Daniel Cédric Lienoue, 17 ans, reste inconscient suite à un accident de la circulation survenu en 2002.
Couché sur un lit à la résidence de ses parents, sise au quartier Bamendzi à Bafoussam, précisément au lieu dit Stade municipal, Daniel Cédric Lienoue ne fait pas usage de la parole. Il a les yeux ouverts et ne voit rien. Il n'y a que sa morphologie qui a changé, puisqu'il a grandi, entre-temps. Les séquelles de l'accident de la circulation dont il a été victime sont encore là.
Admis en classe de 4ème au lycée classique de Bafoussam, à l'âge de 11 ans, en 2002, Daniel Cédric Lienoue Tsemo n'a pas, jusqu'à présent, rejoint ses camarades de promotion. Il est plongé dans le coma depuis le 18 août 2002, date à laquelle il a été bousculé par un car de transport de marque Coaster, propriété de l'agence Binam voyages. L'accident s'est produit, selon son père, David Lienoue, à côté de l'ancien poste de péage routier à Bayangam. Ce jour-là, Daniel Cédric Lienoue était en compagnie de trois de ses frères. Ils étaient en vacances au village et allaient à l'église. Le bus en question l'a percuté au niveau du trottoir. Peu après, l'accidenté a été conduit à l'hôpital de Bangoua. Il y a passé deux jours, avant d'être transféré à l'hôpital central de Yaoundé. Son cas est sérieux. Il souffre d'un traumatisme crânien avec des lésions au niveau du cerveau. A Yaoundé, les soins durent trois mois. Le spécialiste reconnaît qu'il est impossible de le faire sortir du coma. La nouvelle est confirmée par d'autres médecins. Rien à faire, Daniel Cédric Lienoue doit rentrer à Bafoussam.
La famille, sans argent, est contrainte de veiller de façon permanente auprès du patient, avec l'aide d'un infirmier : "Il faut une sonde pour le nourrir. Celle-ci doit être placée par un médecin. Compte tenu du fait que nous n'avons pas assez de moyens financiers pour déplacer un médecin jusqu'à la maison, nous bénéficions des services d'un infirmier qui la change deux fois par mois. De temps en temps, nous faisons aussi des examens pour s'assurer que son cas ne s'aggrave pas ", déclare David Lienoue. Les conditions de nutrition ne sont pas aisées. La sonde nasogastrique ne suffit pas. Il faut, à l'aide d'une seringue de gavage, pousser les aliments jusque dans l'estomac. Il est davantage question des aliments pouvant être facilement transformés en pâte : patate, papaye, pomme de terre, bouillie, lait, haricot etc.
Au sortir de l'hôpital à Yaoundé, la facture dressée oscillait autour de 5 millions de Fcfa. La Société africaine d'assurance et de réassurance (Saar), où est assurée Binam.
En 2002, le litige se transporte devant le Tribunal de première instance (Tpi) de Bafoussam, qui tarde à se prononcer. En attendant, Daniel Cédric Lienoue est paralysé sur un lit. Ses parents se battent avec les moyens du bord, en espérant qu'un jour, il sortira d'un coma qui dure depuis six ans.

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