Le Messager (Douala)

Zambie: Le président Levy Mwanawasa est mort

Frédéric Boungou

20 Août 2008


Hospitalisé en France à la suite d'une attaque cérébrale le 29 juin dernier, le chef de l'Etat zambien est décédé hier.

Il a finalement succombé hier mardi à l'hôpital militaire Percy de Clamart en banlieue parisienne où il avait été admis à la suite de son attaque cérébrale survenue le 29 juin à Charm el-Cheikh en Egypte lors d'un sommet de l'Union africainne. « Le président Mwanawasa est mort ce matin à 10H30 (08H30 Gmt) à Paris », a annoncé sur les ondes des médias d'Etat zambien, Rupiah Banda le vice-président en déclarant un deuil national de sept jours. « Les citoyens doivent rester calmes durant cette période », a-t-il ajouté. Cette énième attaque aura donc été fatale fatale à Levy Mwanawasa.

A l'annonce de son décès, une onde de choc a parcouru la Communauté de développement de l'Afrique australe (Sadc) dont il assumait la présidence tournante. Dans la sous-région, Levy Mwanawasa était l'une des rares voix du continent à ne pas être impressionnée par la stature historique du président zimbabwéen Robert Mugabé. Plusieurs fois, il a haussé le ton contre ce dernier qu'il comparait en 2007 à « un Titanic en train de sombrer ». C'est que Levy Mwanawasa s'est démarqué de l'habituelle culture de solidarité entre leaders africains pour dénoncer les maux du Zimbabwe. Malgré ses efforts, la région a maintenu un profil bas. « Le silence de la Sadc est scandaleux », dénonçait-il alors.

Lutte contre la corruption

Surnommé « icibumba », le « mur en béton », en raison de son combat contre les violations des droits de l'Homme, la carrière politique de cet avocat de formation prend son envol en 1991, année où il est nommé premier vice-président de Frederick Chiluba, arrivé au pouvoir au cours du premier scrutin pluraliste de Zambie. Il démissionne de ce poste en 1994, pour protester contre ce qu'il perçoit comme du laxisme à l'égard de la corruption et du trafic de drogue. Un an plus tard, il annonce son départ de la scène politique. En 2001, M. Chiluba le présente comme le candidat à la présidentielle de son parti, le Mouvement pour la démocratie multipartite (Mmd). Elu à l'issue d'un scrutin controversé, manipulé selon certains par M. Chiluba, il se démarque rapidement de son mentor, lançant une croisade anticorruption contre lui et ses proches. En 2006, il emporte un deuxième mandat face au vétéran de la politique zambienne Michael Sata, qui conteste les résultats. L'après-scrutin est marqué par des affrontements violents entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre.

Loué par l'Occident pour sa gestion saine des finances publiques, Mwanawasa a tenté de juguler l'inflation et attiré de nombreux investissements étrangers, notamment chinois dans le secteur minier. Malgré ces efforts, la Zambie se classe toujours en 165e position sur 177 pays, au classement de l'Onu des indices de développement humain (Idh) et les deux tiers de la population vivent sous le seuil de pauvreté. Son épouse Maureen a été pressentie pour lui succéder. « Je pense que j'appartiens au réservoir de futurs leaders », a-t-elle reconnu en février dernier, tout en niant quelque ambition présidentielle.

Liens Pertinents

Né le 3 septembre 1948 à Mufulira, en Rhodésie du Nord (ancien nom de la Zambie avant son indépendance), Levy Mwanawasa était père de six enfants et marié en secondes noces à Maureen, membre des témoins de Jéhovah. Lui-même grandit dans une famille de dix enfants et obtient un diplôme de droit. En 1974, il intègre un cabinet d'avocat, avant d'ouvrir quatre ans plus tard son propre cabinet, Mwanawasa & Company. Levy Mwanawasa avait été hospitalisé début juillet en France après une commotion cérébrale survenue lors du sommet de l'Union africaine à Charm el-Cheikh. Il avait 59 ans.

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