9 Août 2008
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Kinshasa — Les Editions Hemar, en partenariat avec la Délégation Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, le groupe K & Partners SA de Lisbonne et la revue Géopolitique Africaine, ont organisé, conformément à leurs objectifs, les premières « Rencontres des écrivains du fleuve Congo » sur le thème « Construire un espace commun par la pensée et l'écriture ».
Ces Rencontres se sont déroulées le vendredi 4 juillet 2008, de 10 h à 14 h, à l'hôtel Olympic Palace de Brazzaville. Cette manifestation a été précédée de l'arrivée, la veille, dans l'après-midi à Brazzaville, des écrivains invités de Kinshasa. Ceux-ci ont visité les bureaux des Editions Hemar et participé, dans la soirée, à une réunion de prise de contact et de concertation à la faveur du dîner offert par le Directeur général, le Professeur Mukala Kadima-Nzuji, au restaurant « Chez Isidore » à Moungali, en présence du Directeur de la revue Géopolitique Africaine, le ministre Charles Zacharie Bowao.
Ont pris part aux travaux des premières « Rencontres des écrivains du fleuve Congo », coordonnés par le Directeur Général des Editions Hemar et conduits par M. Bienvenu Boudimbou, journaliste et spécialiste en communication, les écrivains dont les prénoms et noms suivent : Hygin Didace Amboulou (Pointe-Noire), Charles Zacharie Bowao (Brazzaville), Jean Dello (Brazzaville), Henri Djombo (Brazzaville), Émile Gankama (Brazzaville), André Lukusa Menda (Kinshasa), Philippe Masegabio Nzanzu (Kinshasa), Alphonse Mbuyamba Kankolongo (Kinshasa), Benoît Moundélé-Ngollo (Brazzaville), Marie-Louise Bibish Mumbu (Kinshasa), Marie-Jeanne Tshilolo Kabika (Kinshasa), Lye Mudaba Yoka (Kinshasa).
Ces premières « Rencontres des écrivains du fleuve Congo » avaient pour but de réunir une douzaine d'auteurs de deux Congo, tous genres confondus, et de leur donner l'occasion de discuter ensemble sur les grandes questions relatives à leur travail, à leurs conditions et à leur place dans les sociétés en construction.
La question essentielle était de savoir de quelle manière, à quelles conditions et selon quelles modalités les écrivains de deux Congo entendaient consolider ce qu'ils ont en commun et par ce biais participer au renforcement du pont culturel qu'à l'aide de leurs oeuvres les artistes musiciens ont depuis longtemps, dans un élan fusionnel, jeté sur le fleuve Congo. Trois moments forts ont marqué les premières « Rencontres des écrivains du fleuve Congo ».
SEANCE D'OUVERTURE
Une allocution de bienvenue aux participants a été prononcée par le Directeur général des Editions Hemar, qui a, par ailleurs, évoqué les raisons et les objectifs de la tenue des premières « Rencontres des écrivains du fleuve Congo » et exprimé sa profonde gratitude à ses partenaires pour leur soutien multiforme. L'allocution du Directeur général des Editions Hemar a été suivie d'une communication introductive lue par M. Lye Mudaba Yoka, Professeur à l'Institut National des Arts (INA) de Kinshasa et écrivain.
Cette communication a retracé, dates à l'appui, l'historique des rencontres des populations des deux Congo à travers la musique, les arts plastiques, le théâtre, etc. ; et ce depuis les temps les plus reculés. Sans occulter les échanges informels autour d'émissions télévisées, ou institutionnels à travers des associations d'écrivains, qui ont toujours caractérisé les milieux littéraires de Kinshasa et de Brazzaville, elle a salué l'initiative des Editions Hemar. Désormais, a-t-elle souligné, les écrivains des rives du fleuve Congo disposent d'un espace approprié de discussion et d'échange d'informations et d'expériences.
La séance d'ouverture s'est déroulée en présence du ministre de la Culture et des Arts de la République du Congo, M. Jean-Claude Gakosso. Elle s'est achevée sur une note musicale, oeuvre de l'artiste congolaise Claudia Mokoko Guikochi avec son groupe Pyranien Suprême, qui a rappelé judicieusement l'esprit, le thème central et les sous-thèmes des premières « Rencontres des écrivains du fleuve Congo » et invité les professionnels de l'écriture, présents et absents, à participer sans trop tarder à la construction d'un véritable pont culturel sur le fleuve Congo.
INTERVENTIONS ET DEBATS
Les interventions et les débats se sont déroulés autour de deux principales questions : a) Ecrire au Congo aujourd'hui a-t-il un sens ? b) Quelles peuvent être les conditions et les modalités à envisager pour que la pensée et l'écriture soient, à l'instar de la chanson, un facteur réel de rapprochement des peuples des deux Congo ?
Les écrivains invités ont eu cinq minutes pour répondre à chacune des questions. Des réponses à la première question se sont dégagées quelques idées forces : Ecrire est un besoin, une nécessité ; c'est une façon de vivre ; c'est traquer l'universel ; c'est jouer la carte de l'espérance ; c'est laisser des traces ; c'est résister ; c'est porter la charge de la vérité à temps et à contretemps ; c'est refuser de mourir ; c'est rendre hommage à la beauté.
Les réponses à la seconde question ont tourné autour de la nécessité d'affirmer la solidarité entre les écrivains de deux Congo ; de renouveler l'expérience des « Rencontres des écrivains du fleuve Congo » ; de promouvoir la politique de coédition aux fins d'amoindrir le coût de fabrication du livre et d'en assurer ainsi une meilleure diffusion ; de faire connaître les auteurs congolais dans les deux pays, par le truchement des médias et de l'école.
Les interventions des écrivains invités ont été suivies de débats. Prenant la parole le premier, M. Léopold Pindy Mamonsono, au nom du ministre de la Culture et des Arts, dont il est le Conseiller, a salué l'initiative des Editions Hemar et souhaité que les « Rencontres des écrivains du fleuve Congo » s'ouvrent à tous les auteurs et à toutes les structures éditoriales de deux Congo.
Le professeur André-Patient Bokiba, critique littéraire, a montré que dans le cadre de la coopération universitaire, les échanges entre Kinshasa et Brazzaville existent depuis longtemps. M. Camille Bongou, Président d'honneur de la Société Congolaise de Philosophie (Sophia), a félicité les Editions Hemar pour leur initiative et révélé que les philosophes des rives du fleuve Congo se préparaient à organiser des rencontres similaires. Monsieur Jean-François Obembé, écrivain, s'est appesanti sur l'oeuvre du Général Benoît Moundélé-Ngollo pour en souligner l'intérêt et l'originalité.
A l'issue des travaux, une Déclaration des écrivains a été lue le 4 juillet par M. Emile Gankama, journaliste et essayiste. En voici le texte : « Nous, Hygin Didace Amboulou (Congo), Charles Zacharie Bowao (Congo), Jean Dello (Congo), Henri Djombo (Congo), Émile Gankama (Congo), Benoît Moundélé-Ngollo (Congo), Mukala Kadima-Nzuji (RD Congo), André Lukusa Menda (RD Congo), Philippe Masegabio Nzanzu (RD Congo), Alphonse Mbuyamba Kankolongo (RD Congo), Marie-Louise Bibish Mumbu (RD Congo), Marie-Jeanne Tshilolo Kabika (RD Congo) et Lye Mudaba Yoka (RD Congo), ayant participé aux premières « Rencontres des Écrivains du fleuve Congo », à Brazzaville, le 4 juillet 2008, remercions et félicitons les Éditions Hemar d'en avoir eu l'initiative et d'avoir réussi, avec le soutien de leurs partenaires - la Délégation Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, le groupe K & Partners SA de Lisbonne et la revue Géopolitique Africaine de Brazzaville -, à rendre possible la tenue de présentes assises autour du thème « Construire un espace commun par la Pensée et l'Écriture ».
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