Le secteur de l'agriculture et de la pêche fait travailler de façon directe ou indirecte des milliers de personnes dont une grande partie fait face aux risques d'accidents de travail.
En effet, ces travailleurs ne disposent pas parfois des moyens de protection susceptibles de les mettre à l'abri des accidents. La sensibilisation demeure encore nécessaire pour informer et inciter aussi bien les agriculteurs que les pêcheurs d'adhérer à l'effort national en matière de sécurité au travail et permettre, par conséquent, d'améliorer le rendement des travailleurs et augmenter la production.
Le dernier numéro du trimestriel «Santé et sécurité au travail», édité par l'Institut de santé et de sécurité au travail (Isst), rapporte les actes du colloque national sur «La promotion de la santé et de la sécurité au travail dans le secteur de l'agriculture et de la pêche» et fournit d'importantes données sur l'état des lieux dans ce secteur. Celui-ci contribue avec 11,8% dans le PNB (produit national brut), selon les statistiques de l'agence de promotion des investissements agricoles de 2007.
Main-d'oeuvre à majorité saisonnière
Le développement important du réseau routier, la mécanisation des travaux agricoles, l'utilisation des produits chimiques, y compris les pesticides et les engrais, caractérisent le secteur agricole. Les travailleurs sont, cependant, exposés aux risques chimiques, biologiques et physiques.
Même si le secteur a fait l'objet d'une mise à niveau, du chemin reste à faire en matière de sécurité au travail, d'autant plus que le secteur se distingue par une prédominance des exploitations agricoles familiales avec une proportion de 98%. De plus, la main d'oeuvre est à majorité saisonnière, peu qualifiée mais dispersée géographiquement. D'où la difficulté de surveillance médicale des travailleurs.
Aussi, le secteur compte pas moins de 516.000 exploitations couvrant une superficie utile de 5,3 millions d'hectares selon les chiffres de la direction générale des études et du développement agricole, relevant du ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques.
L'année dernière, environ 44.200 accidents de travail ont été enregistrés, dont 928 dans les activités agricoles et 225 dans celles de la pêche. C'est surtout dans les cultures que les accidents sont les plus nombreux avec un taux de 78% suivi des activités diverses (10%), de la production animale (9%) et des activités forestières (3%).
Des journées de travail sont perdues suite aux accidents dont certains sont mortels. Les risques estimés potentiels dans le secteur de l'agriculture sont, entre autres, d'origine chimique. Mais des chutes de hauteur ou de machines sont également à l'origine des accidents.
Les médecins de travail ont constaté aussi que le froid ou la chaleur extrêmes sur terre ou en mer, ainsi que le bruit des machines peuvent avoir des effets négatifs sur la santé des travailleurs. Les accidents d'origine électrique et mécanique, les incendies, les noyades et les efforts excessifs ont été par ailleurs enregistrés au cours des dernières années.
Pour un programme national de prévention
Les maladies professionnelles, par exemple, déclarées de 2005 à 2007, sont au nombre de quinze dont cinq cas concernent la surdité professionnelle, trois cas les mycoses cutanées, deux cas d'origine respiratoire, un cas de dermatose et un autre dû aux pesticides
Pour prendre le cas des pesticides, notre pays utilise en moyenne 3.500 t par an, ainsi que 129 environ de matières actives pour le traitement de soixante types de cultures et combattre 90 parasites ou maladies. Non protégés, les travailleurs sont intoxiqués systématiquement par les pesticides.
Pourtant, les entreprises agricoles sont soumises à la même organisation que les entreprises industrielles et commerciales, en matière de santé et de sécurité au travail, et ce, depuis la révision du code du travail. Un cadre législatif et réglementaire développé a été mis en place.
La couverture de la médecine du travail reste néanmoins faible, surtout que les 98% des exploitations familiales ne sont pas soumis à une obligation d'intégrer cette médecine. La fonction de sécurité au travail est presque inexistante. Il est nécessaire donc d'élaborer et de mettre en oeuvre une stratégie claire en la matière pour définir les objectifs quantifiables en précisant les moyens humains et matériels ciblés.
Un programme national de prévention peut être utile en impliquant toutes les parties concernées, dont l'inspection du travail, l'inspection médicale et la sécurité au travail, la Cnam, l'ISST, les structures universitaires

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