Afrique Australe: Rechercher l'espoir dans la réforme agraire
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Inter Press Service (Johannesburg)
20 Août 2008
Publié sur le web le 21 Août 2008
Stephanie Nieuwoudt
LE CAP, 20 août (IPS) - A travers les difficultés auxquelles est confronté le processus de réforme agraire au Zimbabwe, en Afrique du Sud et en Namibie, des lueurs d'espoir émergent. Le défi maintenant est de rechercher les leçons qui permettent aux fermiers nouvellement installés de créer des moyens d'existence.
Trouver ces leçons revient au projet 'Livelihoods after Land Reform' (Moyens d'existence après la réforme agraire), qui se concentre sur l'impact des politiques de réforme agraire sur la réduction de la pauvreté et la façon dont les moyens d'existence des communautés réinstallées sont affectés.
Le projet de recherche qui s'échelonne sur trois ans est financé par le Conseil de recherche économique et sociale, basé au Royaume-Uni et le ministère du Développement international du gouvernement de ce pays.
Différentes voies
Au Zimbabwe la réforme agraire 'accélérée' s'est soldée par la remise de 150.000 petites fermes et 15.0000 fermes plus commerciales plus vastes à d'autres personnes. Cela s'est passé de façon chaotique et souvent violente, les fermiers dont la plupart sont des Blancs ayant été intimidés et forcés de quitter leur terre.
En Afrique du Sud et en Namibie, la redistribution se fait de façon plus structurée. En Afrique du Sud, les gens font une demande de terre soit par restitution (là où les gens ont une prétention historique puisqu'ils ont été chassés de leur terre il y a des décennies ou des siècles) soit par redistribution (lorsque les gens font une demande de subvention au gouvernement pour acquérir la terre). En dépit de ces différences, des analystes admettent que le facteur commun est que la plupart des politiques de réforme agraire n'ont pas réussi.
Selon Ben Cousins, directeur du Programme d'études foncières et agraires (PLAAS) à l'Université du Cap occidental, et directeur de projet, ceci peut être attribué à de multiples facteurs, y compris une absence de planification, l'absence de renforcement des capacités (le gouvernement n'a pas investi dans le développement des aptitudes ou dans l'assistance financière pour l'achat des engrais, des semences et l'irrigation) et l'absence d'infrastructures pour transporter les produits au marché.
"Au Zimbabwe, peut-être cinq pour cent des terres sont allées à ceux qui ont des affiliations politiques. D'autres 15 pour cent sont allés aux fonctionnaires ou autres individus ayant des emplois dans l'économie urbaine. Les petits exploitants agricoles ont eu environ 80 pour cent des terres et ils s'en tirent beaucoup mieux (que le reste). Ceci pourrait être dû au fait que leur agriculture est beaucoup plus basée sur une main-d'oeuvre abondante et dépend moins des intrants et carburants achetés qui font défaut en raison des problèmes économiques plus généraux", a déclaré Cousins.
Alors que le Zimbabwe est à maints égards considéré comme un échec économique, certains chercheurs voient un rayon de lumière émerger dans le secteur agricole du pays. Selon Ian Scoones, un chercheur de l'Institut des études sur le développement de l'Université de Sussex, au Royaume-Uni, beaucoup de fermiers se débrouillent étonnamment bien.
"Evidemment, il y a eu des échecs, notamment dans les régions où une agriculture fortement capitalisée a été reprise, ou dans les régions où des relations commerciales longtemps entretenues ont été sapées comme, par exemple, dans la filière tabac ou horticole. Il faudra du temps et des ressources pour remettre tout ceci à flot.
Mais dans d'autres régions, où de petits fermiers ont repris les terres -- en dépit de toutes les difficultés, y compris l'absence de crédit, le manque d'infrastructures adéquates, la récurrence de la sécheresse -- beaucoup de fermiers avec des terres nouvellement acquises s'en tirent étonnamment bien. Ils investissent dans la construction de nouvelles maisons, constituent des troupeaux de bétails, et font d'abondantes récoltes au cours des années où les pluies sont bonnes".
Cependant, l'instabilité économique et l'hyper-inflation ont eu un effet dévastateur sur l'agriculture. La flambée des prix du carburant et des produits alimentaires a rendu les coûts des intrants et du transport prohibitifs et les sources de crédit ont tari. "Ceci a compromis l'installation de nouvelles entreprises agricoles, notamment dans les petites implantations commerciales", a expliqué Scoones. "Ceux qui ont besoin de moins d'intrants, et qui sont moulés dans des réseaux plus localisés d'implantations de petites exploitations agricoles, s'en tirent mieux, mais là encore, ces derniers temps ont été durs pour tout le monde".
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