28 Août 2008
Port Louis — Une nouvelle technologie dénommée P4P fait son apparition, avec comme objectif de doubler les performances des réseaux P2P (Peer to Peer). De quoi accélérer le développement du téléchargement de données plus ou moins légales
La nouvelle technologie P4P aura sans doute été l'annonce majeure de la conférence SIGCOMM 2008, qui s'est tenue du 17 au 22 août 2008 à Seattle. Cette dernière promet d'augmenter jusqu'à 205 % les téléchargements via les réseaux Peer To Peer, cette architecture qui permet aux ordinateurs de partager directement des fichiers entre eux. La technologie P2P a connu un incontestable succès auprès du grand public, avec des usages plus ou moins légaux. Le P4P s'appuie sur le même concept que le P2P, soit l'échange direct de fichiers entre les ordinateurs des utilisateurs connectés. Mais une nouvelle donnée sera ajoutée dans la nouvelle technologie : la localisation géographique. Celle-ci s'appuie sur le simple constat que le transfert de fichiers entre ordinateurs géographiquement proches est plus rapide qu'entre machines éloignées.
Globalement, le P4P permet donc d'accélérer les téléchargements P2P en optimisant le trafic réseau, en réduisant le nombre de routeurs sollicités et les transferts de données nécessaires pour effectuer les téléchargements. Le P4P aurait aussi pour objectif d'effectuer les transferts de façon optimale d'un point de vue géographique, c'est-à-dire que ce sont les ordinateurs les plus proches de l'utilisateur qui seraient chargés de fournir les données demandées et ce afin de réduire les risques de pertes de ces données, d'accélérer les transferts et de réduire l'encombrement des réseaux. Le P4P intéresse les fournisseurs d'accès et éditeurs de contenus. Elle serait en particulier utile dans le téléchargement de contenus en haute définition (HD), ces derniers s'avérant à la fois difficiles à stocker sur serveurs et longs à télécharger via la technologie classique P2P pour l'utilisateur.
Pour qu'il soit vraiment efficace, le P4P nécessiterait toutefois qu'il soit implanté par de nombreux fournisseurs d'accès à travers le monde. A l'heure actuelle, les tests se basent principalement sur les réseaux «BitTorrent». Il reste maintenant à vérifier si le P4P sera capable de séduire à la fois les Fournisseurs d'Accès Internet (FAI), les quelques ayants-droits qui font confiance au P2P pour la distribution de leurs contenus légaux.
Depuis 2007, un groupement réunissant 24 des plus grands acteurs du secteur s'est rassemblé autour de cette technologie en fondant le «P4P Working Group». Récemment, Verizon et Pando Networks, deux sociétés appartenant au groupement ont réalisé des tests démontrant un gain de vitesse de téléchargement s'élevant en moyenne à 60 %. Cette technologie devrait concilier les gros besoins en bande passante des applications en Peer to Peer (Téléchargement et partage de fichiers multimédia) avec la régulation des réseaux par les fournisseurs d'accès. Comme l'explique Arvind Krishnamurthy, professeur de science et en ingénierie informatique à Washington, «les tests ont montré que, grâce au P4P, la charge du réseau pourrait être divisée par cinq, sans que sa performance soit compromise». Pour le moment, seuls 6 % des échanges de fichiers se font entre des ordinateurs situés au même endroit. Ce chiffre devrait atteindre 58 % avec le P4P.
L'essor de ces logiques de transferts de données en P4P devrait sans doute augmenter les usages, non seulement dans le domaine des téléchargements en tous genres, mais sans doute aussi de l'architecture des systèmes d'information, des médias de diffusion en ligne et des moteurs de recherche de demain.
En attendant le plaisir de notre prochain échange, je vous souhaite une bonne rentrée et de bons succès dans ce nouveau monde. ...
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