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Côte d'Ivoire: Réinsertion des ex-combattants - Tout sur le service civique national


 

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Nord-Sud (Abidjan)

20 Août 2008
Publié sur le web le 21 Août 2008

Bakayoko Youssouf

Avant la crise, la jeunesse ivoirienne était en proie à d'importantes difficultés d'insertion sociale. Les difficultés de l'insertion touchent toute la jeunesse, depuis les jeunes sans

qualification jusqu'aux étudiants pour les lesquels l'université ne propose plus de solution efficace d'accès à l'emploi. Le service civique vient donc les sauver. Focus sur un programme qui se déploie sur le terrain.

Laurent Gbagbo l'a voulu comme une des solutions à la crise ivoirienne. Le service civique selon le président ivoirien devrait répondre au chômage des jeunes. Ainsi depuis le 16 février 2007, le Programme de service civique national (Pscn) a vu le jour. La mission principale du service civique est de contribuer à la formation et à l'encadrement des citoyens aux valeurs républicaines ainsi qu'aux métiers en vue de leur resocialisation. Le service civique, c'est la formation civique et citoyenne d'une part et la formation professionnelle d'autre part.

C'est pourquoi cette formation professionnelle doit déboucher sur l'auto-emploi. Sans s'écarter de ces objectifs initiaux, le programme coordonné par Malan Jean Koffi est entré dans sa phase active depuis quelques mois. Le nombre de bénéficiaires de ce programme est estimé environ à 46.000 jeunes. Selon Adom Niamké Jacques, conseiller technique du coordonnateur du Programme de service civique national (Pscn), à ce jour, 675 jeunes démobilisés bénéficient de formations.

Le programme d'urgence se déroule selon ce schéma : identification des cibles, formation civique et citoyenne, professionnelle et l'orientation à l'insertion économique. Depuis le 29 mai dernier, 250 jeunes ex-combattants démobilisés sont pris en charge à Bouaké et doivent suivre une "formation civique et citoyenne" pendant plusieurs semaines dans un centre scolaire, avec le soutien technique de la coopération allemande (GTZ).

A Man, selon notre interlocuteur, 230 personnes étaient prévues. Mais ce sont pour l'instant 100 qui en ont profité et il reste 130. 75 ex-combattants à Boundiali et 120 à Guiglo suivent une formation professionnelle dans l'un des 56 métiers retenus.

Entre autre la coiffure, la menuiserie, la tôlerie, le commerce, l'élevage, la pisciculture La seule contrainte pour les démobilisés, comme l'a expliqué M. Niamké, est de choisir une formation qui soit suivie par au moins 15 autres éléments. «Parce qu'il est impossible de payer à des millions de francs CFA un professeur pour former un seul élément. Il faut donc choisir des formations pratiquées par un grand nombre», souligne-t-il.

A l'issue de cette formation qui porte sur une période de neuf mois et se déroule en deux phases successives c'est-à-dire une période de trois mois de formation civique et citoyenne et une période maximale de six mois de formation technique et professionnelle en apprentissage, le candidat bénéficie d'un accompagnement de l'Etat.

«Les bénéficiaires seront mieux armés sur le plan civique et moral et prêts pour une meilleure resocialisation dans la communauté nationale. Ils auront appris un métier qu'ils pourront exercer à leur propre compte. Ils pourront monnayer leur savoir-faire dans les programmes de reconstruction du pays, ou servir dans des travaux d'utilité publique ou encore être employés dans les entreprises qui redémarrent leurs activités», indiquait Malan Koffi Paul, patron du Programme civique national.

Sans être totalement assurés de trouver un emploi, les démobilisés sont encouragés dans l'auto-emploi parce qu'ils reçoivent un kit d'installation pour le métier qu'ils ont suivi. Par exemple, les ex-combattants ayant été formés en menuiserie reçoivent le matériel minimum nécessaire à leur installation pour leur assurer le premier emploi. Il en est de même pour toutes les autres formations.

Il n'est pas forcément question de leur procurer un montant pour entreprendre. Evoquant les moyens dont dispose le Service Civique National pour remplir sa mission, Adom Niamké indique que la structure s'appuie sur le budget du gouvernement ivoirien et de la Communauté internationale, des partenaires au développement qui soutiennent les actions de sortie de crise.

C'est avec joie que le Pscn a réceptionné le 24 juillet dernier 3 centres réhabilités par la Gtz (Agence de coopération allemande) sur financement de la l'Union européenne. Il s'agit des ex-camps de jeunes à Guingréni, à 7 km de Boundiali, à Ouokoubo, à 15 km de M'Bahiakro et Sangouiné. Ces centres ont chacun une capacité d'accueil de 500 personnes.

Le programme de réhabilitation concerne en fait six centres de formation et de réinsertion au profit de 4.000 ex-combattants des Forces nouvelles, des groupes d'auto défense et des jeunes à risque. Les trois autres centres réhabilités sont situés à M'Bahiakro, Guingréni et Sangouiné. Actuellement neuf centres de Service civique sont installés sur l'ensemble du territoire et les actions de formations ont démarré avec l'appui des partenaires comme l'Etat d'Israël, la GTZ

Inscrit dans l'accord de paix de Ouagadougou, le Programme de service civique national (Pscn) est une disposition transitoire parce qu'il se termine avec la fin de la crise. Il sera remplacé par l'Office national du service civique qui existe déjà sur papier. Ce dernier prendra en compte tous les jeunes Ivoiriens au chômage.

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On estimait à 4,4 millions en 2002 le nombre de personnes en difficulté vis-à-vis de l'emploi : les chômeurs au sens large (918.450), les sous-employés et ceux qui sont rémunérés en dessous du SMIG (3.483.147). La faible qualification professionnelle rend encore plus difficile la réinsertion des jeunes dans le tissu socio-économique.


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