Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Jacques Fame Ndongo - « L'ENS de Maroua ouvre ses portes en octobre 2008 »

BADJANG Ba NKEN

11 Août 2008


interview

Jacques Fame Ndongo, ministre de l'Enseignement supérieur, explique.

Monsieur le ministre, comment la communauté universitaire nationale a-t-elle accueilli la création de l'Université de Maroua ?

La communauté universitaire camerounaise est particulièrement heureuse d'apprendre la nouvelle de la création de l'Université de Maroua qui comprend l'Ecole normale supérieure, l'Institut supérieur du Sahel et les facultés. Grâce aux trois décrets signés samedi, le président de la République, S.E. Paul Biya, réalise la promesse qu'il avait faite en 1997 et en 2004 (à Maroua et devant les députés, à l'Assemblée Nationale) et qu'il a réitérée le 10 février 2007 et le 10 février 2008 lors de ses messages à la jeunesse. Il optimise et maximise l'offre académique qu'il avait déjà substantiellement densifiée le 19 janvier 1993 en créant six universités d'Etat (Buéa, Douala, Dschang, Ngaoundéré, Yaoundé1, Yaoundé 2) et en ouvrant l'enseignement supérieur, au secteur privé par la loi d'orientation de l'enseignement supérieur promulguée le 16 avril 2001.

En quoi l'Ecole normale supérieure de Maroua sera-t-elle différente de celle de Yaoundé ?

L'Ecole normale supérieure de Maroua formera non seulement des professeurs du premier cycle de l'enseignement secondaire, mais aussi ceux du 2è cycle. Qui plus est, elle a vocation à former pour le Doctorat/PHD. L'ENS de Maroua est ainsi créditée d'une plus-value académique par rapport à celle de Yaoundé, cette dernière se limitant (pour le moment) aux 1er et 2e niveaux (professeurs du 1er cycle et professeur du 2è cycle). Mais, elle est appelée à évoluer très rapidement vers l'habilitation académique à former des titulaires du Doctorat/ PHD en sciences de l'éducation et didactique des disciplines.

L'Institut du Sahel est l'un des établissements de l'Université de Maroua. Dans quelles filières va-t-il former ?

L'Institut supérieur du Sahel est un établissement d'enseignement supérieur technique et professionnel qui formera des spécialistes (niveaux licence et niveau master 2 voire doctorat/PHD) aux métiers compatibles avec le Sahel (énergie solaire, énergie hydro-électrique, énergie éolienne, industries halieutiques et animales, climatologie, tannerie et peausserie, tourisme, environnement, industrie du lait, transformation des produits agricoles, fauniques, miniers etc du Sahel). Comme vous le voyez, il s'agit d'un établissement multifonctionnel, professionnel, adapté à l'écosystème du Sahel. Il permet à l'Université de Maroua de jouer un rôle leader dans la sous-région concernée par cette zone éco-climatique, afin de l'arrimer aux impératifs liés à l'enployabilité des diplômés de l'institut et à l'appui au développement économique et social de la sous-région par les étudiants et les enseignants, en relation avec les instituts de recherche nationaux, africains et internationaux.

Quand l'Université de Maroua deviendra-t-elle fonctionnelle ?

Nous allons organiser, toutes affaires cessantes, le concours d'entrée à l'ENS de Maroua pour les 1er et 2e niveaux en vue du démarrage des cours, dès octobre 2008. les treize départements créés par le décret du chef de l'Etat seront ouverts cette année et toutes les formations créées seront opérationnalisées dès octobre 2008 : professeurs du 1er cycle, professeurs des ENI, professeurs du 2e cycle, conseillers d'orientation.

Disposez-vous déjà des structures pour l'accueil des premiers étudiants ?

Le président de la cellule opérationnelle de suivi des travaux de l'ENS de Maroua le Pr. Jean-Jacques Marie Essono et le coordonnateur technique (le Dr Haman Diallo) ont identifié, en liaison avec le gouverneur de la province de l'Extrême-Nord, le préfet du Diamaré, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine et les différents délégués provinciaux concernés, quatre sites pouvant abriter provisoirement l'ENS de Maroua : le lycée classique de Maroua (amphithéâtre de 700 places), l'ENIEG (amphi de 300 places, 2 salles de classe de 50 places chacune), le centre vétérinaire et zootechnique de Maroua (3 salles de classe de 100 places chacune ; et s'il n'y a pas de concours dans ce centre, cette année, 800 places), ETA-CRA de Maroua (amphithéâtre de 300 places). Nous avons aussi l'antenne de l'Université de Dschang (des bureaux et une salle de cours de 200 places divisible en deux, trois ou quatre salles modulables). Enfin, pour abriter le Rectorat et tous les services centraux ainsi que les établissements, nous allons louer un immeuble de quatre niveaux.

Avez-vous une réserve d'enseignants pour faire démarrer l'Université de Maroua ?

Depuis 2005, toutes les études de faisabilité programmatique et stratégique ont été menées tant à l'interne (Minesup) qu'à l'externe (cabinet d'études crédibles et solvables). Tous les scénarii ont été élaborés : enseignants permanents, vacataires, missionnaires, associés ; programmes académiques ; centre multimédias ; départements et filières à créer (nous avons pensé à l'arabe, au chinois, au portugais, à l'italien, à l'informatique, aux TIC etc ), dans la perspective du LMD. Toutes les études sont disponibles et ne demandent qu'à être appliquées dans l'immédiat.

Les fonds pour le lancement de l'Ecole normale supérieure de Maroua sont-ils disponibles ?

Le ministère des Finances a réservé une somme de 120 millions de FCFA (subvention directe) pour l'ENS de Maroua au titre de l'exercice 2008. Cette dotation nous permettra de procéder à la location d'un immeuble de quatre niveaux, à l'achat des équipements et du mobilier, à la réfection des bâtiments cédés par d'autres ministères, au paiement des enseignants permanents, vacataires et missionnaires d'octobre à fin décembre 2008, au fonctionnement etc Des sommes additionnelles sont aussi envisagées. Parallèlement à ces solutions palliatives, le programme d'appui à la composante technologique et professionnelle de l'enseignement supérieur (PRO-ACTP) financé sur fonds IADM (Initiative d'allègement de la dette multilatérale) à hauteur de 31.450.000.000 F sur cinq ans (2007-2012) et le BIP/MINESUP 2008 permettant de financer la construction de l'Université de Maroua sur le site Kodek-Djoulgouf-Kongola déjà identifié et déclaré d'utilité publique par le MINDAF pour une superficie de 645 hectares. Les travaux de terrassement ont commencé le 2 mai 2008, ainsi que la réalisation des voies d'accès. Les fonds de dédommagement des autochtones sont disponibles. Les travaux géotechniques sont en cours et devraient être livrés avant la fin du mois, tout comme les plans architecturaux et le plan de masse. La pose de la première pierre pourrait avoir lieu fin septembre 2008, si la haute et la très Haute Hiérarchies en ont convenance.

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