Port Louis — La SBIIM, une banque indienne, a obtenu le contrat pour l'ouverture d'une lettre de crédit concernant l'importation des produits pétroliers pour cette année. La STC annonce déjà que certains prix vont baisser. Ranjit Soomarooah, de la STC (à.g) et Venkataraman Srinivasan, de la SBIM, signent l'accord pour les lettres de crédit sur l'importation des produits pétroliers.
La State Trading Corporation (STC) se fait porteuse de bonnes nouvelles. Son président, Ranjit Soomarooah, explique que grâce à un accord avec la State Bank of India International Mauritius (SBIIM), elle pourra réaliser «des économies de Rs 30 millions par an, que nous allons évidemment répercuter sur les consommateurs». Il annonce même que «certains coûts vont baisser et ce sont les consommateurs qui vont en profiter à la longue».
C'était lors de la signature d'un accord en ce sens mercredi entre le président de la STC et Venkataraman Srinivasan, Managing Director de la SBIIM. Cette banque a obtenu le contrat pour l'ouverture d'une lettre de crédit pour les importations de tous les produits pétroliers durant la période 2008-2009.
Jusqu'ici les relations d'affaires entre la STC et la SBIIM, qui datent de 2002, se limitaient à l'achat et au versement de dollars américains. La SBIIM, présente à Maurice depuis 1989, opère principalement dans le secteur offshore (Global Business).
Pour les années financières 2006-2007 et 2007-2008, la SBIIM avait soumis les meilleures offres pour les lettres de crédit concernant l'achat de l'huile lourde. «Dans le passé, le contrat pour l'ouverture des lettres de crédit au sujet de l'importation des produits pétroliers a été décroché par différentes banques. C'est la première fois que ce contrat est alloué à une seule banque pour tous les produits, qu'il s'agisse de l'essence, de gazole ou d'huile lourde», dit Ranjit Soomarooah, directeur général de la STC.
Arvin Kumar Jha, General Manager de SBIIM ajoute que «la concurrence était très dure. La grosse majorité des banques ont participé à l'appel d'offres. Nous sommes contents d'avoir réalisé un bon coup. Nous avons soumis l'offre la plus compétitive. Dans le passé, il y avait deux ou trois banques qui décrochaient le contrat».
Le baril à $ 117
Les importations annuelles de la STC pour les produits pétroliers se chiffrent à environ 1,3 million de dollars (Rs 40 millions). Un accord de trois ans à ce sujet a déjà été conclu avec la Mangalore Petrochemical Refineries Ltd. (MPRL).
«La décision du gouvernement et de la STC d'acheter des produits pétroliers de l'Inde date du début de 2006 à un moment où les cours des produits pétroliers sur le marché international devenaient inquiétants. Cet accord avec la MPRL nous a aidés à faire face à la flambée des prix des produits pétroliers. Même actuellement, ces cours sont une source d'inquiétude», affirme Rajesh Jeetah, ministre de l'Industrie et du Commerce.
Les cours des produits pétroliers sur le marché international se sont stabilisés autour de 115 à 117 dollars le baril (Rs 3 100 à Rs 3 160), contre 147 dollars (Rs 3 970) en juillet. Mais ils ont connu une légère hausse hier pour passer à 117 dollars le baril en raison de l'approche de l'ouragan Gustav qui reste une menace pour les installations pétrolières du golfe du Mexique.
Quelle pourrait être l'incidence sur le prix à la pompe de l'essence lors du prochain exercice d'Automatic pricing Mechanism (APM), l'exercice qui détermine le prix des produits pétroliers au début de chaque trimestre ? «Il est encore trop tôt pour en parler», souligne Rajit Soomarooah.
Une combinaison de plusieurs facteurs - prix, coût, assurance fret, ajustements des différences entre les estimations de volume des ventes et le volume vendu par la STC aux compagnies pétrolières durant un trimestre, taux de change du dollar - influent sur la décision de la STC.
Des tensions géopolitiques sur le dossier Russie-Géorgie exercent aussi une pression sur les prix, qui avaient auparavant reculé en réaction à une nette progression du dollar sur le marché des changes, devise avec laquelle sont réglés les achats du brut.
Mais les analyses des spécialistes internationaux en la matière restent orientées sur une baisse pour les prochains mois et pour 2009, laissant donc augurer un fléchissement des cours.
Le directeur de l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a estimé mercredi que la baisse pourrait atteindre 20 dollars dans 18 mois. Il estime que les prix pourraient descendre en dessous des 100 dollars le baril du fait du ralentissement de la demande mondiale et de l'augmentation de la production aux Etats-Unis, au Brésil, au Canada et au sein de pays membres de l'Organisation des pays producteurs de pétrole, tels l'Arabie saoudite et l'Angola.
Cependant, la perspective de la baisse des cours inquiète certains membres de l'OPEP, qui entendent freiner ce mouvement.

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