Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Snec, la mort en douce

Disparue de la réalité depuis le 2 mai 2008, la Snec est définitivement morte.

«C'est un double sentiment de soulagement et de satisfaction ». Ainsi s'exprimait Basile Atangana Kouna, administrateur provisoire de la Snec fraîchement dissoute. Se satisfaire de la dissolution d'une entreprise ? Pas vraiment. Plutôt de la fin heureuse de sa mission. Et, accessoirement, des félicitations qu'il récolte au moment où l'assemblée générale de cette société arrête les comptes et prononce sa dissolution.

Le 2 mai 2008, dans une salle de réunion trop étroite pour la circonstance, le ministre de l'Energie et de l'Eau, Jean Bernard Sindeu, assisté de son collègue du Travail et de la Sécurité sociale, Robert Nkili, signait les documents qui consacraient l'entrée en service de la Camerounaise des eaux (CDE). Un acte qui bouclait le long processus de privatisation de la Snec (société nationale des eaux du Cameroun). Pour autant, il restait à solder les comptes de l'entreprise. C'est ce qui s'est fait le 31 juillet dernier.

L'assemblée générale des actionnaires s'est donc réunie pour mettre les formes, selon les exigences de la loi. Car, la privatisation de la Snec ne réglait pas tous les problèmes. Dans ce mécanisme complexe de privatisation sous forme d'affermage, il a fallu limiter le champ de la concession entre a société de patrimoine (Camwater) et le fermier (CDE).

Mais la Snec continuait à avoir une existence légale bien qu'elle ait disparue. D'où la nécessité d'arrêter les comptes de la société. Et surtout de les approuver. Avant donc de prendre la décision formelle de dissoudre la société.

Dès lors, la mission de l'administrateur provisoire, Basile Atangana Kouna, est définitivement terminée elle aussi. En mai 2002, lorsque celui-ci est nommé par e président Biya, sa mission est double. D'un côté, assurer la continuité du service public de l'eau au Cameroun alors que la Snec battait de l'aile. D'un autre côté, oeuvrer à la privatisation de la société. L'administrateur provisoire prenait donc ses fonctions dans un contexte difficile. La production et la distribution de l'eau ne couvraient pas la moitié de la demande d'alors. Pire, le personnel était quasiment démobilisé du fait du flou qui entourait le processus de privatisation.

Il a donc fallu travailler dur pour remonter la pente, améliorer l'outil de production et le réseau de distribution. Pour illustration, Douala, capitale économique qui abrite plus de deux millions d'habitants, est passée d'une production de 65 000 m3 en 2002 à 115 000m3 en 2008. Certes, on est encore très loin du compte pour satisfaire une demande qui se situe à 300 000 m3. Mais le chemin pris semble le bon.

D'où la satisfaction de Basile Atangana Kouna qui, au-delà du devoir accompli ci-dessus, a encore bénéficié de la confiance du chef de l'Etat. Le président Paul Biya lui a en effet confié la direction de la société de patrimoine Camwater. A charge pour lui à la tête de cette société de traduire les ambitions gouvernementales. Et de doter le pays des infrastructures de production et de distribution d'eau nécessaires.


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