Le domaine de la culture à l'échelle des collectivités locales est caractérisé par une "insuffisance des initiatives et des programmes", a souligné vendredi à Saly le directeur des collectivités locales, tout en faisant état d'un "bilan relativement positif".
"Malgré l'importance des compétences des collectivités locales en matière culturelle et les résultats obtenus, force est de reconnaitre que le domaine de la culture (...) se caractérise toujours, au niveau local, par une insuffisance des initiatives et des programmes", a expliqué Etienne Turpin qui se prononçait sur la "place de la culture dans le cadre juridique et règlementaire de la décentralisation et du développement local".
Des acteurs culturels à l'échelle régionale, des professionnels et des présidents de conseil régional se réunissent depuis jeudi à Saly dans le cadre du séminaire d'évaluation de la décentralisation culturelle.
Cette manifestation de trois jours fera l'évaluation de "l'ensemble des actions entreprises dans le cadre des orientations fondamentales" de la loi 96-07 du 22 mars 1996 transférant la compétence culturelle aux collectivités locales.
Neuf domaines de compétences, dont la culture, ont été transférés aux collectivités locales en 1996 dans le cadre de la régionalisation.
En matière culturelle, la région est compétente dans la promotion, l'épanouissement et le développement des activités culturelles, la surveillance et le suivi de l'état de conservation des sites et monuments historiques, ainsi que la participation à la découverte des vestiges préhistoriques ou historiques, l'organisation de journées culturelles, de manifestations culturelles traditionnelles et de concours littéraires et artistiques, etc.
Pour la commune, ces compétences englobent la surveillance et le suivi de l'état de conservation des sites et monuments historiques, l'organisation de journées culturelles, de manifestations culturelles traditionnelles et de concours littéraires et artistiques, la création et la gestion d'orchestres, d'ensembles lyriques traditionnels, de corps de ballets et de troupes de théâtre, ainsi que la création et la gestion de centres socioculturels et de bibliothèques de lecture publique.
La communauté rurale est compétente dans l'organisation de journées culturelles, de manifestations culturelles traditionnelles et de concours littéraires et artistiques, la création et la gestion d'orchestres, d'ensembles lyriques traditionnels, de corps de ballets et de troupes de théâtre, la création et la gestion de centres socioculturels et de bibliothèques de lecture publique, etc.
Le "défaut d'encadrement" par les services compétents, serait entre autres, à l'origine du manque d'initiatives et de programmes, selon Etienne Turpin qui plaide pour l'élaboration par les centres culturels régionaux "de programmes à soumettre à la sanction des collectivités locales, pour mieux faciliter la mobilisation des ressources nécessaires à leur financement".
Selon lui, "l'élaboration d'un projet culturel cohérent nécessite un savoir- faire qu'on ne saurait attendre, présentement, du personnel des collectivités locales", d'où la nécessité de "l'assistance technique du Ministère de la culture, à travers ses services régionaux".
Etienne Turpin a indiqué que, dans le cadre du partenariat entre le ministère chargé de la culture et les collectivités locales, plusieurs projets culturels à la base ont vu le jour, notamment le Festival de folklore et de percussion de Louga, les Journées culturelles de Bakel, les Journées culturelles de Fongolimbi, le Festival de musique traditionnelle de Diourbel, etc.
Il a également noté que "les collectivités locales s'associent de mieux en mieux aux actions" du ministère de la Culture. M Turpin a donné en exemple le financement, par le Conseil régional de Matam, de "l'intégralité" des travaux d'aménagement de l'actuel site du Centre culturel régional, la "prise en charge du financement" d'une partie des travaux de réhabilitation de l'ancienne Assemblée territoriale de Saint-Louis par le Conseil régional, etc.
Des "obstacles" subsistent à la mise en Å"uvre de la compétence culturelle décentralisée, souligne le directeur des Collectivités locales qui déplore, entre autres, "les difficultés d'appropriation de la culture en tant que compétence transférée".
Ces obstacles sont liés, a-t-il ajouté "à une compréhension imparfaite des enjeux de la culture, en tant que processus d'évolution de sauvegarde des identités et facteur de développement".
Il y a aussi "la modicité" de la part du Fonds de dotation de la décentralisation allouée à la culture, selon Etienne Turpin. Pour l'année 2008, a t-il expliqué, la compétence culture a reçu pour les trois ordres de collectivités locales : 400.646.753 répartis comme suit : régions (64.329.753), communes (15.217.000) et communautés rurales (321.000.000).
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