendement des articles 20 et 40 de la Constitution, M. Mdhaffer a souligné que ces nouvelles lois constitutionnelles consolident largement la participation des jeunes à la vie publique et accroît les chances de candidature à la prochaine élection présidentielle pour les partis de l'opposition. «En 2004, uniquement les partis représentés à la Chambre des Députés avaient le droit de présenter des candidats à la présidentielle. Grâce au nouvel amendement, les partis parlementaires ou non peuvent se présenter à la présidentielle de 2009. La nouvelle loi constitutionnelle balise la voie devant tous les partis de l'opposition qui peuvent désormais présenter leurs candidats à la présidentielle qui obéit, comme dans toutes les démocraties les plus évoluées, à certains critères».

Abordant la question des droits de l'Homme, M. Béchir Tekkari a souligné que cette question constitue depuis le Changement une constante politique.

C'est ainsi que la Tunisie a signé non seulement toutes les conventions internationales en matière de protection des droits de l'Homme mais aussi les protocoles préférentiels y afférents.

Le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme a notamment rappelé les amendements apportés au Code électoral et au Code de la presse pour promouvoir et consolider la liberté d'opinion et la participation de la jeunesse et de la femme dans la vie publique.

«La Tunisie fait confiance aux jeunes qui votent désormais à partir de l'âge de 18 ans. De même, le Président Ben Ali ne cesse de conforter et de consolider la place de la femme tunisienne qui disposera d'au moins 30% des sièges au sein des institutions représentatives républicaines. Le Code électoral consolide la démocratie et le pluralisme».

M. Béchir Tekkari a rappelé les efforts considérables que déploie quotidiennement la Tunisie, depuis l'ère nouvelle, pour diffuser et enraciner la culture des droits de l'Homme dans la société.

«Certes, la Tunisie est résolument et volontairement engagée à promouvoir et à consolider le respect des droits de l'Homme qui sont toujours une quête inachevée. Toutefois, il est regrettable que certains mouvements, faute de légitimité et de crédibilité, instrumentalisent cette noble cause».

M. Béchir Tekkari affirme qu'aucun individu n'est arrêté ou emprisonné en Tunisie pour ses activités politiques pacifiques. En Tunisie, Etat de droit et des institutions, la loi s'applique à tous, y compris pour les associations, soulignant qu'aucun pays au monde n'est à l'abri de quelques insuffisances résultant d'actes isolés.

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Evoquant la nouvelle loi constitutionnelle qui autorise, à titre exceptionnel pour la prochaine élection présidentielle, le premier responsable de chaque parti politique de pouvoir présenter sa candidature à condition qu'il soit élu à ce poste depuis deux ans, le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme a indiqué que cette clause vise à garantir une crédibilité au candidat à la présidentielle, d'autant plus que «tous les Etats refusent les candidatures folkloriques». L'élection présidentielle incarne toute une symbolique d'hommes d'Etat qui sont censés présider aux destinées de leurs pays. Il est, par conséquent, tout à fait logique que les Constitutions protègent cette élection contre les candidatures de nature peu sérieuses.

En conclusion, le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme a affirmé que la Constitution est l'expression de la volonté populaire, qui est le fondement du régime républicain.

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