Pierre Emangongo et Bienvenu Ipan Mokuba
9 Août 2008
Kinshasa — Les partisans du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir) en Afrique du Sud, menacent de rendre le pays ingouvernable en cas de condamnation de leur héros, Jacob Zuma. Pour preuve, ils ont porté de nouveau leur tenue de combat de l'époque d'apartheid et ont des démonstrations très spectaculaires d'entraînements commando.
Le gouvernement sud-africain se dit particulièrement préoccupé par les menaces des partisans du président du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir), qui affirment qu'ils rendront le pays ingouvernable si Jacob Zuma était condamné, rapporte BBC Afrique. Ces menaces ont été réitérées en début de semaine quand monsieur Zuma qui est accusé d'avoir touché des pots-de-vin dans un marché d'armement a comparu devant un tribunal de son pays.
Les supporters du président de l'ANC accusent la justice de harceler judiciairement leur héros dans le but de faire plaisir au président sud africain Thabo Mbeki.
«Nous sommes extrêmement préoccupés par les nombreuses déclarations faites particulièrement contre le système judiciaire, et qui suggèrent que notre appareil judiciaire n'est pas indépendant», a déclaré, jeudi, Themba Maseko, le porte-parole du gouvernement.
Lundi et mardi, à l'occasion de la comparution de Jacob Zuma devant un tribunal de son pays, ses partisans ont une fois de plus démontré leur détermination à le porter à la présidence de la république.
TENSIONS
Et pour se préparer à cette tension, des membres de l'ancienne branche armée de l'ANC ont remis leur tenue de combat de l'époque d'apartheid et fait des démonstrations très spectaculaires d'entraînements commando. Ils ont aussi entonné des champs guerriers de l'époque où ils combattaient militairement le régime raciste.
Mais comme si cela ne suffisait pas, pour en ajouter à la tension, le secrétaire général du Congrès national africain a qualifié les juges sud-africains de «contre-révolutionnaires», un terme qui désignait sous l'apartheid, les ennemis de la démocratie c'est-à-dire ceux qui soutenaient le régime ségrégationniste. La fracture entre l'ANC au pouvoir et le gouvernement est flagrante et à plusieurs reprises des hauts responsables du parti ont publiquement appelé à des élections anticipées qui verraient Thabo Mbeki partir plus tôt que l'année prochaine.
Rappelons que les relations entre le président Mbeki et Jacob Zuma se sont gâtées en 2005, quand le président Mbeki l'a limogé de la vice-présidence de la république.
Selon la justice sud-africaine, le nom de monsieur Zuma venait alors d'être cité dans le procès de son conseiller financier, condamné à 15 ans de prison pour avoir sollicité de l'argent de la compagnie française d'armement Thalès, pour lui-même et pour Jacob Zuma. Les rapports entre Thabo Mbeki et Zuma se sont détériorés un peu plus en décembre dernier quand ils se sont affrontés pour la présidence de l'ANC, dans un duel fratricide finalement remporté par Jacob Zuma.
Tout compte fait, la justice sud-africaine est appelée à être impartiale car l'avenir de l'Afrique du sud en dépend.
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