Reynolds Quirin
4 Août 2008
Port Louis — Ces jeunes athlètes qui ont tout donné pour briller n'ont pu savourer leur succès comme il se doit, cachés dans l'ombre de dirigeants avides de gloire.
Maurice a réussi un beau parcours dans cette sixième édition des Jeux de la Commission Jeunesse et Sports de l'océan Indien (CJSOI). Des médailles à la pelle, des performances porteuses d'espoir pour la suite Malheureusement, chaque succès à sa part d'ombre. Une fois encore ce ne sont pas nos sportifs qui en sont à l'origine, mais bien nos dirigeants avides de succès, de gloire et de reconnaissance, s'abreuvant du succès des autres.
Nos jeunes sportifs n'ont, malheureusement, pas tous réussi à célébrer dignement leur succès juste après leurs victoires. Beaucoup de ces moments ont été gâchés par une euphorie mécanique des dirigeants du sport mauricien, qui n'ont, à aucun moment, accepté le fait que cette victoire, elle appartient avant tout à ces jeunes.
Ces jeunes se sont battus pour ces médailles, un dur labeur qui aujourd'hui porte ses fruits. La moindre des choses c'est de respecter ce moment particulier de nos athlètes. C'est un moment magique, unique, où chaque seconde compte. Où chaque instant restera, à jamais, gravé dans leurs petites têtes. Des souvenirs impérissables qu'ils partageront avec leurs amis ou leurs parents tout au long de leur vie.
C'est vraiment dommage que nos dirigeants viennent parasiter ce moment unique. Comme souvent ces dirigeants-là ne pensent qu'à eux-mêmes, ne pensent qu'à figurer sur les photos, histoires de montrer au monde qu'ils étaient là eux aussi. Mais est-ce là l'essence même de leur responsabilité ? C'est plutôt un geste égoïste et égocentrique qui n'épouse absolument pas la philosophie du sport.
Des émotions artificielles
Certaines images, exagérées, font honte. Voilà le drame. Au lieu de conserver des images de nos jeunes savourant un premier sacre, une première médaille, ce sont celles des dirigeants bavant devant une photo d'eux à côté de leurs pairs et des jeunes, hurlant comme si c'étaient eux qui étaient à la base de ce succès, parasitant notre mémoire.
Monopolisant ce moment qui n'est pas le leur. C'est un manque de respect total envers nos sportifs, car les émotions qu'ils manifestent, maladroitement d'ailleurs, sont artificielles, n'ont aucune sincérité. C'est du cinéma bas de gamme
Pour mieux vous expliquer ce qu'on a ressenti en voyant ce triste show, c'est comme si, lors de votre fête d'anniversaire, des gens s'invitent à souffler les bougies à votre place à votre grand étonnement Du coup, vous n'êtes plus acteur, mais un pauvre spectateur de votre propre fête. Impuissant devant le culot de ces usurpateurs d'un jour. C'est pathétique n'est-ce pas ? Voilà en gros ce qui s'est passé ici aux Seychelles, lors des victoires mauriciennes.
C'est trop tard, le mal est fait. Mais, j'espère que dans de prochaines échéances, ces jeunes auront la chance et surtout le bonheur de savourer leurs victoires comme il se doit, sans récupération politique cette fois.
Loin de moi l'idée de dire qu'il ne faut pas fêter la victoire de ses compatriotes, au contraire, mais il faut simplement savoir respecter le sacre de l'athlète et célébrer la victoire avec lui pas à sa place !
D'ailleurs, les gens qui ont véritablement accompagné ces jeunes, les parents, les entraîneurs, les amis, eux avaient compris et ont respecté ces moments qui appartiennent aux sportifs. Il y avait célébration, mais dans la dignité
Nos dirigeants devraient, une bonne fois pour toutes, comprendre une chose essentielle : il ne faut pas essayer de devenir un homme qui a du succès en s'accaparant celui des autres, mieux vaut montrer qu'on est un homme qui a le sens des valeurs pour gagner le respect.
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