Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Apres St. Louis la semaine derniere - Xalam II ranime la flamme et met le feu à Dakar

Après Saint louis, Dakar a vécu le week-end dernier au rythme du groupe Xalam 2. Absent de la scène musicale depuis plus de vingt-ans, le groupe a réussi son come-back au Sénégal. Ibrahim koundoul, Souleymane Faye, Cheikh Tidiane Tall, Pape Moussa Babou, Henry Guillabert, Jean phillipe Rykiel et abdoulaye Zon ont présenté, devant les nostalgiques et la jeune génération, un menu musical toujours d'actualité. Des retrouvailles « magiques », selon l'un des initiateurs, cheikh Tidiane Tall, qui répond ici aux questions de la Rédaction de Sud quotidien.

Comment se sont passées les retrouvailles tant souhaitées du groupe xalam ?

Il y avait une émotion forte que l'on ne peut pas expliquer. c'était magique. Si on s'est retrouvé c'est grâce à Henry qui nous a ainsi suggéré de faire notre première sortie à Saint Louis. Nous nous sommes retirés pendant une semaine ensemble pour remettre les choses en place. Et comme si on n'était à Paris, à la maison, durant une semaine et quatre jours, nous nous sommes enfermés pour répéter. On ne sortait pas de toute la journée et le soir et le soir on allait manger, donc on n'a pas eu le temps de visiter la ville de St. Louis.

On imagine que l'ombre de Prosper a plané durant ce séjour St. Louisien ?

Prosper, il est toujours là. Et je peux vous dire que là ou il est, il est heureux et comme on le dit en wolof « talina fi mou teud ». J'en voudrais pour preuve le batteur que le bon Dieu nous a donné, un bourkinabé qui se nomme Abdoulaye Zon. Aussi, le Xalam, c'est une institution qui demeurera.

Justement, la prestation du groupe à St. Louis et à Dakar est-ce un nouveau départ, où est-ce purement nostalgique ?

C'est un nouveau départ. On s'est retrouvé pour de bon. On prie dieu, et on demande aux Sénégalais de prier aussi pour nous pour que cela demeure.

Le Xalam, idéologie ou une philosophie ?

Le Xalam c'est une philosophie, mais on a une idéologie. Vous savez pour faire un bon musicien, il faut savoir faire de la variété et Xalam sait en faire. Dans les années 70, on faisait moitié musique africaine et moitié musique mondiale, ce qui nous a permis d'avoir cette expérience et cette technicité. La preuve, lorsqu'on jouait, à l'époque, on était catalogué, si je puis m'exprimer ainsi, certains même pensaient que l'on jouait du jazz alors que c'est de la musique Africaine très moderne et très élaborée. Ã- l'époque, on s'est inspiré des Américains. C'était dur, mais aujourd'hui les radios et les télévisions utilisent notre musique comme des génériques, cela suppose que quand tu écoutes Ndiguel ou Dolé tu sais que c'était fait hier. Le Mbalax qui se fait aujourd'hui au Sénégal est une musique bien trouvée, mais cela ne suffit pas. Il faut que les jeunes pensent à bien réfléchir, retravailler et bien élaborer les harmonies. Mais aussi côtoyer les musiciens qui ont de l'expérience.

Justement aujourd'hui sur le marché Sénégalais, il y a une tyrannie du Mbalax est ce que vous allez y retrouver votre place ?

Au départ lorsque nous nous sommes retirés pour mettre en place ce concept qui est typiquement Africain et joué par des Sénégalais, le Xalam sortait du lot, et tout le monde le sait. Aujourd'hui, on a joué au Quai des arts à Saint louis et au just for you à Dakar, mais je peux vous dire que l'on a un public spécial. D'ailleurs on a voulu faire ces concerts de proximités pour des retrouvailles avec nos amis et cette nouvelle génération qui a la chance de voir le xalam 2. Alors, oui, je pense que nous retrouverons absolument notre place et peut-être même en inspirer d'autres.

On peut donc s'attendre à de nouvelles compositions pour vous repositionner sur le marché Sénégalais ?

Mais Xalam a toujours fait cela. D'ailleurs la grande pause que nous avons observée nous a permis, à chacun des membres du groupe, d'acquérir une expérience personnelle. Xalam est composé de leaders et c'est un orchestre panafricain et l'on est tenu de pousser la machine en avant. On est conscient de cela et parmi les perspectives et les projets, il est évident que l'on va présenter un album qui sera un standard. Pour le moment, on s'est retrouvé pour nous faire plaisir et faire plaisir aux Sénégalais et en même temps redémarrer la machine et essayer de tourner une bonne année. On a beaucoup de projets et on va recentrer les choses, réfléchir sur les perspectives.

Qui sont ?...

Pour les perspectives et les projets, on promet de faire des concerts populaires. Pour l'heure, on prépare les quarante ans du Xalam pour l'année prochaine et ce sera un moment où tout ce que nous avons comme projets sera développé.


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