Séraphine Some
5 Septembre 2008
Les cours ont enfin repris à l'Université de Ouagadougou ; un soulagement pour tous les acteurs de l'Enseignement supérieur. L'Etat va pouvoir sauver de justesse, après deux mois d'arrêt des activités académiques, l'année universitaire, renforcer par conséquent la crédibilité de l'Enseignement supérieur au Burkina Faso et justifier de manière honorable l'utilisation des fonds offerts par ses partenaires financiers pour la formation des étudiants.
Ceux-ci pourront terminer cette année universitaire qui a été très trouble à cause des différentes grèves. Les parents d'étudiants se réjouissent certainement du fait de ne pas avoir déboursé pour rien de l'argent pour la formation de leurs enfants, mais également de pouvoir les voir progresser dans leurs études. Ainsi, tout le monde gagne dans cette reprise. Et nous osons espérer qu'elle a sonné la fin de la crise, au regard des acquis engrangés par les parties prenantes, ou du moins des évolutions qui ont été enregistrées, mais que d'aucuns estiment insuffisantes.
Des mesures exceptionnelles autorisant la dérogation à 1 507 étudiants ont été prises par le gouvernement, qui projette également de construire de nouvelles infrastructures, en l'occurrence des amphithéâtres et des laboratoires. L'Etat a décidé de satisfaire à une des préoccupations des professeurs et enseignants, en initiant la transformation de la cité universitaire de Zogona en bureaux et laboratoires de recherche. Des logements seront trouvés pour les étudiants, ont dit les responsables de l'Université lors de leur dernière conférence de presse et l'espace universitaire sera destiné uniquement aux activités académiques et aux structures qui l'accompagnent.
En principe, les prestations sociales débutent aujourd'hui. L'un des points importants qu'il faut saluer, c'est la construction d'infrastructures (bien que les autres ne soient pas négligeables) car le problème actuel de l'Université est le nombre des étudiants. Leur effectif s'est accru au fil des années sans que les infrastructures destinées à leur formation ne suivent la progression, d'où les problèmes actuels : étroitesse et insuffisance des salles de cours, manque de réactifs, difficultés des expériences, des stages, etc. La formation est devenue difficile. En réalité, le pays a besoin d'autres universités (publiques ou privées) qui puissent juguler le problème des effectifs à l'image de celles de Bobo-Dioulasso, Koudougou ou Ouaga II.
A propos de construction d'infrastructures, il convient de relever que la clôture douloureusement acceptée par les étudiants rentre dans ce cadre. Peut-être n'est-elle pas construite au moment opportun ? Mais il reste que tôt ou tard une clôture allait être érigée parce que, primo, l'Université est un domaine privé réservé à l'Etat pour l'Enseignement supérieur, secondo, elle est nécessaire au nom des franchises universitaires qui veulent que l'enceinte universitaire ne soit pas violée par la présence d'acteurs non universitaires. Donc en elle-même, la clôture n'est pas mauvaise. Il en est de même pour la police qui, quoiqu'on dise, a son importance pour la sécurité des biens et des personnes. Et au regard de l'histoire, il ressort qu'on n'a pas besoin d'une sécurité sur le campus pour réprimer les étudiants.
La crise a provoqué une certaine dynamique au sein des mouvements estudiantins qui connaissent désormais leur force de mobilisation et d'action. Un atout qu'ils devront mettre au service de la réussite de la formation des étudiants et à travers une grande collaboration avec les responsables de l'Université. Le ministre en charge de l'Enseignement supérieur, Joseph Paré, reconduit dans le nouveau gouvernement du Premier ministre Tertius Zongo, devra compter avec eux et terminer ce qu'il a entamé dans le cadre de l'année universitaire.
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