Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Animaux protégés

Ben-Clet

3 Septembre 2008


Kinshasa — La législation en vigueur, que le tyran colonialiste a imposée aux Congolais depuis 1908, énumère, entre autres devoirs, la protection (!) de certains animaux et oiseaux de nos contrées.

Défense donc, pour les indigènes affamés, de chasser ou de manger de l'éléphant, du rhinocéros, de l'hippopotame, de l'antilope, du gorille. Interdiction, aussi, de piéger notamment un pique-boeuf, un flamant rose. Le contrevenant s'expose à une forte amende et/ou à un séjour mémorable au gnouf.

L'indépendance n'a rien modifié à l'incongruité des interdits coloniaux. Les jeunes politiciens indigènes ayant toujours peur de casser une législation coloniale manifestement illégale. Qui sait ! Un toubab défié par un indigène peut attraper la rage canine. Eh, hop ! Danger.

Ces scrupules là sont, aujourd'hui, antédiluviens. Une loi qui sacrifie les besoins carnés vitaux de l'homme sur l'autel des caprices d'essence touristique ou contemplative, est immorale, scandaleuse, inhumaine.

Pire, empêcher l'être humain de se nourrir du gibier, si abondant dans la nature, c'est pécher éminemment contre la volonté divine. Le Créateur n'avait-il pas, dans son infinie générosité, mis le règne animal et végétal à la disposition d'Adam et Eve, pour exploitation ?

Il est douteux le fondement philosophique des lois qui, à la fois, protègent les animaux et menacent les humains. L'Histoire montre que l'Homo erectus, y compris 'nos ancêtres les Gaulois', est un savant mélange de carnivore et d'herbivore. L'empêcher de jouer sur les deux tableaux, du fait des lois, c'est en faire un faux végétarien. Complot !

Soyons pragmatiques. La chasse, avant la domestication, a été la voie empruntée par toutes les civilisations pour nourrir qualitativement l'espèce humaine. De nos jours, les pays du Nord investissent massivement dans l'agriculture et l'élevage. Au Sud, les priorités sont politiciennes. Comment, dès lors, sortir les populations malnutries de la cueillette, de la chasse et du braconnage ?

En attendant un hypothétique coup de pouce à l'élevage, le pragmatisme exige que les pays pauvres décrètent hors la loi protectionnisme animal. Cette déclaration est subversive. Et le discours, corrosif. Oui, des millions de malnutris de la terre ont besoin d'un avocat. Les gouvernements doivent dépénaliser le braconnage.

A bas les apôtres de la contemplation des éléphants, rhinos, bonobos et flamants roses dans les parcs. Peuple affamé n'obéit qu'à la loi de survie.

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