27 Août 2008

Afrique: Changement climatique - Ce que doivent payer les grands pollueurs

Accra — Convergence entre des experts réunis à Accra sur une prime à la conservation et à la régénérescence.

Indicateur clé du changement climatique, le nombre de parties par million (Ppm) de dioxyde de carbone (Co2) dans l'atmosphère, au cÅ"ur des négociations entre pays riches et pauvres, société civile et industriels sur l'avenir du monde, a donné lieu à un consensus lundi, 25 août 2008 palais des Congrès d'Accra au Ghana au cours de la conférence internationale sur l'avenir de la qualité de vie sur la planète à l'aune du changement climatique. "Aujourd'hui, toute la communauté scientifique a une idée plus précise de la quantité de Co2 que notre atmosphère peut admettre. On dispose des données de plus en plus nombreuses qui montrent que notre objectif devrait plutôt être de 350 Ppm et non 450. Les dernières études montrent que l'on doit s'attendre à ce qu'un niveau de 450 Ppm de Co2 provoque une augmentation du niveau des océans de plus d'un mètre, et peut-être même de trois au cours de ce siècle, et de plus de vingt mètres sur le long terme. La température moyenne de la terre augmentera alors de deux degrés Celsius au dessus du niveau préindustriel. Ceci veut dire, incidence directe à grande échelle, pour les écosystèmes au niveau régional et mondial", a exposé citant de récentes études, le journaliste spécialiste de sciences pour Reuter, Alister Doyle à la tribune des assises.

Cette avancée de la communauté scientifique ne trouve pas l'assentiment des politiques et des industriels présents à Accra. La communauté scientifique dénonce la réserve marquée par de nombreux pays identifiés comme grands pollueurs du monde. Cette attitude, de l'avis d'Antony Muyenga de la Zambie, "n'est pour favoriser l'avancée des négociations internationales sur le climat. D'où le constat du laborieux chemin qui conduit pour le moment à un accord devant réduire avec succès l'augmentation d'émissions globales dans les dix ou quinze années à venir dans le cadre d'une coopération économiquement et politiquement équitable pour tous". Cette appréhension de M. Muyenga sur cette lancée est précédée des résultats de la réunion de Bangkok.

Consacrés au "groupe de travail sur l'action coopérative à long terme, au titre des dispositions de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (Ccnucc), devant faire l'ébauche des lignes directrices de ce futur accord", cette assise s'est achevée sur une note peu satisfaisante au mois d'avril dernier.

La communauté scientifique qui se dit prête à affronter les nombreux obstacles qui jalonnent son chemin, a déjà identifié d'autres écueils dont la mise à l'épreuve des populations aux mesures d'adaptation au changement climatique et aux mutations dans différents domaines. La première de ces barrières sera la mise en application effective de la réduction de l'émission du Ppm à 350 mettant ainsi fin à l'accroissement annuel actuel de Co2 qui est aujourd'hui établi à 3%. La conférence d'Accra dite intermédiaire, a donné lieu hier, 26 août 2008, à une autre convergence de vue entre les experts des pays du Nord et ceux du Sud. Cette nouvelle approche concerne notamment la redevance à appliquer aux plus grands pollueurs, la prime à la conservation et à la régénérescence.

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