Sud Quotidien (Dakar)

Afrique de l'Ouest: Développement de l'alphabétisation en Afrique francophone-La société civile entre en action

Mamadou Mika Lom

4 Septembre 2008


Une année après la conférence régionale africaine sur l'alphabétisation, la société civile de l'espace francophones africain s'est retrouvée pendant trois jours ( du 27 au 30 août) à Bamako, dans la capitale malienne pour un diagnostic, la mutualisation, la capitalisation des bonnes expériences en matière politiques d'alphabétisation.

Une rencontre sous-régionale qui a regroupé une dizaine de pays ( Sénégal, Mali, Togo, Côte-d'Ivoire, Niger, Burkina, Bénin, Mauritanie, Guinée Conakry et Guinée Bissau) ; qui partagent en commun le même espace linguistique et les mêmes réalités et contraintes liées au développement dudit sous secteur. Une rencontre qui a abouti à la mise en place de la « Coalition des Acteurs de la société civile active en Alphabétisation et en Education non formelle (CASC/AENF/AOF) ".

La nouvelle Coalition sous-régionale des organisations de la société civile dans l'espace francophone vise à accompagner les Etats vers l'atteinte des objectifs de l'Education pour Tous (EPT), de la Décennie des Nations-Unies pour l'Alphabétisation (DNUA), du Cadre Stratégique LIFE et des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

L'ensemble des axes de réflexions développés par les participants au cours de la rencontre ont permis de constater que malgré les engagements de la communauté internationale, pris au Forum de Dakar en avril 2000, dont notamment celui de faire de l'alphabétisation une des priorités de l'Education pour Tous (EPT), huit ans après la situation reste toujours très peu reluisante.

Et la raison semble évidente puisqu 'il a été constaté dans l'espace francophone une « absence réelle de mise en à "uvre effective et adéquate des politiques nationales d'alphabétisation et d'éducation non Formelle ; un non fonctionnement des cadres d'harmonisation des interventions ; une insuffisance des ressources allouées au secteur de l'AENF ; une absence de dispositif de certification et de validation des acquis du non formel ; l'absence d'une documentation toujours en adéquation en quantité, et en qualité (adaptation, réactualisation, innovation, multiplication) ; un environnement lettré peu développé ; des curricula figés et en déphasage avec les mutations socio-économiques ».

Une situation jugée inacceptable par la société civile francophone africaine qui avait, pourtant, pris une part active au forum de Dakar en 2000 et qui n'a cessé de déplorer le sort du continent en matière d'alphabétisation, où plus de 40% de la population de plus de 15ans est toujours victime de l'analphabétisme. Du point de vue de Madame Oulèye Demba Dème, chargée de Programme à l'Ong "Save the Children", cette situation est même « inacceptable au regard du droit humain ».

Mais en analysant de près l'environnement dans lequel baigne le sous- secteur l'on aboutit facilement à une conclusion qui découle de l'édidence à cause de plusieurs facteurs dont entre autres : « Une concertation déficiente entre les différents intervenants, des résultats non viables et une faiblesse notoire du dispositif de planification /suivi/ évaluation ; une absence d'une politique de formation ; une instabilité institutionnelle ; un manque de leadership et une absence d'un dispositif de capitalisation et de diffusion des bonnes pratiques »

Et pour Silèye Gorbal Sy, Président de la Coordination des opérateurs en Alphabétisation (Conoas), la structure co-initiatrice de la rencontre avec l'organisation internationale de la francophonie (OTF), ce tableau sombre constitue une alerte grave et suffisante qui appelle à de nouvelles formes d'actions en faveur des solutions urgentes aux problèmes d'analphabétisme en Afrique et dans l'espace francophone.

Liens Pertinents

Déjà la conférence sous-régionale de Bamako en septembre 2007 avait lancé un appel aux gouvernements du continent pour faire de l'alphabétisation une priorité et un droit inaliénable avec le slogan choc « Eduquer ou périr ». Un engagement dont s'est fait sien la société civile de l'espace francophone africain qui, en plus, a jugé utile et uregnt de mettre en place de nouveaux mécanismes propres à accélérer le développement de l'alphabétisation en Afrique. Il s'agit pour elle de créer une structure mutualisation des bonnes pratiques en vue de renforcer les échanges entre les différents acteurs du sous secteur.

Mais comme l'a soutenu Djibril Sané, le consultant de la rencontre, cette structure doit être dotée d'un cahier de charge avec une bonne vision et des missions claires articulées à des statuts et des textes réglementaires très précis. Une iniative de la société civile de l'espace francophone fortement saluée par Madame Sibibé, Aminata Diallo, ministre l' éducation de base et des langues nationales de la Répubilque du Mali, dans son mot à l'ouverture de la rencontre.

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