L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Des étudiants de première année timides et dociles

Port Louis — Hésitants, ils ont quand même interrogé le ministre Gokhool. Certes, certaines questions n'étaient pas les leurs, mais ces étudiants ont osé se mettre en avant en public. Un bon début... Des étudiants qui démarrent leur première année d'études à l'université de Maurice. Ils ont eu hier une rencontre avec le ministre de l'Education, Dharam Gokhool.

«Eski ena kikenn ki kapav poz kestion minis ?» A cinq minutes du début de la session interactive prévue entre le ministre de l'Education, Dharam Gokhool et les étudiants de première année de l'université de Maurice (UoM), la représentante de la Students' Union est à la recherche de volontaires.

Hier après-midi, se faufilant entre les rangs presque plein, du moins au début, de l'auditorium Octave Wiehé, elle espère trouver des jeunes qui voudront bien poser des questions au ministre. Ou, à la rigueur, au moins les lire. Car, à ceux, timides ou pas encore très dégourdis, qui hésitent à poser des questions, la Students' Union, se charge de leur remettre un petit morceau de papier, sur lequel figure une question.

«Exprimez la voix de vos camarades»

Et les questions, soutient la responsable des relations publiques de l'UoM, «il faut les poser car vous exprimerez alors la voix de vos camarades». Alors, le temps des questions venu, ces quelques jeunes ont exprimé la voix de leurs camarades. Ce sont peut-être les propos de Soodursun Jugessur, «Pro-Chancellor» et président du conseil d'administration de l'UoM qui les aura convaincus: «ask questions, that's what matters. Ce sont ceux qui poseront des questions en cours qui réussiront le mieux. Mieux que ceux qui se contentent d'écouter». Alors, ils ont posé, ou plutôt, lu leurs questions.

Certains jeunes s'interrogent sur la place de la technologie dans le système éducatif mauricien. Dharam Gokhool répond que l'époque du tableau et de la craie est révolue. Que s'il gagnait à la loterie, il offrirait à tous les étudiants des ordinateurs portables. Ce qui provoque quelques rires au sein de l'assistance. Une assistance qui tout au long de l'interaction est restée somme toute assez placide. Pour ne pas dire amorphe.

Mais il y a aussi ceux, ou plus précisément celui, qui plutôt dégourdi, interpelle le ministre sur les nominations politiques. Dharam Gokhool répond que c'est la pratique depuis toujours mais que si cela pouvait cesser, ce serait mieux. Que lui-même, a judicieusement choisi ses conseillers et que c'est la raison pour laquelle il a réussi à décanter des crises. «Parce qu'ils me conseillent bien.»

C'est bien la première fois que le ministre de l'Education et le «senior management» de l'UoM rencontrent ainsi les étudiants de première année. Dharam Gokhool leur fait comprendre qu'il ne faudrait pas qu'ils arrivent en cours sans s'y être préparés. Car, dit-il, ce n'est qu'en étant préparés qu'ils pourront défier leurs chargés de cours. Mais hier, ces étudiants n'étaient vraisemblablement pas venus préparés à cette rencontre.

«Spoon-feeding»

A une étudiante qui pose une question sur la capacité d'accueil de l'UoM, quant au fait que les salles de cours sont bondées et que cela influe sur la qualité de l'enseignement dispensé, le pro-vice chancelier, Indur Fagoonee, lui demande sur quoi elle se base pour faire de telles affirmations. Aucune réponse.

Il ajoute alors qu'il est vrai qu'à 30 ou 40 dans une classe, il est encore possible de faire du «spoon-feeding» et que si, avec un si grand nombre, il n'était plus possible de faire du «spoon-feeding», alors là, il devrait féliciter ces chargés de cours.

Il y avait aussi ceux qui voulaient savoir pourquoi seule l'UoM croule sous les demandes d'inscription. Pourquoi pas l'université de Technologie ? Ce à quoi on leur aura répondu que l'UoM offre une plus large palette de cours.

Un autre étudiant veut savoir ce que préconisent le ministère de l'Education et la direction de l'UoM pour que les étudiants puissent concilier leurs études et la pratique d'un sport au niveau universitaire. Réponse du pro-vice chancelier : les infrastructures sont déjà disponibles mais les étudiants n'en profitent pas. Personne pour défendre les étudiants. On ne peut toutefois tenir rigueur à ces jeunes qui ne fréquentent le campus de Réduit que depuis quelques semaines.

Au fur et à mesure que se déroule la rencontre, l'assistance quitte en petit groupe l'amphithéâtre. Direction les salles de cours pour certains. Et la maison, pour d'autres.


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