29 Août 2008
Kinshasa — Peut-on débattre des questions privées sur la scène publique? Voilà l'une des questions politiques que vient poser la lettre que Marc Mvwama a écrite au Président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe.
En publiant cette lettre, le journal La Prospérité semble répondre positivement à la question que nous posons. Il y a plus. L'étude de cette lettre prouve que certains acteurs politiques congolais ne font pas la différence entre les questions relevant de la scène publique et celles du domaine privé. Est-ce un choix prémédité ou le fruit d'un héritage? La lecture de la lettre de Marc Mvwama fait penser à un héritage.
Héritiers de Mobutu, ces «politicailleurs» estiment qu'ils peuvent disposer et des biens publics et de leurs collaborateurs (ainsi que de leurs épouses) comme bon leur semble. L'entretien de cette confusion des domaines trahit les règles fondatrices d'une société humaine digne de ce nom. Il s'agit de trois interdits: l'interdit de l'homicide, l'interdit de l'inceste et l'interdit du mensonge. (Cfr J.-F. MALHERBE, La démocratie au risque de l'usure. L'éthique face à la violence du crédit abusif, Montréal, Liber, 2004).
Le viol permanent de ces interdits relevant de l'abus du pouvoir fait de ce dernier un poison contre l'avènement d'une société humaine et humanisante.
Nous relisons la lettre du 2ème vice-président de l'Assemblée nationale (Marc Mvwama), non pour descendre davantage en dessous de la ceinture, mais pour en dégager les vices sous-jacents à la gestion du pouvoir politique chez nous. Aussi affirmerons-nous qu'il y a, en l'homme, des limites qu'il ne dépasse pas s'il entretient l'habitude de la pensée et de la méditation. Dès que ces limites sont franchies, il peut, consciemment, prendre ses responsabilités en main et être prêt au sacrifice.
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