Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Exigence du contrôle anti-dopant

Kinshasa — Le match de ce dimanche entre les Léopards et les Pharaons d'Egypte est crucial pour prétendre à la qualification au deuxième tour des éliminatoires couplées Can-Mondial 2010.

Les Léopards devront être suffisamment prêts pour aborder cette rencontre face à l'équipe la plus titrée du continent. « Le match de football aujourd'hui se gagne et se perd sur le terrain et en dehors du terrain », déclare pour sa part l'entraîneur Otis N'Goma. Ce technicien et chercheur sportif congolais résidant en France pense que l'arme de dissuasion massive du haut niveau, c'est quelques déclarations de déstabilisation dans les médias pour faire monter la température, intimider l'adversaire, sans toutefois déraper ou tomber dans les excès et la violence. La culture subsaharienne donne toujours l'impression d'une sous culture face à l'Afrique du nord, incapable de revendiquer ses droits, par peur de déclencher des conflits, avec la nouvelle génération. Ce temps est révolu, croit dur comme fer Otis N'Goma. Ce sont les optimistes congolais qui réécriront l'histoire du renouveau, clame-t-il.

Il revient sur l'aspect médical de la préparation d'une compétition de haut niveau, incluant la question la répétition des efforts physiques des joueurs égyptiens. « Je n'accuse en aucun cas les Egyptiens de dopage. L'expression n'est pas argumentée par des preuves objectives, mais au vu du décalage existant dans cette formation entre différentes phases de compétitions, c'est notre rôle dans le cadre scientifique d'analyser les performances, de comprendre le comment du pourquoi d'un champion. C'est normal qu'il puisse avoir suspicion dans un football qui est de plus en plus un sport très athlétique, dont certains joueurs passent plus d'heures chez des toubibs, surtout quand les instances du football n'autorisent aucune transparence de la performance. Nous vivons dans un mode de faux-fuyants, personne n'à l'audace de dénoncer ouvertement ce malaise », affirme Otis N'Goma.

Et de continuer : « Au haut niveau aujourd'hui, la médicalisation des équipes (nationales ou clubs) est très importante. Ce qui permet, d'une manière ou d'une autre, d'améliorer de manière parfois significative le potentiel d'un individu, à des niveaux différents. Cela augmente, bien sûr, plus un potentiel physique du sportif. Là on sort carrément du domaine du sport spectacle pour devenir une fiction sportive aux enjeux multiples porteurs d'autres intérêts, de la même manière aussi on sort du cadre sécurisant pour l'intégrité mentale des joueurs, ainsi que d'assurer une confrontation équitable en compétition ».

Le technicien et chercheur congolais revient ainsi sur les propos du manager français d'Arsenal de Londres Arsène Wenger. Dans le quotidien The Independant, le Français, qui prenait part à un débat à Bruxelles sur l'apport du football à l'intégration a signifié que certains de ses joueurs étrangers auraient pratiqué des médicaments intraveineux pour l'amélioration du transfert d'oxygène. Il s'agit ici de l'augmentation des fibres de type 1 (fibres peu fatigables) qui sont sollicitées en endurance de longue durée sans baisse de régime ou d'efficacité. Et en même temps, on note un retour rapide au rythme cardiaque de repos après un exercice de haute intensité.

Otis N'Goma clarifie qu'il faut que les fédérations sportives puissent exiger le contrôle anti-dopant des joueurs lors de cette rencontre entre les Léopards et les Pharaons d'Egypte. Entraîneur de Cambrai en France et chercheur en sport, Otis N'Goma prendra part, dans les prochains jours en Egypte, au 4ème colloque international des chercheurs francophones du football sur « la quantification de la charge d'entraînement et le temps limite en plus prémonitoire ».

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