Nord-Sud (Abidjan)
Ousmane Diallo
2 Septembre 2008
interview
Bamako — Rentré au bercail depuis 2002, Boncana Maïga alias Maestro vient de produire une émission «Prêt-à-diffuser» intitulée «Tounkagouna» pour des chaînes de télévision. Dans cette interview, l'ex-patron de l'orchestre de la Rti se dévoile.
-Que signifie «Tounkagouna», le titre de ta nouvelle émission?
«Tounkagouna» est un mot sonrai qui signifie «lèves toi et regardes.» Par ce titre, j'invite les téléspectateurs à ne pas se faire raconter l'émission qui est riche de plusieurs rubriques comme vous l'avez constaté à l'enregistrement. Je dois cela à la musique malienne. J'avais envie de faire quelque chose comme avec les musiciens ivoiriens dans les années 1970. Donner un coup de pousse à la musique malienne à travers les jeunes. Dans cette émission tous les artistes ont l'occasion de s'exprimer et d'étaler tous leurs talents parce qu'ils jouent en live. L'émission a vraiment pris au Mali parce qu'on en est à la sixième édition. Nous faisons la promotion des institutions et des hommes qui les dirigent. Nous faisons la promotion des orchestres et nous cherchons des jeunes musiciens dans le pays profond pour leur donner l'opportunité de s'exprimer. En fin de compte, avec les meilleurs, nous essayerons d'en faire des stars pour assurer la relève dans la musique tant chez les instrumentistes que chez les chanteurs.
-Votre objectif se limite-t-il à la détection des jeunes talents de la musique malienne ?
Oui, mais, il n'y a pas que les jeunes musiciens. Nous ramenons à la vie des musiciens très connus qui ont disparu de la scène. Certains de ceux-là ont, grâce à l'émission, obtenu des contrats en Espagne. Ce sont des artistes qui jouent très bien, mais qui étaient confinés dans des hôtels ici ou qui avaient tout simplement raccroché alors qu'ils avaient encore de beaux restes. L'émission fait aussi la promotion des hommes et des femmes des arts et de la culture : peinture, sculpture, danse traditionnelle comme moderne, tous ces artistes qui ont du talent et qui ne passent pas souvent a la télévision.
-Peut-on avoir une idée du budget de production d'une telle émission ?
Il faut dire que pour la production, des bailleurs de fonds tels que l'Union européenne, la Banque africaine de développement (Bad) et des institutions du pays nous font confiance. Vous savez, c'est une question de crédibilité. Quand on vous fait confiance au point de placer son argent, on attend quelque chose en retour. Et ce retour c'est cette émission. Pour le matériel, nous travaillons avec une équipe venue de la Mauritanie qui a accepté d'investir comme nous-même dans cette aventure. On s'est donné la main pour pourvoir faire face aux spectacles au Mali en créant Maestro Sound. On a tout l'équipement qu'il faut c'est-à-dire la régie complète, le son, la lumière, des jeunes décorateurs et des techniciens qualifiés qui viennent tous d'ici.
-Après avoir parcouru le monde, quel regard portez-vous sur la musique malienne ?
La musique ici a beaucoup évolué parce que moi-même avant d'aller à Cuba, j'ai joué dans des orchestres et je faisais beaucoup de choses en même temps! Il suffit de voir des musiciens de la trempe de Salif Keita, Ali Farka Touré, Oumou Sangaré, Habib Koité et bien d'autres qui se produisent dans tous les grands festivals à travers le monde. Ils ont compris que dans ce pays, il y avait de la mélodie qu'il fallait travailler en version acoustique et c'est ce qui a marché. Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire avec la nouvelle génération. La nôtre n'a pas bénéficié de cet avantage. Il y a maintenant, à Bamako, un conservatoire de musique dirigé par un Malien, avec des professeurs cubains et maliens. Il y a l'Institut national des arts, il y a nous aussi qui faisons de la formation professionnelle. Je suis convaincu qu'il y a de la bonne graine et que la relève est assurée.
-Que pensez-vous de la musique ivoirienne d'aujourd'hui surtout avec la percée du coupé décalé?
Il faut dire que la musique ivoirienne de maintenant a beaucoup changé par rapport à celle que nous faisions du temps où je dirigeais l'orchestre de la RTI. Quand j'étais avec Jimmy Hyacinthe, Ernesto Djédjé et François Lougah. C'était d'excellents chanteurs et il y a encore un grand chanteur en Cote d'Ivoire qui s'appelle Bailly Spinto et nous aurons l'occasion de le rencontrer un jour pour faire quelque chose ensemble. Il y a une nouvelle génération qui est arrivée avec une musique différente le zouglou, le mapouka. Aujourd'hui c'est le coupé-décalé, vous savez, c'est du rythme qui va faire son temps, comme le makossa et le n'dombolo congolais. Aujourd'hui, c'est le tour de la Côte d'Ivoire. Mais, ceci dit, je pense que certains musiciens ont intérêt à travailler et à apprendre à chanter parce que l'on ne peut pas toujours danser et danser. Quand on a 40 ans, on ne peut pas danser le coupé-décalé comme lorsqu'on avait 25 ans.
-Que devient l'orchestre Maravillas du Mali ?
Le «Maravillas» pour moi est mort et enterré. On était 10 à Cuba, et sur les 7 qui sont revenus dans les années 1970 de Cuba, 3 sont décédés et nous ne sommes plus que quatre. L'orchestre est déjà démembré. Mais, il faut dire que j'ai eu beaucoup de plaisir à diriger cet ensemble que nous avons crée en 1967 à Cuba. L'orchestre n'existe plus, mais, nous avons laissé quelque chose d'immortel, c'est le seul disque qu'on a fait a Cuba, «Rendez-vous ce soir chez Fatimata». C'est un grand souvenir que je garde de ces jeunes étudiants de Cuba que nous étions, un disque qui restera gravé à jamais dans la mémoire de tous.
-Et Africando ?
Africando, c'est un groupe que j'ai également crée en 1992 en France avec la complicité d'un ami, Ibrahima Sylla. Et aujourd'hui, le groupe marche très bien et j'en suis heureux parce que là, j'ai voulu faire une expérience. Des Africains qui chantent dans leurs langues maternelles supportées par la musique cubaine pour donner une sorte d'afro-salsa différente de celle qu'on entend à Cuba ou à New York. Je crois que nous avons réussi la mission parce qu'aujourd'hui, des orchestres interprètent les morceaux d'Africando et le groupe est connu dans le monde entier.
-Où en êtes-vous avec le projet de la création d'un orchestre philharmonique africain ?
Je suis toujours là-dessus et j'écris. Comme je vous l'ai dit, j'ai fait toutes les musiques qui peuvent exister, en Afrique en tout cas et dans une grande partie de ce monde. Ce qui me reste à faire, c'est la musique classique. J'aimerais finir avec ça. Vous voyez, je ne pensais même pas que j'allais faire de la télévision après le «4 B Show» avec la Rti. Aujourd'hui, ça fait 10 ans que je travaille avec Canal France international et c'est cette expérience qui m'a permis de créer «Tounkagouna», ma nouvelle émission. Dans la vie, c'est toujours bon d'expérimenter et je fais toutes les expériences en musique, en télévision. J'ai débuté par la création d'un orchestre pour la télévision ivoirienne.
-Quelle appréciation faites-vous de la Côte d'Ivoire actuelle ?
Personne ne peut demeurer indifférent à ce qui se passe en Côte d'Ivoire ! J'ai vécu dans ce pays pendant 20 ans et je le considère comme ma seconde patrie. Tous mes enfants y sont nés. J'ai vécu les époques Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Guéi Robert et un peu celle de Laurent Gbagbo. J'avais aussi besoin de contact avec d'autres musiciens. J'espère que cette année tout va rentrer dans l'ordre et que tout se passera comme on l'entend. Il faut une paix durable pour ce pays que j'aime beaucoup. Nous prions pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire.
Read comments. Write your own.
Copyright © 2008 Nord-Sud. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.
slt bocana maiga je suis un ;jeune ivoirien agé de 25 ans,j'adore la musique dépuis mon bas age.A l'age de 18ans j'ai pris une consciance que je doit m'integrer dans la musique raison ^pour laquelle j'ai composeé assez de textes et je suis actuellement pret de :pourvoir sortir je suis au 45494297 mon msn est mayon47@live.fr. je te remerci et passe une exellente soirée. QUE DIEU TE BENISE