Raj Jugernauth
21 Août 2008
Port Louis — La télé-médecine a pour but de permettre aux praticiens mauriciens et étrangers d'ausculter et d'opérer les patients à distance. La technologie aide aussi désormais à sauver des vies
Le centre cardiaque de Pamplemousses sera, à partir du mois prochain, un centre de télé-médecine. L'antenne parabolique, qui reliera ce centre à des hôpitaux de renom en Inde, mais aussi à des hôpitaux africains, a déjà été installée sur le toit du bâtiment qui abrite ce centre. Elle permettra aux médecins et chirurgiens mauriciens d'interagir avec leurs homologues étrangers qui pourront voir et «ausculter» des malades mauriciens à distance et qui plus est diriger certaines opérations délicates.
Les spécialistes maison auront par ailleurs pour mission d'aider et de guider leurs homologues africains qui solliciteront leur aide à travers ce réseau de télé-médecine,chapeauté par l'Inde et connu sous le nom de «Pan-african -network». Des techniciens de la région de Bangalore en Inde sont attendus demain pour l'installation d'autres équipements de pointe.
Il faut savoir que la télé-médecine est loin d'être un simple procédé de téléconférence. Elle requiert des équipements totalement différents. Ainsi, les médecins étrangers doivent pouvoir visionner les films à rayons X ou d'autres résultats d'imagerie médicale de pointe, par exemple ceux d'une angiographie. Ils doivent également pouvoir visionner le film de ladite angiographie en direct et aussi voir les artères du coeur des malades.
Les équipements qui seront installés dans un premier temps, notamment des microscopes, permettront aux spécialistes étrangers de consulter à distance.
Communication satellitaire
La télé-médecine a pris une certaine ampleur en Inde ces derniers temps. La plupart des équipements qui seront installés au centre cardiaque ont ainsi été développés et produits dans la Grande péninsule.
Les images vidéo des différents hôpitaux africains et mauriciens seront envoyées vers un satellite indien qui les redistribuera ensuite dans les différents centres.
Plusieurs pays africains n'étant pas câblés par fibre optique, l'utilisation de la voie satellitaire a été privilégiée.
La communication via satellite pourrait poser un problème de latence, occasionnant ainsi que des gênes au cours d'une opération dirigée à distance.
En effet, contrairement à la communication par fibre optique, celle effectuée à travers le satellite est légèrement décalée. Une fraction de seconde - ou dans le pire des cas, quelques secondes - s'écoule entre le moment où le son et l'image sont émis et captés par un récepteur à l'autre bout du monde.
Quoi qu'il en soit, la supervision et la direction des opérations chirurgicales par des experts étrangers à travers la télé-médecine ne seront possibles que dans la deuxième phase de développement de cette spécialité, au centre cardiaque de Pamplemousses. La première phase coûtera quelque Rs 33 millions.
La création de ce centre avait été planifiée lors de la visite de l'ex-président indien, Abdul Kalam, à Maurice en mars 2006. Le centre cardiaque de Pamplemousses espère ainsi trouver des solutions visant à aider les patients atteints de maladies inopérables à Maurice.
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