La Presse (Tunis)

Tunisie: 14e Festival du film amateur de Kélibia (3-9 août)

Poursuivre sur la voie de la qualité- Compétitions, rencontres, débats et hommage à Youssef Chahine

La 14e édition du Festival national du film amateur de Kélibia s'est ouverte, dimanche 3 août, au théâtre de plein air peu confortable de la coquette ville balnéaire.

D'emblée, le Dr Férid Ben Rejeb, le maire de la ville, a souhaité la bienvenue à tous les jeunes participants, ainsi qu'aux invités de la manifestation, tout en soulignant «l'enjeu que représentent aujourd'hui le cinéma et l'audiovisuel et, par conséquent, la nécessité de relever le défi en assurant son développement et son évolution dans le pays».

M. Adel Abid, directeur de cette 14e session et président de la Ftca (Fédération tunisienne des cinéastes amateurs), a mis l'accent sur le défi relevé cette année à travers l'organisation en un mois et demi d'intervalle de deux manifestations de cinéma dont la première d'envergure internationale n'est autre que le 70e congrès de l'Unica (Union internationale du cinéma non professionnel) qui s'est déroulé du 28 juin au 6 juillet à Hammamet, et la seconde d'envergure nationale est la présente manifestation.

«Nous sommes d'autant plus satisfaits, a-t-il indiqué, que le succès et la bonne organisation de l'Unica 2008 ont favorisé le rayonnement de la Ftca, consolidant ainsi l'image de marque de notre association.

Notre souhait, notre tâche est donc de poursuivre sur notre lancée encore et toujours sur la voie de la qualité et du niveau atteints lors du 70e congrès de l'Unica; cela en offrant au public et aux cinéphiles un programme et des films de qualité». Qu'en est-il justement du programme de cette 14e session ?

Ainsi, dans la compétition nationale, 20 films sont en lice dont 13 de la Ftca et 7 du cinéma amateur indépendant. Concourent également 20 scénarios et une quarantaine de clichés dans la section «photographie».

La compétition des films d'école propose 17 films en tout réalisés dans diverses écoles de cinéma et d'audiovisuel à travers le pays, tels l'Isamm (7 films), l'Essted (5 films), l'Isban et l'audiovisuel-Manouba (2 films chacun), l'Isbas et l'EAD (un film chacun).

Enfin, la compétition des films d'une minute où concourent 18 films de la Ftca, des écoles et du cinéma indépendant.

Les jurys sont au nombre de deux. Le jury national présidé par l'acteur Lotfi Dziri est composé de quatre autres membres, dont Kahena Attia (monteuse), Kamel Sta Ali (ancien cinéaste amateur), Ali Abdallah (directeur photo).

Le jury école présidé par Kamel Ben Ouanès (critique) est composé de Habib Mestiri et Ibrahim Letaïef (cinéastes). Outre la compétition, six ateliers sont ouverts à une centaine de jeunes participants dont la majorité sont adhérents à la Ftca. Y participent également des étudiants d'écoles, des candidats indépendants et d'autres jeunes de la Ftcc (Fédération tunisienne des ciné-clubs).

Les ateliers proposés ont trait à plusieurs disciplines dont : «Le scénario», animé par Samy El Haj, «Le documentaire», par Sarra Laâbidi, «La photo», par Zakaria Chaïbi, «Les lumières et images», par Khemaïs Tebourbi et Radhouane Ergui, «Le film d'une minute», par Anis Guiga, et enfin «L'analyse filmique et le langage cinématographique», par Naceur Sardi.

D'autre part, une rencontre est prévue sur le thème «Le cinéma des jeunes entre pratique professionnelle et esprit amateur» animée par le critique Tahar Chikhaoui.

Interviendront : Jilani Saâdi, Ibrahim Letaïef (cinéastes), Adel Abid (universitaire et directeur du festival), outre les spécialistes présents, entre journalistes et critiques.

Enfin, un hommage sera rendu au regretté Youssef Chahine. Son court métrage sur le 11 septembre 2001 et Gare centrale, l'un de ses films les plus importants, seront projetés, sans compter une rencontre-débat autour de son oeuvre et de sa relation étroite avec le milieu cinématographique tunisien.

Rappelons que trois films ont assuré l'ouverture de ce 14e festival national du film amateur: Le poisson noyé de Malik Amara, un regard plein d'humour sur la mort dans une société arabo-musulmane.

Un mari et père insupportable dont la femme et la fille désirent la disparition finit par avaler de travers une arête de poisson. S'ensuivent des situations cocasses émaillées de références culturelles où les tabous sont malmenés.

Fort d'un casting approprié, Fethi Akerri (le père), Fatma Ben Saïdane (la mère) et Sondoss Belhassen (la fille), cet opus au récit original a remporté l'adhésion et la sympathie du public qui a beaucoup ri et applaudi. Fooska de Samy El Haj est aussi une réflexion intelligente mais sur la vérité, l'ambiguïté et le pouvoir. Dommage que le film pèche par sa longueur et quelques failles dans la structure du récit. Mais ce «polar» accrocheur incite à la réflexion et au débat.

Enfin, Allo ! de Madih Belaïd, auteur de l'attachant Promosport, sombre hélas dans les clichés (des jeunes filles en quête de riches partis utilisent un subterfuge pour chasser leurs proies) et les effets spéciaux des plus approximatifs. Drôle par moments, cet opus, par trop violent, se laisse voir sans plus. Mais maintenant place à la compétition.


Copyright © 2008 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment