Azo Vauguy
19 Août 2008
Les festivités se rapportant à la célébration du 10ème anniversaire du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (RIARC) ont commencé hier au Palais de la culture de Treichville, en présence du chef de l'Etat, Laurent Gbagbo. Ce sont au total une trentaine de pays africains, européens et américains, environ 150 délégués et journalistes venus de divers horizons, qui participent à ce rendez-vous d'Abidjan. Cette rencontre est soutenue par un colloque international qui se tiendra du 20 au 21 août à la Fondation Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro sur le thème : "Régulation, démocratie et bonne gouvernance".
S'adressant particulièrement aux journalistes et aux hommes politiques à la cérémonie d'ouverture de ce 10ème anniversaire du RIARC, le président de la République, Laurent Gbagbo, a relevé que les pouvoirs politiques ne doivent pas perdre leur temps à se focaliser sur la presse qui, au lieu de dire, passe tout son temps à médire.
C'est pour cette raison qu'il a décidé de ne pas jeter les journalistes en prison. Il ne veut pas fabriquer des célébrités. En talonnant les journalistes, ils vont croire qu'ils sont trop importants et ils vont alors mal faire ce qu'ils ont à faire. "Que chacun fasse son travail. D'un côté comme de l'autre, quand on se prend trop au sérieux, on dérape.
Les rapports entre la presse et les pouvoirs politiques sont tels que je suis devenu "titrologue". Le Président de la République a indiqué qu'il faut dédramatiser les rôles, quand Djédji Amondji, le gouverneur du District d'Abidjan, soutient que cet événement international du monde de la communication doit inspirer les journalistes à élever le sens du professionnalisme.
Pour prévenir les débats qui auront lieu à Yamoussoukro, le président du Conseil national et de la communication audiovisuelle (CNCA), Jérôme Diégou Bailly, a éclairé les participants aux festivités sur la régulation de la communication : "Phénomène relativement nouveau dans la plupart des états africains, il place aujourd'hui les régulateurs entre, d'un côté, sous le marteau des professionnels des médias.
Ces derniers soupçonnent l'Etat de vouloir reprendre, par le biais de cette régulation, ce qu'il prétend céder, à savoir la libéralisation des médias. De l'autre côté, les régulateurs se trouvent aussi sur l'enclume d'un public exigeant, toujours plus de droit à l'expression et à une information libre, juste et véridique". Diégou Bailly a également noté que les pouvoirs publics eux-mêmes après avoir pris l'heureuse initiative de la création des instances de régulation, rechignent quelquefois à mettre à leur disposition, les moyens nécessaires à l'accomplissement de leurs missions.
La thématique général du 10ème anniversaire du Riarc rejoint les préoccupations quotidiennes des Ivoiriens. Cela a été relevé par Ibrahim Sy Savané, ministre de la Communication. Il a expliqué que toutes les instances de régulation ont le même objectif : poser des digues, non pour assécher, mais pour faire monter le niveau et la qualité. A partir du 20 août, juristes, économistes, spécialistes de la communication passeront au crible de leurs analyses et critiques, le thème : "Régulation, démocratie et bonne gouvernance" à Yamoussoukro.
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