Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
28 Août 2008
Le Groupe du 14 Février (G14) a donné, le 27 août 2008, au siège du PAI (Bilbalogo) une conférence de presse. Conflits agriculteurs/éleveurs, fronde des "refondateurs" au CDP, la FEDAP/BC, crise des universités, corruption, réformes politiques ont été au cÅ"ur des échanges avec les journalistes.
Les sporadiques conflits agriculteurs/éleveurs, qui ont lieu chaque année (par exemple en 2008 à Manga, à Gaoua, à Batié et à Lorépéni, ils ont fait plusieurs morts) interpellent le gouvernement, qui doit y trouver une solution définitive. Pour le G14, l'envoi d'un haut-commissaire ou d'un ministre après les tragédies est loin d'être une réponse à ces problèmes, gravissimes. Le G14 exige que le gouvernement applique la loi sur le pastoralisme, votée en 2002, ce qui permettrait de voir plus clair dans "les délimitations des zones de cultures et de celles de paturages".
Le second sujet abordé par le G14 a été ce qu'il a appelé le "séisme" qui secoue le CDP. "Il y a d'abord la création de la FEDAP BC : pour le G14, cette organisation est politique, même si elle affirme le contraire ; "sa naissance est d'autant plus un souci pour le parti majoritaire, le CDP, que son géniteur le plus connu est François Compaoré... que l'on sait très critique sur la tiédeur, dont il accuse le CDP, dans son soutien à son frère de président".
Ensuite, la seconde difficulté à laquelle est confrontée le CDP, selon le G14, est le mouvement d'humeur des "refondateurs", dont la "hardiesse et l'agressivité" font qu'on se pose des questions sur leur éventuelle connection. Du reste, le G14 estime que toute cette situation signifie que Blaise Compaoré échaffaude une stratégie. Mais laquelle ? Pour ce qui est de la fermeture des universités de Ouaga et de Ouaga II depuis le 27 juin 2008, le G14 affirme qu'elle est anormale, et s'inquiète, par ailleurs, de la construction d'un mur d'enceinte et de postes de police sur le campus.
"Le gouvernement ne peut pas gérer l'université et les étudiants dans la plus grande imprévoyance et incurie, comme il l'a fait..." a laissé entendre Philippe Ouédraogo, le responsable du jour du G14. Il exige donc que les choses sur le campus se normalisent rapidement. Quid de la lutte contre la corruption ?
Pour le groupe né le 14 février 1998, certes le Premier ministre, en un an de mandat, a annoncé beaucoup de choses pour combattre la corruption, mais jusqu'à présent, ce mal est présent. Par ailleurs, le G14 a évoqué le cas des travaux des commissions ad hoc créées par l'AN et qui ont planché sur le charte des partis politiques, le code électoral, le financement des partis et des campagnes électorales, le quota de candidatures féminines aux élections, et la vie chère.
Pour lui et en particulier pour la Concertation des partis de l'opposition (CPO), les propositions faites par ces commissions ne répondent pas à des nécessités révélées par notre expérience commune. Des questions relatives au bilan du PM, aux réformes politiques, à la participation éventuelle du G14 ont été posées par les journalistes.
Le PM a fait des sorties médiatiques sur de nombreux problèmes qui taraudent les Burkinabè, mais "ce n'est pas arrivé", comme dirait l'homme de la rue, "il faut clarifier une bonne fois pour toutes le statut de l'opposition" et, enfin, "à moins que ce soit dans un gouvernement d'union nationale, demandé par le peuple, le G14 n'entend pas composer avec le pouvoir en place". Telles ont été quelques réponses du Groupe aux questions ci-dessus mentionnées.
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