La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Marché du bois - La SIFORCO, une mine d'or pour le Port de Matadi

8 Août 2008


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Kinshasa — La filière du bois représente à ce jour 80 % des exportations de la RD Congo par le port de Matadi. Chaque mois, plus de 32 000 tonnes de bois sortent du pays sur une moyenne de 40. 000 tonnes des produits à l'exportation. Et la Société industrielle et forestière du Congo, SIFORCO, a une part importante dans cette quotité.

Les responsables de l'Onatra reconnaissent son apport dans les recettes réalisés par l'entreprise tant à l'export qu'à l'import. « Nous n'avons jamais eu des problèmes avec la Siforco qui s'acquitte convenablement de ses obligations envers l'office », affirme Franck Mateta, le Directeur d'exploitation de l'Onatra/Matadi.

L'économie de la RD. Congo est en train de se refaire. Au nombre des défis à relever pour que le pays connaisse une croissance visible, on peut noter l'augmentation des exportations qui feront en sorte que le pays réponde au rendez-vous du donner et du recevoir. Tel n'est pas encore le cas aujourd'hui. Néanmoins, certains secteurs peuvent être considérés comme les piliers actuels de la relance économique du pays. Il y a une vingtaine d'années, ce sont les minerais qui pesaient lourd dans la balance des exportations de la RD Congo. A ce jour, c'est la filière bois qui occupe la première place. Franck MATETA, le Directeur d'exploitation de l'Office national des transports (Onatra) au Port international de Matadi confirme : « aucun bateau ne quitte nos installations sans une cargaison de bois, que ce soient les grumes ou du bois empoté dans les conteneurs. Sans cela, certains navires repartiraient presque vides ».

Un tour dans les entrailles du port avec l'équipe de l'Association des Communicateurs Écologistes (A.C.E):

Premier contact : des engins lourds placent et déplacent les conteneurs d'un coin à l'autre, les entreposant en piles de trois ou quatre. Des agents, badges ficelés au cou, macarons et uniformes de toutes sortes s'activent au sol, faisant le guide, montrant du doigt tel ou tel autre conteneur. Ici, ce sont les 20 pieds (la capacité d'un conteneur se mesure en pieds) et là ce sont ceux de 40.

Certains sont chargés de marchandises, d'autres ont des portes béantes. Dans la foulée, on reconnaît particulièrement les agents de la Siforco. Renseignements pris, ils récupèrent dans le cafouillis du TCM (Terminal Centenaires Matadi) les conteneurs de leur entreprise destinés à l'exportation. Il y a un bateau à quai. L'équipe de l'ACE ne comprend pas bien pourquoi ces conteneurs sont si éparpillés dans le parc. Pour quelles raisons ne sont-ils pas classés selon les besoins d'importation ou d'exportation.

Engorgement:

L'explication vient tout de suite : le port est engorgé. C'est à priori un terme technique. L'ACE veut en savoir plus. L'équipe des Communicateurs écologistes apprend alors qu'ici, au TCM du Port international de Matadi, les conteneurs sont classés pêle-mêle. La raison principale est que, sur un parc containers prévu pour 3 500 pièces sont logés à ce jour plus ou moins 5 000 conteneurs. Ce qui rend à la fois difficile le repérage des conteneurs à exporter, et ceux à dédouaner; en même temps cet engorgement diminue la vitesse de travail au niveau du chargement ou du déchargement des navires à quai, et donc cela augmente soit les frais de quai pour les armateurs ou exigent plus de matériels de manutention que l'Onatra ne peut couvrir entièrement.

Des solutions sont en train d'être trouvées, nous rassure-t-on au sein de l'office. « C'est la plus grande difficulté que nous connaissons ici », se plaignent les clients qui attendent de recevoir leurs conteneurs ou qui veulent les expédier. Et malgré cet état des choses, les responsables de la Siforco ont pris toutes les dispositions. Tous les conteneurs sont repérés et les agents Siforco connaissent leur emplacement. Ceux qui doivent être embarqués contiennent essentiellement des signes de l'Ofida, de l'armateur et de la Siforco.

De cette manière, où qu'ils soient, les conteneurs Siforco sont repérables en peu de temps et tout de suite identifiés. « Nous faisons tout cela pour faire gagner du temps aux armateurs et ainsi réduire les coups de manutention », explique Alexandre Malela, le représentant de la Siforco à Matadi. Et d'ajouter : « De toutes manières, les normes internationales nous recommandent d'opérer le marquage des marchandises. Sans cela, la marchandise ne pourra pas être embarquée ».

Par contre, lorsque la délégation de l'ACE se rend au parc à grumes de la Siforco, elle est surprise de l'organisation. Le parc à grumes est un espace accordé à l'entreprise au sein du port pour y stocker toutes les grumes venant de Kinshasa, avant leur exportation.

A notre arrivée, quelques 2500 tonnes de bois attendent d'être embarqués dans le prochain bateau. Les grumes sont classées selon les ports de destination et les preneurs, allant de plus petites commandes au plus grandes. Un engin Caterpillar est affecté au déchargement des grumes provenant de Maluku, à leur arrangement dans le parc et aux opérations d'embarquement dans les cales du bateau. Pour accélérer le travail et lors que le besoin l'exige, notamment lors que la cargaison à charger est grande, M. Malela fait venir les camions-remorque de la Cotraco, une entreprise partenaire, pour acheminer les grumes au pied du navire. Rassurez-vous, pour éviter tout risque de parasitage, le bois est traité (aspergé des produits qui le conservent).

Pour le responsable du parc à grumes, Swami Sasi, tout se passe bien. Les grumes embarquées dans les bateaux prennent plusieurs directions. Les principaux ports de destination sont Vianna (Portugal), Caen et La Palisse (France), Zhangjiagang (Chine), Casablanca (Maroc) et Anvers (Belgique), ce dernier port n'absorbant que quelques dizaines de grumes au courant de l'année.

Traçabilité complète:

Le parcours du bois produit par la Siforco est des plus transparents. Disposant d'une certification internationale, l'entreprise met tout en oeuvre pour assurer la traçabilité complète de ses produits. Le bois part des sites d'exploitation de Engengele, au nord de Bumba dans l'Equateur jusqu'à Kinshasa, à la base de Maluku. La société mobilise ses pousseurs pour convoyer le bois non flottant, et le bois flottant arrive en radeaux. Sur place à Maluku, le bois est réceptionné, trié et conduit au parc à grumes. Les plus aptes sont réservés à l'exportation directe alors que d'autres grumes doivent passer par la scierie pour être transformées en débités avant l'exportation.

Les grumes destinées à l'exportation directe prennent la route de Matadi, grâce à un important charroi mis à disposition par la Cotraco. Le bois qui passe par la scierie atterrit au parc export. Une partie de ce bois est empotée en AD, c'est-à-dire sans passer par l'opération de séchage, alors qu'une autre partie passe par le séchoir d'où il sort près de 4 semaines plus tard pour être préparé à l'exportation. C'est du débité KD. A chacune de ses étapes, la Siforco s'est dotée d'un appareillage technologique dernier cri pour réaliser ces opérations en toute transparence et en toute sécurité.

Avant le départ du bois à Matadi, qu'il soit en conventionnel (à découvert comme les grumes) ou empoté dans des conteneurs, une équipe de l'Office congolais de contrôle (OCC) se charge de vérifier la conformité du bois aux normes internationales. Ce contrôle permet à la Siforco d'obtenir la licence d'exportation, document sans lequel le bois ne pourra quitter la RD Congo. La licence est délivrée par une banque qui vérifie que tout a été respecté dans le processus de production du bois. Cette licence sera de nouveau contrôlée par les services compétents au port de Matadi avant l'embarquement. Selon Cyrille Lomange, chef de service d'exportation adjoint, ce sont ainsi plus de 3000 m3 de bois qui quittent Kinshasa chaque mois à destination de Matadi.

Sur place dans la ville portuaire, la Siforco a confié le reste des opérations administratives à un transitaire officiel. C'est la société Comexas-Afrique. John Mputu, Directeur d'exploitation Import et Export à Comexas-Afrique nous explique que son travail consiste à faire le pont entre les services publics (Onatra, OCC, Ofida, Ogefrem) et la Siforco, son client pour qui il obtient tous les documents autorisés avant l'exportation, en même temps qu'il négocie la réservation auprès des armateurs. Ces étapes franchies, le bois peut être embarqué en toute quiétude à destination de nombreux clients éparpillés à travers le monde.

Tant à Matadi, à Maluku qu'à Engengele, la plupart des employés de la Siforco sont Congolais dont 80 % immatriculés. Sans compter les oeuvres sociales que réalise l'entreprise dans le cadre de son contrat social en faveur des populations vivant dans les zones d'exploitation. A ce titre, sans nul doute, la Siforco apporte sa contribution à l'oeuvre de la reconstruction nationale.

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